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09-02-2026

21:46

« Accusé n°4 » : Ould Oudaa brise le silence sur la plus longue affaire judiciaire du pays

SHEMS MAARIF - L’ancien ministre Mohamed Ould Abdallah Ould Oudaa publie un ouvrage dans lequel il revient sur son expérience dans le dossier dit de la « décennie », qu’il a intitulé Accusé n°4.

Dans une publication sur son compte Facebook, Ould Oudaa explique avoir voulu livrer au public un témoignage rigoureux et fidèle retraçant l’ensemble des étapes de ce dossier judiciaire, avec un éclairage particulier sur les faits le concernant personnellement.

L’ouvrage revient en détail sur toutes les phases de la procédure, depuis les travaux de la commission parlementaire d’enquête et les passages dans les services de police, jusqu’aux procès en première et en seconde instance. L’auteur précise avoir assisté aux 115 audiences du procès, étalées sur une période de trente mois.

Selon Ould Oudaa, cette expérience a été l’occasion de tirer des enseignements positifs, sans s’enfermer dans le passé ni en devenir prisonnier, affirmant sa conviction que Dieu ne veut pour le croyant que le bien.

Publié par le Centre culturel du livre à Casablanca, le livre compte 400 pages réparties entre une introduction, vingt chapitres, une conclusion et plusieurs annexes.

Dans sa présentation, l’auteur s’interroge sur les critères objectifs qui ont conduit à lui attribuer le statut d’« accusé n°4 » dans cette affaire, et ce en dépit, souligne-t-il, de l’absence de fondement solide des accusations. Il affirme n’avoir jamais obtenu de réponse claire à cette question tout au long de la procédure.

Ould Oudaa évoque également, avec une touche de distance, la symbolique du chiffre quatre : les quatre points cardinaux, les quatre saisons, les quatre années qu’a duré le dossier avant l’appel, le verdict rendu en première instance le 4 décembre — un mois correspondant au nombre total des accusés — ainsi que le fait que son équipe de défense était composée de quatre avocats.

L’ancien ministre estime que, malgré les souffrances endurées par lui-même et sa famille dans ce qu’il qualifie de parcours profondément injuste à son égard, l’incarcération lui a offert une expérience singulière : celle de découvrir la réalité des relations humaines lorsque l’on se retrouve dans une situation d’exception. Une épreuve qui a mis à l’épreuve l’ensemble de ses relations personnelles, anciennes comme récentes.

Ould Oudaa affirme être sorti de cette affaire sans ressentiment envers quiconque et sans désigner de responsable précis de son implication dans ce dossier, invoquant sa foi dans le destin et sa conviction profonde que toute épreuve infligée au croyant recèle une part de bien.

Dès l’introduction, il précise que l’ouvrage ne constitue pas des mémoires, estimant que le moment n’est pas encore venu pour cela. Il explique que l’idée du livre a émergé quelques jours après son acquittement par la juridiction spécialisée dans la lutte contre la corruption et sa sortie de prison.

S’il a envisagé dans un premier temps d’intégrer ce récit à ses mémoires, le besoin de disposer d’un espace suffisant pour relater en détail les faits et événements marquants de cette affaire l’a conduit à opter pour une publication à part entière.

À travers ce livre, Ould Oudaa dit vouloir éclairer l’opinion publique sur le déroulement réel d’un procès qui s’est étendu sur plus de trente mois, devenant ainsi le plus long de l’histoire du pays, au nom du droit des citoyens à connaître la vérité lorsque sont concernés d’anciens responsables publics.





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