Cridem

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21-04-2026

13:10

Depuis quand la parole gouvernementale peut-elle remplacer une clarification présidentielle sur un sujet aussi sensible ?

Depuis quand, dans un État où le pouvoir exécutif est concentré autour du chef de l’État, la parole d’un ministre peut-elle tenir lieu d’engagement présidentiel ?

Depuis quand une déclaration, aussi ferme soit-elle, d’un membre du gouvernement, peut-elle suffire à trancher une question aussi grave que celle d’un éventuel troisième mandat ?

Faut-il désormais comprendre que les décisions structurantes pour l’avenir institutionnel du pays se règlent au niveau ministériel, pendant que le président, lui, se contente d’observer ?

Ou bien faut-il y voir une mise en scène politique, où le ministre rassure pendant que le pouvoir réel entretient le flou ?

Car enfin, sur un sujet aussi sensible, ce n’est pas la crédibilité du ministre qui est en jeu, c’est celle du président.

Et la question devient alors plus dérangeante :

si le président ne parle pas, est-ce parce qu’il n’a rien à dire… ou parce qu’il ne veut pas dire ce qui dérange ?

Dans tous les cas, une évidence s’impose :

aucune parole déléguée ne peut remplacer une parole souveraine.

Et tant que cette parole n’est pas prononcée, les assurances gouvernementales resteront ce qu’elles sont : des mots… face à un silence lourd de conséquences.

SY ABDOULAYE

Secrétaire général de l’Institution de l’opposition démocratique mauritanienne





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