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13-09-2026

05:55

Le Maroc met en garde l'Espagne contre une instrumentalisation politique de la crise migratoire

RFI AFRIQUE - Plus d’un mois après l’irruption à Ceuta de plus de 70 000 personnes venues du Maroc, la déflagration causée par cette crise migratoire sans précédent continue d’agiter la classe politique et la société espagnoles.

Dans les médias et les déclarations de certains responsables, principalement de droite, le Maroc est mis en cause, accusé d’être responsable de ce franchissement massif de la frontière.

Silencieux depuis le début de la crise, le ministère marocain des Affaires étrangères a publié cette semaine un communiqué pour mettre en garde le voisin espagnol contre l’instrumentalisation de la tragédie de Ceuta.

Les autorités marocaines sont sorties de leur silence via un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Cela fait plusieurs jours qu’elles sont mises en cause et que la pression s’accentue, notamment après la fuite d’un rapport de la police espagnole qui fait état de la « permissivité » des forces de sécurité marocaines lors de la crise. Le Parti populaire, à droite, dénonce « une attaque hybride » dirigée contre l’Espagne.

Dans son communiqué, présenté comme une mise au point, il rappelle « la relation de bon voisinage » dans laquelle le Maroc a choisi de s’inscrire avec l’Espagne, évoquant les principaux domaines de coopération : l'économie et la sécurité.

Passée par une zone de turbulences, la relation Madrid-Rabat a connu une amélioration remarquable depuis 2022, depuis que l’Espagne soutient le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental.

Mais les tensions s’accumulent depuis la crise de Ceuta. Dans ce contexte, le ministère des Affaires étrangères s’interroge : « Pourquoi maintenir le réquisitoire contre le Maroc, alors qu’aucun fait ou rapport n’établit l’implication des autorités marocaines ? » Le ministère dénonce « la surenchère populiste » dans laquelle sont tombés certains partis espagnols. « Le royaume refuse d’être un fonds de commerce préélectoral », conclut-il.

Avec notre correspondant à Casablanca,
Matthias Raynal





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