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L’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz dénonce sa condamnation et la saisie de ses biens dans une lettre ouverte
Shems Maarif -- Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Mohamed Ould Ghazouani, l’ancien chef de l’État mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz revient sur sa situation judiciaire et conteste les décisions ayant conduit à sa condamnation et à la confiscation de ses biens.
L’ancien président affirme avoir bénéficié, selon lui, de plusieurs décisions judiciaires d’acquittement concernant des accusations de corruption, notamment de trafic d’influence, d’abus de pouvoir, de détournement de biens publics et d’enrichissement illicite. Il soutient que ces décisions auraient confirmé l’absence d’atteinte au patrimoine de l’État durant l’exercice de ses fonctions.
Dans son courrier, il dénonce cependant une condamnation qu’il estime fondée sur une interprétation contestable des textes juridiques, notamment en matière de financement des campagnes électorales et d’enrichissement illicite. Il estime que certains mécanismes juridiques auraient été combinés de manière irrégulière pour justifier les poursuites et les sanctions prononcées à son encontre.
L’ancien président affirme également que l’origine de certains fonds et biens serait parfaitement traçable et aurait été déclarée devant les juridictions compétentes. Il évoque notamment des dons et transferts de biens, qu’il attribue au président en exercice à l’époque des faits, ainsi que des véhicules et sommes d’argent qui lui auraient été remis.
Sur le plan judiciaire, il conteste la portée des décisions de confiscation, estimant que celles-ci ne spécifient pas clairement les biens concernés. Il considère que cette imprécision rendrait, selon lui, difficile l’exécution des décisions et ouvrirait la voie à des saisies qu’il juge excessives, incluant des biens personnels, familiaux et acquis avant ou après son mandat.
Mohamed Ould Abdel Aziz affirme par ailleurs que ses droits civiques, ses pensions et l’ensemble de son patrimoine auraient été affectés par les procédures en cours. Il dénonce également des mesures de saisie touchant, selon lui, des proches et membres de sa famille.
Dans un passage à caractère politique, il met en cause la politique de lutte contre la corruption menée par les autorités actuelles, estimant qu’elle n’aurait abouti qu’à un nombre limité de condamnations significatives malgré, selon lui, l’ampleur des détournements présumés dans plusieurs entreprises et institutions publiques.
Enfin, l’ancien chef de l’État conclut sa lettre en appelant le président à « prendre à témoin le peuple mauritanien » et en évoquant des principes religieux et constitutionnels liés, selon lui, à la justice et à la transparence. Il affirme ne pas solliciter d’intervention personnelle, mais souhaite attirer l’attention sur ce qu’il qualifie d’« injustice ».