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Au Burkina Faso, la junte suspend près de 360 associations
JEUNE AFRIQUE - « Non-renouvellement de leurs instances » : c’est la raison avancée par les autorités burkinabè pour suspendre une nouvelle série d’associations après avoir dissous ONG et partis politiques.
La junte au pouvoir à Ouagadougou a suspendu près de 360 associations pour « non-renouvellement de leurs instances », une semaine après en avoir dissous une centaine d’autres, selon un arrêté ministériel publié ce 21 avril.
Il y a moins de deux semaines, le pouvoir avait déjà annoncé la dissolution de 118 associations, pour une grande partie engagées dans la défense des droits humains, invoquant des « dispositions légales en vigueur » sans autres précisions.
C’est au tour de 359 autres associations d’être suspendues pour « non-renouvellement de leurs instances conformément à leurs statuts et règlement intérieur et la loi en vigueur », selon un arrêté du ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo.
Ces organisations interviennent notamment dans les domaines de la religion, de l’environnement, des droits humains, du sport, de l’éducation ou encore de la solidarité. « Pendant la durée de la suspension, seules les actions tendant à régulariser la situation de chaque association sont autorisées », souligne le document.
En juillet 2025, le chef de la junte, le capitaine Ibrahim Traoré, a promulgué une loi qui encadre la liberté d’association, les ONG et les syndicats. Ce texte réaffirme la liberté d’association tout en la subordonnant à des obligations strictes de déclaration, de contrôle administratif et de conformité légale, avec des sanctions pouvant aller jusqu’à la dissolution.
Débusquer « le cheval de Troie » du terrorisme
Selon les autorités, la loi vise à renforcer la transparence, faire la cartographie des associations et ONG, et lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du « terrorisme ». Les ONG internationales ou associations fonctionnant avec des financements internationaux sont souvent accusées d’espionnage ou de collusion avec les jihadistes.
« Nous avons des associations et des ONG dont on ignore les sources de financement, dont on ignore les programmes d’activité. On va mettre fin à cela », a déclaré le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, à la télévision publique le 18 avril. « Aucune association ne va être le cheval de Troie pour qui que ce soit », a-t-il martelé.
Début avril, le capitaine Ibrahim Traoré, qui mène une politique souverainiste et revendique une « révolution progressiste populaire », avait déclaré que les Burkinabè devaient « oublier la démocratie ».
(Avec AFP)