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28-01-2026

08:50

La Mauritanie réceptionne du matériel militaire américain

Africa Defense Forum - Cette assistance est fournie alors que les menaces de sécurité empiètent sur le pays.

Pour aider la Mauritanie à confronter l’intensification des menaces à la sécurité dans la région du Sahel et en Afrique de l’Ouest, le gouvernement des États-Unis a fait don en décembre 2025 d’une cargaison de matériel militaire opérationnel qui améliorera la performance sur le terrain lors des prochains exercices militaires, notamment Flintlock 2026 qui aura lieu en Libye et en Côte d’Ivoire.

L’analyste politique mauritanien Dadai Bebout note que le soutien des États-Unis a aidé la Mauritanie à ne pas subir d’attaque terroriste depuis 2011, bien que des menaces de sécurité transfrontalières existent. Parmi celles-ci, on note le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), un groupe terroriste. En août dernier, le GSIM a capturé la localité malienne de Farabougou, près de la forêt de Wagadu. Cette forêt située sur la frontière mauritanienne est bien connue comme base du GSIM.

« Ce soutien reflète le souhait évident des États-Unis pour approfondir son partenariat avec un pays qui s’est révélé être un partenaire fiable dans une région caractérisée par une intensification des troubles et des défis sécuritaires », déclare M. Bebout, selon le site web de presse marocain Hespress, à propos de la donation du matériel.

Lors d’une cérémonie de transfert, la chargée d’affaires Corinna Sanders de l’ambassade des États-Unis a réaffirmé l’engagement du gouvernement des États-Unis au soutien de la paix, la sécurité et la stabilité dans la région.

« La coopération bilatérale dépasse la fourniture de matériel, de formation et de soutien technique ; elle inclut l’amélioration de l’interopérabilité entre les forces armées, le développement d’un partenariat à long terme capable de confronter les menaces traditionnelles et non traditionnelles, et l’établissement d’un environnement sécuritaire stable qui profite aux deux pays », a-t-elle dit dans le reportage de Hespress.

M. Bebout déclare que le gouvernement américain a aussi offert son soutien à l’Armée de l’air de Mauritanie, en particulier concernant la maintenance des aéronefs de surveillance et reconnaissance, « ce qui assure l’efficacité des missions malgré la taille limitée de l’armée de l’air ».

Un mois avant la donation du matériel, l’état-major unifié des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) avait conduit un événement d’entraînement sol-air avec l’Armée de l’air mauritanienne à Atar. L’entraînement avait inclus plusieurs missions de bombardement simulées.

Le major-général Justin Hoffman, directeur des opérations d’AFRICOM, a déclaré dans une annonce de presse : « Une telle formation ne concerne pas seulement le développement de la capacité. Elle concerne l’assurance d’interopérabilité avec nos partenaires dans un environnement sécuritaire complexe et la projection de force nécessaire pour dissuader les menaces et défendre nos intérêts mutuels. »

Les experts en matière de sécurité ont loué la stratégie sécuritaire de la Mauritanie. Entre 2005 et 2011, le pays avait été pris pour cible par des groupes extrémistes liés à Al-Qaïda, qui attaquaient le personnel militaire et les ambassades étrangères, et tuaient et enlevaient les Occidentaux. En réponse, la Mauritanie a créé des groupes d’intervention spéciaux, unités militaires hautement mobiles et capables d’agir dans le désert avec un soutien aérien léger et des points de contrôle établis, disséminés dans le pays.

« La question principale pour eux était la suivante : comment se déplacer dans l’environnement du désert ? », déclare Mohamed Fall Ould Bah, du Centre d’études et de recherches sur l’Ouest saharien, au journal The Arab Weekly.

Les soldats mauritaniens montés à dos de chameau recueillent des renseignements dans la région du désert de l’Est et maintiennent la présence de l’État parmi les populations nomades.

« La Mauritanie a maintenu un réseau de renseignement de source humaine efficace, en particulier dans la région de la frontière de l’Est appelée Hodh El Chargui », a dit le Département d’État des États-Unis dans son rapport de 2023 sur le terrorisme.

La Mauritanie a aussi lancé un dialogue théologique conduit par le gouvernement pour empêcher la radicalisation des civils.

Amadou Sall, chercheur du groupe de réflexion Mauritanie Perspectives, a déclaré à The Arab Weekly : « Dans une bataille idéologique, vous devez produire un contre-récit. Une conversation autre que l’interprétation djihadiste doit exister. La Mauritanie a mobilisé le clergé national pour fournir des réponses doctrinaires à tous les arguments sur lesquels les djihadistes s’appuient. »





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