14:29
Transformation numérique : la Mauritanie accélère sur la blockchain
Agence Ecofin - Les pays africains misent de plus en plus sur l’intégration du numérique pour soutenir leur développement socio-économique.
Cette dynamique englobe des technologies émergentes comme l’intelligence artificielle (IA), la blockchain ou encore l’Internet des objets.
Le gouvernement mauritanien renforce ses efforts pour intégrer la technologie blockchain dans l'administration publique.
Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large de transformation numérique visant à moderniser les services publics, améliorer la gouvernance des données et favoriser l'adoption de technologies émergentes.
Dans ce cadre, le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l'administration a organisé, les lundi 27 et mardi 28 juillet, un atelier consacré à l'utilisation de la blockchain et à la gouvernance des données numériques.
Organisé en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l'événement a réuni des chercheurs et des experts nationaux et internationaux qui ont présenté des applications concrètes de la blockchain ainsi que des expériences régionales dans ce domaine.
Accélération sur la blockchain
Cet atelier intervient alors que la Mauritanie a déjà engagé l'élaboration d'une politique nationale dédiée aux technologies blockchain. Un forum consultatif avait été organisé à cet effet en novembre 2025.
Le ministère estime que cette politique pourrait avoir un impact direct sur les citoyens en accélérant les procédures administratives, en réduisant les coûts et en améliorant la qualité des services dans des secteurs clés comme le foncier, le commerce, les marchés publics ou encore le suivi des ressources naturelles.
Le ministère ajoute que cette politique permettra également de former une nouvelle génération de compétences numériques et de start-up spécialisées dans la blockchain, à travers la mise à jour des programmes universitaires et de formation, le lancement de projets pilotes et de modèles expérimentaux, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour la jeunesse et l’entrepreneuriat.
Lors de la cérémonie d'ouverture de l'atelier, le ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l'administration, Ahmed Salem Ould Bede, a indiqué que la technologie blockchain figure parmi les innovations les plus prometteuses pour renforcer la fiabilité des documents administratifs, sécuriser les transactions et les registres numériques.
Il a précisé que le ministère privilégie une approche pragmatique consistant à déployer cette technologie dans les domaines répondant aux besoins du pays et apportant une réelle valeur ajoutée aux citoyens.
Un potentiel reconnu, mais des défis à relever
Le potentiel de transformation des services publics associé à la blockchain est largement reconnu par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’organisation souligne notamment ses applications possibles dans la gestion des identités et des dossiers personnels, les transactions financières, la gestion des réseaux énergétiques, le partage sécurisé d’informations entre agences gouvernementales ou encore le vote électronique.
Dans un rapport publié en 2020, l’OCDE estimait que la blockchain promet une évolution vers une informatique décentralisée et des processus plus transparents et responsables. Elle pourrait également favoriser une transition depuis des architectures cloisonnées et renforcer l’autonomie des individus et des acteurs grâce à des mécanismes techniques.
Cependant, l’organisation relève plusieurs défis susceptibles de limiter le déploiement de cette technologie.
Parmi eux figurent l’immuabilité des données, les questions de confidentialité, les capacités limitées de stockage de grandes quantités d’informations, la qualité des données enregistrées, les problématiques de gouvernance, les coûts élevés, la complexité technique, les limites en matière de montée en charge (scalabilité) ainsi que la consommation énergétique importante de certains modèles de blockchain.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji