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20-05-2026

09:28

Des membres du gouvernement commentent les travaux du Conseil des ministres

AMI -- Des membres du gouvernement ont commenté, mardi soir, les travaux du Conseil des ministres. Il s’agit du ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. El Houssein Ould Medou, du ministre chargé du Secrétariat général du Gouvernement, M. Mokhtar Housseinou Lam, et du ministre du Pétrole et de l’Energie, M. Mohamed Ould Khaled.

Intervenant le premier, le porte-parole du Gouvernement a indiqué que le Conseil a étudié et adopté plusieurs projets de lois, de décrets et de communications. Parmi ceux-ci un projet de loi portant création de l’Agence nationale de l’hydrogène vert et un projet de communication relative au taux d’exécution des grands projets.

Lui succédant, le ministre chargé du Secrétariat général du Gouvernement, M. Mokhtar Housseinou Lam, a indiqué avoir présenté, lors de la réunion du Conseil des ministres, une communication relative à l’état d’avancement de la mise en œuvre des projets stratégiques de l’État.

Celle-ci porte sur les projets stratégiques déployés sur l’ensemble du territoire national, le programme d’urgence dédié au développement de la ville de Nouakchott, ainsi que le programme spécial d’accélération de l’accès aux services de base pour le développement local.

Il a précisé que cette communication s’inscrit dans le cadre du dispositif de suivi méthodique et rigoureux instauré sur instructions de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, en septembre 2023, en vue d’améliorer l’exécution de ces projets.

Le ministre a indiqué que le portefeuille des projets comprend actuellement 113 marchés. À fin avril 2026, le taux moyen d’avancement du portefeuille s’établit à 49 %, tandis que le taux moyen de décaissement atteint 35 %, avec une consommation moyenne des délais de 107 %.

Il a également relevé une progression moyenne de 6,37 points au cours des deux derniers mois, mars et avril, soit une moyenne mensuelle de 3,18 points, soulignant une dynamique globalement soutenue, malgré des performances variables selon les secteurs.

S’agissant du programme d’urgence pour le développement de la ville de Nouakchott, lancé le 20 janvier 2025, il a atteint un niveau d’exécution de 93,5 % au 30 avril 2026, pour une consommation des délais de 93,7 %. L’évolution enregistrée au cours des mois de mars et avril 2026 s’élève à 6 points.

Concernant le programme d’accélération de l’accès universel aux services de base pour le développement local, le ministre a indiqué qu’après un démarrage relativement prudent dans ses composantes éducation et santé, celui-ci connaît désormais une évolution positive, avec un rythme moyen d’avancement mensuel de 6,5 points, bien qu’il demeure nécessaire de l’intensifier. Le taux d’avancement a ainsi atteint 41 % au 30 avril 2026, contre 28 % au 28 février, soit une progression de 13 points sur la période mars-avril 2026.

Le taux de consommation des délais s’élevait, quant à lui, à 38 % au 30 mars, ce qui confirme que le programme progresse globalement à un rythme encore modéré.

Le ministre a enfin souligné que le dispositif mis en place pour lever certains obstacles, améliorer la coordination entre les différents intervenants et accélérer l’exécution des projets commence à produire des résultats tangibles, traduits par une amélioration progressive du rythme d’exécution et une réduction de l’écart entre le niveau d’avancement et la consommation des délais.

Dans ses réponses relatives à l’impact du programme d’urgence de développement de la ville de Nouakchott, notamment en ce qui concerne la continuité des services d’électricité et de santé, le Ministre Secrétaire général du Gouvernement a affirmé que l’autosuffisance en matière de production électrique est désormais acquise.

Il a néanmoins précisé que les interruptions enregistrées de manière ponctuelle s’expliquent principalement par des défaillances techniques au niveau du transport de l’énergie électrique, des difficultés appelées à être surmontées grâce aux réformes engagées au sein de la société en charge du secteur.

Dans ce cadre, il a également mis en avant la portée globale des programmes de développement à l’échelle nationale, soulignant que dans l’ensemble des communes du pays, des chantiers sont en cours dans au moins un ou plusieurs secteurs essentiels, tels que l’accès à l’eau potable, la santé, l’éducation ou encore l’électricité.

S’agissant spécifiquement de Nouakchott, il a relevé une dynamique particulièrement soutenue à tous les niveaux, notamment dans le domaine des infrastructures sanitaires. Il a indiqué qu’il est désormais possible pour les habitants de l’ensemble des quartiers d’accéder à des structures de santé de proximité implantées dans leurs propres zones de résidence, sans avoir recours aux déplacements vers les hôpitaux de référence.

De son côté, le ministre de l’Énergie et du Pétrole a indiqué que le projet de loi qu’il a présenté au Conseil, relatif à l’Agence mauritanienne de l’hydrogène vert ainsi qu’à ses règles organisationnelles et opérationnelles, s’inscrit dans le cadre des efforts du gouvernement visant à concrétiser la vision de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, laquelle ambitionne de faire de la Mauritanie un pôle énergétique d’avenir.

