Cridem

Lancer l'impression
31-01-2026

23:31

[Photos] Paris. Consternation au foyer des Mûriers après la mort d’El Hacen Diarra : "Je suis encore sous le choc"

AFRICARADIO - El Hacen Diarra, 35 ans, d’origine mauritanienne, est décédé dans la nuit du 15 au 16 janvier au commissariat du 20ᵉ arrondissement de Paris, après son interpellation devant le foyer des Mûriers où il vivait.

La famille et les résidents dénoncent des violences policières et réclament que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort. Selon la version de la famille, relayée par une vidéo captée par un voisin, deux policiers ont frappé El Hacen Diarra, l’un d’eux à genoux, donnant des coups de poing alors que l’homme était plaqué au sol.

On entend El Hacen crier : « Vous m’étranglez ! » Transporté au poste de police, il y est décédé dans la nuit. Une enquête a été ouverte et des examens complémentaires à l’autopsie ont été ordonnés pour déterminer les causes exactes de sa mort.



Bangassi Diarra, oncle d'El Hacen Diarra

Crédit : Nadir Djennad


Témoignages au cœur du foyer 

À l’intérieur du foyer de travailleurs migrants des Mûriers, situé dans le 20e arrondissement de Paris, la consternation est palpable. Bangassi Darria est l’oncle de El Hacen Diarra. Il habite à Grigny en région parisienne, et vient rendre visite aux membres de la famille qui vivent aux Mûriers. « Je suis encore sous le choc de la mort de mon neveu. Le tabasser de la sorte, ce n’est pas normal. Je suis en colère. J’espère que la justice sera rendue », avance-t-il. 



A gauche, Salim Keïta, à côté de Moussa Diarra, tous deux, cousins de la victime

Crédit : Nadir Djennad

Moussa Diarra est le cousin d’El Hacen, il vivait dans le foyer depuis 2018, et partageait la même chambre. “Il est descendu vers 21 heures le 14 janvier pour boire son café devant le foyer. Les policiers lui sont tombés dessus et il est mort” affirme t-il “El Hacen ne derangeait personne. Dés fois, même avec nous, il ne parlait pas. Vous pouvez demander à n’importe quelle personne dans le foyer, El Hacen était un garçon très gentil, il ne derangeait personne, il était dans son coin, il prend son café et fume sa cigarette”, ajoute t-il. Salim Keïta est aussi le cousin d’El Hacen, et partageait également la même chambre : “Je dormais quand c’est arrivé. Le lendemain, on est allé au commissariat et on nous a dit qu’il était mort. Il faut que toute la lumière soit faite sur ce qui s’est passé”, insiste-t-il.



Abderahmane Sylla, le délégué du foyer, est très sollicité depuis la mort d'El Hacen Diarra, par des élus, associations

Crédit : Nadir Djennad

Abderahmane Sylla est le délégué du foyer des Mûriers, et voisin d’El Hacen. Depuis le drame, les résidents de ce foyer pour travailleurs migrants, ont peur : « On n’a jamais eu de problème avec la police. Maintenant, tout le monde a peur dans le foyer. Aujourd’hui, on a peur d’aller au bureau de tabac et acheter des cigarettes », affirme t-il.



Salim Keïta et Moussa Diarra

Crédit : Nadir Djennad

Une famille qui réclame justice

Les proches d’El Hacen Diarra demandent l’arrestation des policiers impliqués. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a rappelé : « Rien ne dit, à ce stade, quelles sont les causes de la mort. »



Bangassi Diarra, l'oncle de El Hacen Diarra

Crédit : Nadir Djennad

Article rédigé par Nadir Djennad



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org