Cridem

Lancer l'impression
11-02-2026

10:59

Conférence de Nouakchott : Appel à l’espoir et à la paix [Photo/Reportage]

Apanews -- Des centaines d’érudits, universitaires et décideurs venus des quatre coins du monde ont pris part mardi à la cérémonie d’ouverture de la sixième édition de la Conférence africaine pour la promotion de la paix, au Centre international des Conférences Moctar Ould Daddah de Nouakchott.

L’événement, qui se poursuit jusqu’au 12 février sous le thème « L’Afrique et la construction de l’espoir », a été marqué par la remise du Prix africain de la paix au président tchadien et des appels pressants à la restauration des valeurs de paix sur le continent.

Une affluence record a marqué la cérémonie d’ouverture de la sixième édition de la Conférence africaine pour la promotion de la paix, mardi 10 février au Centre international des conférences Moctar Ould Daddah de Nouakchott, réunissant des centaines de participants venus du monde entier.

La cérémonie, rehaussée par la présence de hauts responsables et de personnalités religieuses, a été marquée par des discours sur les enjeux de paix en Afrique et par la remise du Prix africain pour la promotion de la paix au président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno.

Dans son discours inaugural, le président de la conférence, Cheikh Abdallah ben Bayyah, a exprimé la gratitude des participants au président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et au gouvernement pour leur soutien constant aux efforts de paix en Afrique.

S’adressant aux participants, Cheikh ben Bayyah a transmis les salutations du président des Émirats Arabes Unis, Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, qui partage « l’engagement en faveur de la paix et les efforts pour la consolider en Afrique et dans le monde ».

L’érudit a souligné que le continent africain, considéré comme « l’avenir du monde en raison de la richesse de ses ressources humaines et naturelles », fait face à des tensions internes, rivalités internationales et défis sécuritaires qui mettent à l’épreuve la cohésion des nations.

« L’espérance dont il est question ici n’est pas une simple consolation des âmes, mais une énergie éthique fondatrice, qui prémunit contre le nihilisme et oriente la volonté humaine vers la justice », a déclaré le président du Forum d’Abou Dhabi pour la Paix, ajoutant que « l’alternative est le désespoir — un mal profond qui affaiblit les âmes, obscurcit les consciences et crée un terrain propice à l’extrémisme, à la violence et à la corruption ».

Cheikh ben Bayyah a appelé les savants, hommes de sagesse et dirigeants à assumer « la responsabilité du conseil sincère envers les serviteurs de Dieu, afin que les épées de la discorde soient rengainées », rappelant que « la paix est la clé de l’espérance ».

De son côté, le Premier ministre mauritanien, Moctar Ould Djay, a salué le rôle majeur joué par Cheikh Abdallah ben Bayyah dans « la mise en avant de l’inspiration des finalités universelles de la charia, afin de promouvoir les valeurs de tolérance, de fraternité et de compassion ».

M. Ould Djay a souligné que le président mauritanien a fait de l’approche fondée sur la pensée et les valeurs « un pilier fondamental de la stratégie sécuritaire intégrée » du pays, qui repose sur le lien entre développement et sécurité, la justice sociale et la diffusion des valeurs de juste milieu et de modération.

Le ministre marocain des Biens religieux et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a appelé à « la restauration des valeurs de paix » et à en faire « un modèle vivant pour appeler à l’islam et à la paix », considérant que « la réforme de l’être humain est la clé de cette entreprise ».

Dans son intervention, M. Toufiq a exhorté les musulmans à « prendre conscience qu’il est de leur devoir, pour leur propre bien et pour le bien du monde, de rétablir l’éthique de la paix dans leur vie », ajoutant que cela exige « la libération de l’égoïsme par le monothéisme », car l’égoïsme constitue « l’épicentre des guerres ».

Le ministre marocain a également appelé les érudits et les imams à réfuter les accusations de terrorisme, citant l’exemple d’un séminaire organisé par des érudits marocains en 2007 au cours duquel « ils ont expliqué, discuté, réfuté et démontré que 11 affirmations concernant le terrorisme mènent au terrorisme et ne sont pas fondées sur la charia et la sunna correctes ».

Le secrétaire général adjoint de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Youssef Al-Dobeay, a souligné que les défis auxquels est confronté le continent africain « affaiblissent les voies du développement et entraînent la perte d’espoir chez les jeunes », appelant à « restaurer le rôle du discours religieux éclairé pour protéger les esprits ».

M. Al-Dobeay a affirmé la volonté de l’OCI « de coopérer pleinement avec tous les partenaires régionaux et internationaux pour autonomiser les jeunes et consolider la paix dans les régions du Sahel et du lac Tchad ».

Dans son discours, Cheikh ben Bayyah a rappelé le dixième anniversaire de la Déclaration de Marrakech sur les droits des minorités religieuses dans le monde musulman, fruit d’une coopération entre le Forum d’Abou Dhabi pour la Paix et le ministère des Habous du Royaume du Maroc.

« Cette déclaration est devenue depuis une référence majeure, en Orient comme en Occident, pour la protection de la dignité humaine et la promotion de la coexistence pacifique », a-t-il souligné.

Un moment important de la cérémonie d’ouverture a été la remise, par le Premier ministre Moctar Ould Djay, du Prix africain pour la promotion de la paix au représentant du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, le ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale chargé de la Décentralisation, Dr Ahmat Oumar Ahmat.

Cheikh ben Bayyah a salué « la noble réponse humanitaire manifestée par le peuple tchadien — dirigeants et citoyens — envers leurs frères et sœurs contraints par la guerre et les conflits à l’exil », saluant « les contributions concrètes de la République du Tchad au renforcement de la paix régionale ».

Le représentant du président tchadien a exprimé la fierté et « la grande appréciation » de son pays pour cette distinction, « considérant cette récompense comme un honneur pour le Tchad et un message d’espoir pour toute l’humanité ».

Selon les organisateurs, la conférence de deux jours vise à « servir de plateforme d’élaboration de politiques et à proposer des initiatives concrètes qui convainquent les peuples africains que leur avenir se construit grâce à la science et au travail dans un climat de stabilité, loin des tragédies des migrants et des mystères de l’extrémisme ».

La Conférence africaine pour la promotion de la paix est un événement annuel qui rassemble des centaines d’universitaires, d’éducateurs, de leaders d’opinion et de décideurs de tout le continent, et sert d’incubateur pour des initiatives et projets qui promeuvent l’harmonie et instaurent la paix dans les sociétés africaines.

Les sessions de travail, qui se poursuivront jusqu’au 12 février, seront animées par des experts et religieux internationaux qui débattront des enjeux de paix et de stabilité sur le continent africain.

-----------











AC/Sf/APA



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org