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25-03-2026

04:45

Giorgia Meloni en visite en Algérie, un partenaire stratégique des Européens pour leur approvisionnement en gaz

RFI AFRIQUE - Giorgia Meloni est attendue aujourd’hui à Alger, où elle doit rencontrer le président Abdelmadjid Tebboune. Au cœur des discussions : l’approvisionnement en gaz.

Dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, plusieurs infrastructures énergétiques ont été touchées ces dernières semaines, notamment au Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié. Face à ces perturbations, l’Algérie apparaît comme une alternative pour les Européens en quête de sécurité énergétique.

La visite de Giorgia Meloni en Algérie était prévue de longue date, avant même l’escalade des tensions au Moyen-Orient. Les deux pays entretiennent en effet des relations étroites. Rome pourrait chercher à augmenter ses importations de gaz.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Algérie est devenue le premier fournisseur de gaz de l’Italie, et couvre environ 31% de sa demande. Les deux pays sont reliés depuis plus de trente ans par un gazoduc, qui passe par la Tunisie jusqu’à la Sicile. Un autre relie également l’Algérie à l’Espagne.

Mais les exportations algériennes ont reculé de 6% l'an dernier, en raison d’une forte hausse de la demande intérieure. Pratiquement toute l’électricité y est produite à partir de gaz, et le pays connait une croissance démographique soutenue. Les autorités ont réduit temporairement il y a quelques semaines l’approvisionnement de certaines industries très consommatrices, comme le ciment ou la sidérurgie, pour dégager plus de volumes à l’export et profiter de la hausse des prix.

L'Algérie, un partenaire fiable aux capacités limitées

Car les hydrocarbures restent la principale source de revenus de l'Algérie, pour ses finances publiques. Le pays a d’ailleurs adopté fin 2025 un budget annuel record de 135 milliards d’euros. Mais malgré ce rôle stratégique, Alger ne peut pas répondre seule aux besoins européens.

« L’Algérie peut faire un effort pour soulager ses clients, mais dire qu’elle pourra répondre à tous les besoins urgents de l’Union européenne semble prématuré », rappelle le spécialiste Mohamed Saïd Beghoul.

Selon le chercheur italien Aldo Liga, « l’Algérie reste un partenaire très fiable, mais elle n’est pas en capacité d’augmenter fortement ses exportations ». Le secteur souffre en effet d'un sérieux manque d'investissement et d'infrastructures vieillissantes. Le pays ne pourra donc pas remplacer tout le gaz qatari.

Depuis 2022, les Européens ont diversifié leurs approvisionnements, en se tournant massivement vers le gaz naturel liquéfié, transporté par bateau. L’Europe a ainsi augmenté d’environ 30% ses capacités de regazéification, pour réduire sa dépendance aux gazoducs, notamment russes. Dans ce contexte, la France a elle aussi renforcé ses liens avec l’Algérie, via des contrats de GNL, mais sans en faire un fournisseur central.

Par RFI





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