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Crise mauritanienne : La lecture européenne de la crise...
Les Mauritaniens de tous bords qui misent sur un échec du programme électoral concocté par l'armée pour le 6 juin 2009 en auront pour leurs frais. L'approche idéale qui veut que le monde chasse le Général Aziz et ses compagnons pour mettre en selle le FNDD ou le RFD à la tête du pays seront amèrement déçus et pour cause:
- les partenaires du pays européens, arabes et africains, notamment, sont fascinés par ces militaires du HCE qui se battent "à armes égales" contre leurs challengers civils, représentés pour l'essentiel par les anciens grands ténors de la période de Maaouiya Ould Taya (les hommes d'affaires Ahmed Ould Sidi Baba, Abdoulkoudous Abeidna) et le leader haratine Messaoud Ould Boulkheir, connu aussi pour être proche de ces groupes économiques.
Dans une situation normale, les militaires prennent, en effet, le pouvoir et imposent sans coup férir leur vision des choses, comme cela se passe ailleurs, le plus souvent dans la violence, alors qu'en Mauritanie aucune goutte de sang n'a été versée.
Les pays du Nord, dont les dirigeants sont souvent d'anciens militaires ou s'en inspirent (les gaullistes en France) aiment bien cette situation atypique qui dénote d'un comportement fort original de l'armée au pouvoir et qui montre si besoin était qu'on peut être militaire et "civil".
- l'évolution de la crise depuis le 6 août 2008 et même depuis le mois de février 2008, révèle au monde entier que les opposants civiles mis en avant aux côtés de Sidioca et de sa famille oligopolistique dans la crise mauritanienne manquent en réalité de substrat politique et, tous comptes faits, de par leur intransigeance et leur radicalisme avérés, il s'impose qu'ils ne cherchent rien d'autre qu'obtenir une caution de la communauté internationale pour arriver à la situation d'avant le changement fatidique du 6 août 2008.
Analyse bien faite, aucun des hommes et aucune des femmes engagés dans cette "lutte pour la démocratie pure et dure" n'a un passé militant ou civil convaincant et propre, susceptible de soutenir une action internationale défendable devant les.... mauritaniens.
On le sait, l'Occident toujours enclin, il y a peu, à transformer des monstres en anges pour les besoins de la cause a changé de fusil d'épaule et compte désormais agir avec plus de prudence face aux évènements qui s'avèrent souvent incontrôlables depuis l'intrusion de phénomènes nouveaux dans les relations internationales comme Al Qaida, la mafia criminelle de la drogue et du trafic en tous genres ou l'engagement de pays radicaux dans les crises mondiales.
- les perspectives d'un dénouement, même consensuel, n'assureront pas une paix civile durable et les pays riches ne veulent pas se retrouver dans la situation mauritanienne de fin 2007 et début 2008 où quelques groupes d'adolescents ont occupé le devant de la scène tuant et assassinant à tours de bras avec les conséquences dramatiques que l'on sait et pour la Mauritanie et pour le reste du Monde.
Une paix civile, même avec un pouvoir "imposé" vaut bien une contorsion des règles démocratiques sur papier, tout justes bonnes à illustrer les discours de bienséance politique, discours qui ne nourrissent pas leurs hommes, en particulier dans les pays neufs, telle la Mauritanie.
- La nouvelle crise mondiale change, désormais, toutes les données du discours de feu Mitterand à La Baule et ceux de Bush Père aux Nations Unies à la même époque. Les pays du Nord doivent maintenant prioriser leurs demandes auprès des pays pauvres.
L'urgence, c'est la sécurité, la sécurité, car l'embrasement de l'Afrique, aujourd'hui laminée par la pauvreté, les pandémies, mais aussi par les clivages ethniques et idéologiques n'est pas pour contribuer à l'apaisement de l'économie mondiale, victime de la sous consommation des pays pauvres, résultant de la baisse des revenus, de l'inflation mondiale et... des coûts structurels de la démocratie.
Eh oui, la démocratie a un coût élevé au propre comme au figuré et les pays riches ne sont plus disposés à financer à coups de milliards des similis de l'état de droit et de la bonne gouvernance.
En somme, après la doctrine Mitterrand, aujourd'hui considérée comme trop visionnaire dans le contexte africain, même 20 ans après, force est d'admettre que la théorie gaullienne dans ce domaine symbolisée par la fameuse tirade de Chirac en Côte d'Ivoire, il y a de cela une quinzaine d'année, est bien plus réaliste.
On a tendance d'ailleurs à oublier que Sarkozy est avant tout un gaulliste et seuls ceux qui l'ignorent ont été surpris par sa réaction au Niger, il y a de cela quelques jours sur la crise mauritanienne, déclaration fort décriée par le FNDD et ses soutiens.
- les autres éléments de la lecture européenne de la crise Mauritanienne se trouvent dans un article rédigé il y a peu de temps par Béchir Ben Yahmed de Jeune Afrique. Les élites politiques civiles africaines n'ont pas réussi à convaincre le monde par leur capacité à gouverner en milieu "composite" de la société.
Ce qui change dans le comportement, c'est le discours et non les actes. Les premiers actes attendus par le monde chez nos élites et l'acceptation de la réalité de l'histoire et, surtout, de leur responsabilité dans les évènements que vit les pays qu'ils souhaitent diriger en éloignant les militaires sous l'épouvantail de la tenue kaki.
Alors que les tenants actuels du FNDD ont gouverné pendant 15 mois (on n'évoque pas leur action dans les régimes précédents), jamais ils n'avaient accepté de coexister avec les autres constituants politiques de la Mauritanie, allant même jusqu'à balayer d'un revers de main l'idéal démocratique en refusant les concepts de majorité politique au parlement, avec les conséquences que l'on sait aujourd'hui.
Non, décidément la Mauritanie, à l'instar de bien d'autres pays africains, n'est pas encore mûre pour être livrée à elle-même et surtout à ces "élites" politiques et la situation idéale est celle où un régulateur comme l'armée assure une transition paisible autant que faire se peut, dans l'intérêt bien compris de tout le monde et surtout pour les intérêts à court et moyen termes de la Mauritanie.
C'est cela la lecture européenne et universelle de la crise mauritanienne.
Dine

Sebkha : Elle gagne environs 300 mille ouguiyas mais continue de tromper ses deux « maris ».
Elle est originaire du Congo-Brazaville. Esengo, 44 ans séjourne à Nouakchott depuis 8 ans. Grande travailleuse, elle est dans toutes les sauces qui rapportent de l’argent. Elle habite le quartier...
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