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13-03-2026

05:38

Niger: le Parlement européen exige la libération immédiate du président déchu Mohamed Bazoum

TV5 MONDE AFRIQUE - Le Parlement européen a adopté jeudi 12 mars une résolution réclamant la libération "immédiate et inconditionnelle" de Mohamed Bazoum, président élu du Niger renversé par un coup d'État militaire en juillet 2023. Le texte a été approuvé à la quasi-unanimité, avec 524 voix pour, seulement deux contre et 29 abstentions.

Âgé de 66 ans, Mohamed Bazoum est retenu depuis près de trois ans avec son épouse dans une aile du palais présidentiel de Niamey. "Ce n'est pas normal qu'il soit encore empêché de téléphoner, qu'il soit coupé du monde", a dénoncé l'eurodéputé français Christophe Gomart (LR-PPE), à l'initiative de la résolution, interrogé par le Journal Afrique sur TV5MONDE.

Selon les parlementaires européens, l'ancien président ne bénéficierait que de soins médicaux limités et aucune information vérifiable sur son état n'a filtré depuis plus d'un an.

La situation juridique de l'ancien chef de l'État s'est en outre dégradée: son immunité présidentielle a été levée en 2024 par la justice nigérienne et les autorités de transition menacent de le poursuivre pour "haute trahison", une accusation susceptible d'entraîner la peine de mort.

Une échéance politique cruciale

L'urgence de la résolution tient aussi au calendrier. "Nous sommes à 950 jours de détention pour le président Bazoum et son épouse, et à quelques jours de la fin de son mandat officiel", a rappelé Christophe Gomart. Ce mandat arrive officiellement à échéance le 2 avril, une date que l'eurodéputé juge déterminante. "Au-delà de l'aspect symbolique, il me semble important que le président Bazoum puisse être libéré."

Les parlementaires européens ont également rappelé le rôle joué par Bazoum en tant que partenaire de l'Union européenne au Sahel, notamment dans la lutte contre le terrorisme et les trafics d'armes et d'êtres humains.

Malgré les appels répétés de la communauté internationale, le général Abdourahamane Tiani, qui dirige le Niger depuis le putsch, est resté sourd à toute demande de libération. Face aux relations tendues entre Niamey et Paris, Christophe Gomart insiste sur le poids collectif de la démarche.

"Ce n'est pas uniquement la France qui parle, c'est l'Union européenne, c'est 27 États membres." En mars 2025, la junte a prolongé d'au moins cinq ans sa période de transition, alors que le pays reste frappé par des attaques djihadistes meurtrières.

Par Margot Hutton avec agences





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