22:02
Situation au Moyen-Orient : l’Etat mobilise des milliards pour l’approvisionnement du marché en hydrocarbures et gaz
AMI - Des membres du gouvernement ont commenté, mercredi soir, les résultats du conseil des ministres, qui s’est déroulé plus tôt dans la matinée.
Il s’agit des ministres de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Houssein Ould Meddou, Chargé du Secrétariat général du gouvernement, M. Moctar Al Housseinou Lam, de l’Énergie et du Pétrole, M. Mohamed Ould Mohamed Malainine Ould Khaled.
Dans son mot introductif, le porte-parole du gouvernement a indiqué que le conseil a examiné et adopté, plusieurs projets de lois, de décrets et des communications, dont ceux relatifs au Code des Douanes, l’organisation de l’école nationale du tourisme, l’approvisionnement du marché et l’évolution du portefeuille des grands marchés.
Il a ensuite invité ses homologues ministres, chacun en ce qui le concerne, à apporter davantage de précisions.
A sa suite, le ministre Chargé du Secrétariat général du gouvernement a fait le point sur l’évolution du portefeuille des grands marchés, entre le 1er janvier au 28 février 2026. Le ministre a rappelé que cet exercice fait suite aux orientations du Président de la République ayant la mise en place d’un mécanisme qui permet de mieux suivre l’exécution desdits projets.
Selon le ministre, le niveau d’avancement des 114 marchés est de 48% à la fin du mois de février, notant que le taux de décaissement moyen est de 34%. A cela s’ajoute absorption moyenne des délais de 106%.
Revenant plus en détails sur ce processus, le ministre a souligné que le rythme d’avancement mensuel connait une progression moyenne de 6,54 points au cours des deux derniers mois, soit 3,27 par mois.
Pour ce qui est du programme prioritaire de développement de la ville de Nouakchott, il enregistre un taux d’avancement de 87% a déclaré le ministre, au 28 février 2026. Et cela, pour un délai écoulé de 81%. Les mois de janvier et février affichent une évolution de 10 points cumulés.
Toujours au cours de son mot, le ministre Chargé du Secrétariat Général du gouvernement a indiqué que le programme d’urgence pour la généralisation de l’accès aux services connait une cadence mensuelle de 6 points. L’état d’avancement au 28 février 2026 est de 28% contre 16% au 31 décembre, soit une hausse de 11 points. Quant au délai d’exécution, le ministre a affirmé qu’il est de 25%.
En outre, le ministre répondant à une question, a souligné que la durée des chantiers lancés en janvier 2025 dans le cadre du programme prioritaire de développement de la ville de Nouakchott varie entre 12 et 16 mois. Il a assuré que les volets relatifs à l’éducation, notamment la construction sont arrivés à termes depuis le mois de septembre. Les autres projets sont tous presque complets. Il ne reste, selon lui, que les dernières phases des actions liées à l’assainissement et l’énergie, entre autres.
Il a dans la foulée annoncée que la 2e phase du projet est en cours préparation. Cette phase devrait s’achever en avril, tandis que le démarrage est attendu en mai-juin de cette année.
Avant de passer la parole au ministre de l’Énergie, le porte-parole du gouvernement a signalé que le comité ministériel mis en place suite à la crise dans le Moyen-Orient, s’est réuni pour la seconde fois, ce mercredi 11 mars 2026. Il a rappelé que ce mécanisme a été mis en place sur instruction du Président de la République, visant à s’assurer que les stocks en denrées de première nécessité et énergie sont suffisants.
Au sortir de cette rencontre, l’heure est à l’optimisme. D’après le ministre, les stocks actuels permettront au pays de fonctionner correctement pendant plusieurs mois. Il a par ailleurs annoncé que des mesures ont été prises, pour empêcher toute velléité de contrebande ou encore la spéculation.
Afin d’apporter des éléments complémentaires, le ministre de l’Énergie a indiqué le baril de pétrole a atteint les 92$, impacté par la crise évoquée plus haut. Toutefois, le ministre a confirmé que le stock en hydrocarbures et gaz est non seulement suffisant, mais qu’il sera renforcé avec l’arrivée prochaine de 5 bateaux. Ceci précise-t-il, fait suite aux orientations du Président de la République, pour pousser les capacités de stockage du pays au maximum.
En outre, le ministre de l’Énergie a déclaré que l’État fera le nécessaire pour la fluctuation des prix sur le marché international n’handicape pas le citoyen. Ainsi, il est préparé pour des prix de baril entre 85-90$, nécessitant la mobilisation de 25 milliards d’ouguiyas. Pour le gaz, déjà 4 milliards d’ouguiyas ont été injectés entre janvier et février. D’après lui, l’État paye 4 mille sur chaque bouteille de gaz.
Le ministre a déclaré que la Mauritanie a envisagé tous les scénarios, dont celui qui verrait le prix du baril atteindre les 140$. Et même dans ce cas, il assuré que l’Etat a les moyens nécessaires pour y faire face, moyennant une enveloppe de 150 milliards.
Pour illustrer son propos, le ministre a indiqué que pour chaque litre de gasoil, une subvention de 100 ouguiyas est appliquée. Il a rappelé que la loi ne permet pas une hausse de plus de 5%, rappelant que l’essence a quant à lui baissé dernièrement.
A son tour, le porte-parole du gouvernement a répondu à une question relative à la protection de la production locale. Selon lui, les restrictions mises en place, visent à garantir les besoins locaux, avant toute exportation. Il a aussi indiqué que le comité se réunit chaque semaine, afin d’évaluer la situation et décider de maintenir la restriction, autoriser un allègement ou choisir de la lever.
En ce qui concerne le cheptel, il a estimé que la Mauritanie a plus de 6 millions de têtes. Le pays approvisionne plusieurs voisins, dont le Sénégal, le Mali ou encore l’Algérie, entre autres. Cette activité se déroule aussi bien dans le cadre d’accords entre États, que de façon libérale. ll soulignera que rien n’est négligé pour que cette ressource pastorale soit gérée au mieux.
Revenant sur la question des taxes appliquées aux transactions monétaires électroniques, le porte-parole du gouvernement a réaffirmé le fait que la loi a fixé le montant imposable à 50 mille ouguiyas. Il a au passage relevé que la pression fiscale en Mauritanie est légère comparée aux pays voisins.
En ce qui concerne la taxe douanière sur les smartphones, il a indiqué qu’elle est passée de 32,5 à 30%. Il s’agit donc d’une baisse. Ensuite, il a expliqué qu’avant, les commerçants s’acquittaient de cette taxe de façon désordonnée.
Désormais, un outil a été mis en place en collaboration avec l’autorité de régulation et les sociétés de téléphonie, pour organiser et faciliter le paiement de ladite taxe. Il a par ailleurs souligné que selon la valeur du téléphone, le montant prélevé peut être dérisoire.