Il a précisé que ce projet de loi définit les organes de l’Agence, à savoir le Conseil d’administration et la Direction générale, en clarifiant les compétences de chacun. Il encadre également le statut des personnels, précise le régime administratif, comptable et financier de l’institution, et lui confère les prérogatives nécessaires en tant qu’agence dotée de l’autonomie financière. Le texte institue par ailleurs un fonds spécial au sein de l’Agence, dénommé « Fonds de l’hydrogène et de la croissance verte », destiné à soutenir le développement, l’innovation et la mise en œuvre des orientations stratégiques liées à l’hydrogène vert.

Le ministre a ajouté que cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large marqué par l’adoption du Code de l’hydrogène vert le 8 octobre 2024, ainsi que par la mise en place de mécanismes réglementaires et d’un cadre institutionnel destiné à attirer les capitaux internationaux. Il a souligné que la création d’une agence spécialisée dans l’hydrogène vert marque le passage d’une phase de déclaration d’ambitions et de projets à celle de la construction d’institutions durables chargées de la gestion d’un secteur stratégique émergent.

Une telle structure devrait contribuer à renforcer la coordination entre les différents acteurs, à simplifier les procédures et à réduire les risques liés au développement des projets, améliorant ainsi l’attractivité de la Mauritanie pour les investissements d’envergure dans le domaine de l’hydrogène vert et de ses dérivés.

Il a enfin souligné que cette dynamique repose sur les atouts compétitifs importants dont dispose la Mauritanie, notamment des ressources exceptionnelles en énergie solaire et éolienne, de vastes espaces susceptibles d’accueillir des projets de grande envergure, ainsi qu’une position stratégique sur la façade atlantique.

À cela s’ajoute un réseau croissant d’entreprises internationales, autant d’éléments qui confèrent au pays un rôle futur potentiel majeur sur les marchés de l’énergie propre, aux niveaux régional et international.

Le ministre du Pétrole s’est également attardé à une question sur les mesures durables visant à renforcer les stocks nationaux de produits pétroliers, ainsi que les évolutions enregistrées dans ce domaine. Il a indiqué qu’en raison de l’absence, par le passé, de capacités de stockage importantes à Nouakchott, le ministère était contraint de s’appuyer sur le principal dépôt situé à Nouadhibou, avant d’acheminer les produits pétroliers vers la capitale à l’aide de navires de plus petite taille, dans le cadre du cabotage.

S’agissant d’une question relative à la baisse de la consommation des produits pétroliers et à l’évolution des prix, le ministre de l’Énergie et du Pétrole a expliqué que le mois d’avril a enregistré une diminution de la consommation par rapport au mois de mars, sur l’ensemble du territoire national, y compris dans les régions de l’intérieur.

Il a précisé que cette baisse s’explique, au niveau national, par plusieurs facteurs, notamment les restrictions de circulation, ainsi qu’une prise de conscience accrue des citoyens quant à la nécessité de rationaliser la consommation et de contribuer à la réduction de l’usage des produits pétroliers, dans un contexte de hausse des prix à l’échelle mondiale.

Il a toutefois souligné que, bien que les prix aient augmenté au niveau national, ils n’ont pas atteint les niveaux observés dans les pays voisins et dans le reste du monde, restant largement en deçà de la hausse enregistrée à l’échelle internationale, où les prix ont connu une forte inflation.

Revenant sur la communication relative à l’exécution des projets, le porte-parole du gouvernement, a affirmé que le programme de développement de la ville de Nouakchott, dont le coût s’élève à environ 60 milliards d’ouguiyas, constitue une composante limitée de l’ensemble des grands projets en cours dans le pays. Il a précisé que ce programme entrera successivement dans une deuxième puis une troisième phase, portant ainsi son enveloppe globale à près de 180 milliards d’ouguiyas.

Il a ajouté que ces réalisations ne représentent qu’une part réduite des grands chantiers de développement nationaux, évoquant notamment le programme d’urgence de développement ainsi que les projets stratégiques dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures, et soulignant que l’action gouvernementale repose sur une logique d’exécution, de suivi, d’évaluation et de redevabilité.

Le ministre a expliqué que la première phase du programme de Nouakchott n’avait pas pour objectif de résoudre de manière définitive les difficultés liées à l’eau et à l’électricité dans la capitale, mais plutôt d’en atténuer l’ampleur et de réduire la pression croissante sur les services de base, en particulier lors des périodes de forte demande.

S’agissant du pluralisme médiatique, le ministre a souligné que les indicateurs élaborés par la Haute Autorité de la presse et de l’audiovisuel mesurent la représentation des différentes sensibilités politiques au sein des médias publics.

Il a précisé que l’action gouvernementale est considérée comme une activité exécutive au service de l’intérêt général et ne saurait, à ce titre, être intégrée aux quotas de représentation politique. Il a par ailleurs mis en avant les efforts entrepris pour renforcer l’ouverture des médias publics à l’ensemble des acteurs politiques et sociaux, à travers bon nombre d’émissions.



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