Cridem

Lancer l'impression
30-05-2026

18:03

Mauritanie : une experte de l’ONU appelle à la libération immédiate des députées Mariem Dieng et Ghamou Achour

TRUST MAGAZINE - La Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté de réunion pacifique et d’association, Gina Romero, a exprimé sa vive préoccupation face à l’emprisonnement des députées mauritaniennes Mariem Cheikh Dieng et Ghamou Achour. Dans une série de publications sur le réseau social X, elle a exhorté les autorités mauritaniennes à les libérer sans délai, tout en dénonçant des atteintes aux libertés fondamentales.

La Rapporteuse spéciale des Nations unies, Gina Romero, a réagi publiquement à la condamnation des députées mauritaniennes Mariem Cheikh Dieng et Ghamou Achour, toutes deux élues sous les couleurs du Parti Sawab et proches de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA).

Dans son message publié sur X, Mme Romero a indiqué avoir reçu « des nouvelles troublantes » concernant les deux parlementaires, condamnées le 4 mai dernier à quatre ans de prison ferme. Elle affirme que les deux élues ont été sanctionnées après avoir dénoncé ce qu’elles considéraient comme des abus visant la communauté haratine.

La responsable onusienne a également évoqué des allégations de disparitions forcées après leur arrestation. « Tous deux ont été victimes de disparitions forcées après leur arrestation », a-t-elle déclaré.

Gina Romero a par ailleurs dénoncé l’usage de la force contre des manifestants venus soutenir les deux députées devant le tribunal. Selon elle, des manifestants pacifiques auraient été dispersés par les forces de l’ordre, tandis que plusieurs personnes auraient été arrêtées lors d’un rassemblement organisé le 7 mai par des femmes affiliées à l’IRA réclamant la libération des deux élues.

L’experte indépendante des Nations unies s’est également inquiétée de la situation personnelle des deux détenues. Elle a souligné que Mariem Dieng demeure incarcérée avec son bébé, tandis que Ghamou Achour a entamé une grève de la faim le 21 mai avant d’être hospitalisée quelques jours plus tard, puis reconduite à la prison des femmes de Nouakchott.

Dans sa déclaration, Gina Romero a lancé un appel explicite aux autorités mauritaniennes : « J’exhorte les autorités mauritaniennes à libérer immédiatement Mariem Dieng et toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs libertés fondamentales. »

Cette prise de position intervient dans un contexte de controverse autour de la procédure judiciaire ayant conduit à la condamnation des deux parlementaires. Leurs avocats ainsi que plusieurs organisations de défense des droits humains contestent notamment les conditions de leur arrestation et l’application d’une procédure de flagrant délit à des élues bénéficiant d’une immunité parlementaire.

Les autorités judiciaires mauritaniennes reprochent aux deux députées plusieurs infractions liées à leurs publications sur les réseaux sociaux, notamment des propos jugés offensants envers les institutions de l’État, des déclarations dénonçant des discriminations raciales et des critiques de la politique gouvernementale.





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org