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13-08-2026

15:16

Retour à Nouakchott de 35 Mauritaniens détenus au Mali

JEUNE AFRIQUE - Le porte-parole du gouvernement mauritanien a annoncé le retour au pays de compatriotes qui avaient été retenus par les autorités maliennes et, selon lui, torturés en captivité. Les interpellés traversaient l’AES en provenance de Côte d’Ivoire.

Pour 35 Mauritaniens venus de Côte d’Ivoire, le Mali ne devait être qu’une zone de transit vers leur patrie, qui pour des vacances estudiantines, qui pour des activités commerçantes. Interpellés en terre malienne, ils seront soupçonnés de terrorisme et privés de liberté pendant plusieurs jours.

Ce 12 août au soir, tout en confirmant l’arrivée desdits voyageurs en Mauritanie, Houssein Ould Medou, le ministre mauritanien de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, par ailleurs porte-parole du gouvernement, condamnait, en conférence de presse, « des accusations infondées ».

Un aspect de l’affaire pourrait envenimer davantage les relations diplomatiques entre les deux pays voisins. Devant les journalistes, Houssein Ould Medou a déploré que ses compatriotes détenus – « des citoyens mauritaniens innocents » – aient été « victimes de mauvais traitements », qui seraient allés jusqu’à des faits « de torture de la part des autorités maliennes ».

Provenance ivoirienne suspecte ?

Sans donner davantage de détails sur les actes commis, Akhyar Mohamed Fadel, un étudiant qui faisait partie des 35 voyageurs, confirme, dans l’édition du jour de la publication Saharamedias, que les détenus ont « été continuellement torturés » tout au long de leur détention. Sur les réseaux sociaux, certains évoquent des vols d’effets personnels. Les geôliers auraient accusé les captifs d’être liés au Front de libération de l’Azawad (FLA) ou à d’autres mouvements armés qui endeuillent le Sahel.

C’est au début du mois d’août qu’une partie de ces Mauritaniens auraient été arrêtés, dans les environs de la « ville-garnison » de Kati – zone sensible s’il en est –, alors que leur bus rencontrait une difficulté technique. Peut-être intriguée par la provenance ivoirienne, une patrouille de police les aurait conduits dans un commissariat, avant de les retenir.

Confrontés à l’insécurité, les néosouverainistes de l’Alliance des États du Sahel (AES) reprochent régulièrement à la Côte d’Ivoire sa proximité avec des puissances occidentales jugées impérialistes, quand ils ne l’accusent pas de bienveillance envers des groupes armés à qui Abidjan offrirait, selon certains leaders sahéliens, une base arrière.

Interventions diplomatiques de haut niveau

Dix-huit des Mauritaniens incarcérés ont été libérés depuis le vendredi 7 août dernier, tandis que les 17 autres l’ont été ce lundi 10. Pris en charge par le chargé d’affaires de l’ambassade de Mauritanie à Bamako, ils sont tous arrivés, mercredi 12 août, dans la ville de Néma, par un vol de Mauritanian Airlines.

Leur libération et leur rapatriement auraient été rendus possibles par une médiation du ministère mauritanien des Affaires étrangères, en coordination avec les services de sécurité. L’AMI, agence de presse officielle de Mauritanie, relaie les propos d’un responsable gouvernemental qui affirme que le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani serait intervenu personnellement.

Par Damien Glez





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