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Depuis quand la parole gouvernementale peut-elle remplacer une clarification présidentielle sur un sujet aussi sensible ?
Depuis quand, dans un État où le pouvoir exécutif est concentré autour du chef de l’État, la parole d’un ministre peut-elle tenir lieu d’engagement présidentiel ?
Depuis quand une déclaration, aussi ferme soit-elle, d’un membre du gouvernement, peut-elle suffire à trancher une question aussi grave que celle d’un éventuel troisième mandat ?
Faut-il désormais comprendre que les décisions structurantes pour l’avenir institutionnel du pays se règlent au niveau ministériel, pendant que le président, lui, se contente d’observer ?
Ou bien faut-il y voir une mise en scène politique, où le ministre rassure pendant que le pouvoir réel entretient le flou ?
Car enfin, sur un sujet aussi sensible, ce n’est pas la crédibilité du ministre qui est en jeu, c’est celle du président.
Et la question devient alors plus dérangeante :
si le président ne parle pas, est-ce parce qu’il n’a rien à dire… ou parce qu’il ne veut pas dire ce qui dérange ?
Dans tous les cas, une évidence s’impose :
aucune parole déléguée ne peut remplacer une parole souveraine.
Et tant que cette parole n’est pas prononcée, les assurances gouvernementales resteront ce qu’elles sont : des mots… face à un silence lourd de conséquences.
SY ABDOULAYE
Secrétaire général de l’Institution de l’opposition démocratique mauritanienne