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Marlaska à Nouakchott : migration et sécurité maritime au cœur d'une visite qui dépasse l'Intérieur
Madar (Nouakchott) - La ministre des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires, Aissata Lam, a examiné mardi 3 novembre 2026 avec le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, le renforcement de la coopération en matière de surveillance des eaux maritimes et de lutte contre la migration irrégulière, selon Sahara Medias citant le ministère, dans le cadre de la visite officielle d'une journée du ministre espagnol à Nouakchott.
Selon le ministère, la rencontre a porté sur le développement de mécanismes de travail communs et l'élargissement de la coopération bilatérale ; le ministre espagnol a salué le rôle des garde-côtes mauritaniens dans la surveillance des eaux et la protection des côtes.
Le programme de la visite ne se limite pas à l'Intérieur : selon le journaliste Mohamed Lemine Khattari, citant des sources au sein du gouvernement espagnol, il comprend une rencontre avec le ministre de l'Intérieur, Mokhtar Ahmed Bousseif, puis la ministre des Pêches, le ministre de la Défense, Ba Ousmane, et un entretien avec le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani dans l'après-midi.
Nouvelle pression sur la route des Canaries
La visite intervient alors que la route atlantique vers les Canaries a repris de la vigueur depuis la fin de l'été : l'archipel a enregistré 4 162 arrivées entre le 16 août et le 15 octobre, soit 159 % de plus qu'un an plus tôt, selon le ministère espagnol de l'Intérieur, même si le bilan depuis janvier reste inférieur de 33,5 %. Le sauvetage en mer espagnol a encore secouru 163 migrants dans trois embarcations dans la nuit de lundi.
Selon des données de presse compilées par M. Khattari, plus de 5 000 personnes sont arrivées aux Canaries en octobre ; sur 52 embarcations arrivées dans le mois, 39 venaient du Sénégal et de la Gambie, 11 du Maroc et une de Mauritanie. L'Organisation internationale pour les migrations avait relevé une baisse de 65 % des arrivées par la route atlantique entre 2024 et 2025, attribuée en partie au déplacement des départs vers le sud après le durcissement des contrôles sur les côtes mauritaniennes, marocaines et sénégalaises.
De Madrid à Nouakchott
La visite intervient environ un an après les entretiens tenus à Madrid en octobre 2025 entre l'ancien ministre de l'Intérieur Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine et M. Grande-Marlaska sur la sécurité, la migration et la criminalité organisée transfrontalière ; le ministre espagnol avait alors indiqué que la coopération avait permis de déjouer quelque 3 500 tentatives de migration irrégulière en 2025 et plus de 10 000 en 2024.
Ce n'est pas la première visite de M. Grande-Marlaska à Nouakchott : en novembre 2022, il avait signé avec son homologue un accord de coopération sécuritaire prévoyant des moyens logistiques et techniques contre la migration irrégulière et les trafics, ainsi que de la formation, et s'était entretenu de coopération militaire avec le ministre de la Défense de l'époque, Hanena Ould Sidi. En octobre 2023, il avait rencontré le président Ghazouani aux côtés du vice-président de la Commission européenne, qualifiant la Mauritanie de « partenaire stratégique ».
En mars 2024, il faisait partie de la délégation européenne présente à Nouakchott lors de la signature d'une déclaration conjointe entre la Mauritanie et l'Union européenne établissant un partenariat sur la migration, axé notamment sur ses causes profondes à travers des projets de développement et l'emploi des jeunes.
Des intérêts imbriqués
La coopération entre les deux pays dépasse la migration pour englober le partenariat sécuritaire face aux menaces croissantes dans la région, la pêche et la surveillance des côtes, ainsi que les accords conclus entre la Mauritanie et l'Union européenne, ce qui explique l'élargissement du programme de la visite à la Pêche et à la Défense.
Rédigé par Moustapha Wedani