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30-01-2026

16:06

OMVS : résilience, investissements structurants et cap clair pour 2026 [Photo/Reportage]

LE QUOTIDIEN DE NOUAKCHOTT - Le Haut-Commissaire trace une feuille de route ambitieuse lors de la 78ᵉ session du Conseil des ministres.

Réunis à Nouakchott pour la 78ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), les États membres ont entendu un discours de fond du Haut-Commissaire, marqué par la lucidité, la cohérence stratégique et une vision résolument tournée vers l’avenir.

D’emblée, le Haut-Commissaire a salué l’engagement constant des Chefs d’État et de Gouvernement de l’OMVS, soulignant que cette volonté politique partagée demeure le socle de la résilience institutionnelle de l’Organisation, dans un contexte mondial caractérisé par les crises géopolitiques, économiques et climatiques.

Une organisation restée debout malgré les turbulences

Au cœur de son intervention, le Haut-Commissaire a insisté sur la capacité de l’OMVS à continuer d’assurer ses missions essentielles : production énergétique, régulation du fleuve, sécurisation de l’eau et soutien à l’agriculture. Une performance qu’il a qualifiée de preuve tangible de la maturité institutionnelle de l’Organisation, au service direct des populations du bassin.

Des acquis financiers et techniques majeurs consolidés en 2025

Sans dresser un inventaire exhaustif, le Haut-Commissaire a rappelé plusieurs avancées structurantes. La crédibilité financière de l’OMVS s’est nettement renforcée, avec des engagements majeurs de partenaires internationaux : 100 millions de dollars de la BADEA pour le barrage de Gourbassi, 60 millions de dollars du Fonds saoudien de développement, et 95 millions d’euros approuvés par la BIDC pour les microcentrales hydroélectriques en Guinée, premières infrastructures énergétiques de l’OMVS dans ce pays.

À cela s’ajoutent la signature du projet PROGIRESS avec l’Union européenne pour une gestion intégrée des ressources en eau, ainsi que la consolidation du projet PAFISEM, prolongé jusqu’en 2026 après des résultats jugés probants en matière de structuration de la filière semencière et de formation des producteurs.

Énergie, eau potable et navigation : des résultats concrets

Sur le plan énergétique, la production hydroélectrique cumulée des centrales de Manantali, Félou et Gouina a dépassé les objectifs fixés, atteignant plus de 2 185 GWh en 2025. Parallèlement, les prélèvements d’eau potable à partir du fleuve ont franchi le seuil de 142 millions de mètres cubes, traduisant l’impact direct des actions de l’OMVS sur la vie quotidienne des populations.

Autre avancée symbolique et stratégique : la navigation sur le fleuve Sénégal, longtemps considérée comme le pilier manquant de l’intégration régionale, est entrée dans une phase concrète. La pose de la première pierre des travaux est annoncée pour cette année, marquant un tournant historique pour l’Organisation.

Jeunesse, innovation et anticipation au cœur de la stratégie

Le discours a également mis en lumière une OMVS tournée vers l’innovation et les nouvelles générations. Du Forum OMVS au Prix de la résilience, en passant par le développement du jumeau numérique du bassin, l’Organisation s’inscrit désormais dans une logique d’anticipation, appuyée sur les données scientifiques, le numérique et l’intelligence collective.

Le lancement d’un système d’alerte précoce, d’une application citoyenne de surveillance du fleuve et d’outils dédiés à la recherche et à l’entrepreneuriat confirme cette volonté de modernisation profonde de la gouvernance du bassin.

Franchise et appel à la décision collective

Dans un registre de responsabilité, le Haut-Commissaire n’a pas éludé les défis à relever : sécurisation des financements pour la navigation, maintenance des infrastructures énergétiques afin d’éviter tout risque de blackout régional, et amélioration urgente de la qualité des eaux face aux pollutions transfrontalières.

Il a rappelé que les données scientifiques sont désormais disponibles et partagées, appelant les États membres à transformer cette connaissance en décisions concrètes, notamment autour du barrage à buts multiples de Gourbassi, présenté comme une infrastructure clé pour l’avenir du bassin.

2026, une année charnière pour le bassin du fleuve Sénégal

En conclusion, le Haut-Commissaire a exprimé sa confiance dans la capacité des États membres à faire de 2026 une année de concrétisation : lancement effectif de la navigation, sécurisation énergétique, amélioration de l’accès à l’eau potable et protection renforcée des ressources hydriques. Une vision qui confirme le rôle central de l’OMVS comme vecteur de développement, d’intégration et de stabilité régionale.

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