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Interview Exclusive avec Oumar Thimbo « Quand j’ai entendu l’hymne national, j’avais les larmes aux yeux »
Le Quotidien de Nouakchott - A quelques heures du match aller face à l’Ile Maurice dans le cadre des barrages de la CAN 2015, nous avons rencontré pour vous un ancien Mourabitoune, qui a bien voulu se prononcer. Ce grand garçon de la Socim (capitale), revient sur son passé en équipe nationale et donne son avis.
Originaire de Néré Walo (Gorgol) et né le 27 Avril 1978 à Nouakchott, Oumar Thimbo est un international Mauritanien (2002-2008). Polyvalent, il évolue dans l’axe comme sur le flanc et souvent au milieu du terrain (défensif).
Arrivé en France à 14 ans (1992), il a fait un parcours exceptionnel, en évoluant plus de dix ans en CFA2. Successivement , à l’AS Gien (1992-2001), FC Sens (2001-2004), US Avranches (2004-2005), FC Deux (2005-2009), FC Issy (2009-2010) et FCRM (depuis 2010 à nos jours).
Il a joué pour la première fois sélection nationale, en 2002 contre le Togo avant de disputer le match retour à Nouakchott et il était le seul joueur arrivé de l’hexagone, en renfort. Avec 18 sélections (matchs éliminatoires CAN/Coupe du Monde), il est l’un des joueurs expatriés qui a le plus fréquenté l’antre des Mourabitounes.
Reconverti dans l’entrainement, il est titulaire d’un brevet d’Etat de premier degré. En janvier 2002 à Auxerre, il a obtenu son diplôme en Initiation 1 et en décembre de la même année le module 2, à Dijon. Il devient Animateur Seniors en juin 2003, toujours à Dijon. C’est en juillet 2012 à Châtenay – Malabry qu’il obtiendra son diplôme BEES premier degré, option Football. En outre, il est éducateur U-19 DHR, U-15 DHR et entend se forger d’abord. Néanmoins, il songe à faire profiter son pays de son expérience de technicien.
Entretien
Le Quotidien de Nouakchott : Il y a un peu plus d’une décennie que vous avez quitté l’équipe nationale, est ce que depuis lors vous entretenez des relations avec les responsables fédéraux, ou avec les joueurs de votre époque, ou de simples connaissances ?
Oumar Thimbo : Si, je suis toujours en relation avec les frères Sidibé Ahmed et Bilal, Seydou M’Bodj, Moussa Sankharé dit Baba. Il y a aussi d’anciens joueurs avec lesquels je discute souvent sur facebook. Mais avec personne de la fédération.
Question : En tant qu’ancien Mourabitounes, quel regard portez-vous sur la rencontre décisive que dois livrer l’équipe nationale A de la Mauritanie face à son adversaire Mauricien, samedi 12 Avril prochain dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2015, à Nouakchott ?
Réponse : C'est un match très important pour nous et nous avons toute notre chance de passer la cap. L'équipe a pris de l'expérience et de la confiance ces derniers temps. Il faudra absolument gagner chez nous sans encaisser de but et faire un exploit chez eux. Nous en avons les moyens, car on a de très bons joueurs qui s'affirment.
Question : Selon vous, est ce que la Mauritanie pourra dépasser l’obstacle Mauricien et se qualifier pour la phase de poules qui s’avère du reste compliquée?
Réponse : Nous avons un bon coach et une belle équipe, maintenant il faudra jouer sans complexe. Vraiment moi j'y crois à fond, même si ça sera quand même difficile. Il est temps d'écrire notre histoire.
Question : Au terme de votre épopée qui aura été de courte durée, nourrissez-vous des regrets, gardez- vous de bons ou de mauvais souvenirs ? Avez –vous le sentiment d’avoir un goût d’inachevé ?
Réponse : J'ai beaucoup de bons souvenirs. Ma première sélection quand j'ai entendu l'hymne nationale j'en avais des larmes aux yeux et mon premier match à Nouakchott aussi. J'étais fier de représenter mon pays moi, l'enfant de la Socim. Des regrets pas vraiment car toute histoire à une fin. Je regrette juste qu'à un moment il y avait des personnes dans la fédération qui étaient attiré par l'argent et non par l'ambition de faire grandir un football. J'ai vécu une belle aventure avec les joueurs et certains membres du staff. Au fait, je pouvais jouer dans une équipe en France pour être sélectionnable mais j'ai préféré passer mes diplômes d'entraîneur et me former d’avantage.
Question : Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et le football Mauritanien a connu une mutation, avec des résultats tantôt mauvais, tantôt bons mais aussi avec une qualification historique à la phase finale du CHAN 2014 arrachée devant le Sénégal. Selon vous est- ce que la Mauritanie est sur la bonne trajectoire ?
Réponse : Oui, un beau parcours et en plus d’avoir éliminé notre frère ennemi le Sénégal et l’empêché d’aller au CHAN 2014. Maintenant dans le notre le plus difficile c'est de rester régulier dans la performance mais en Mauritanie le problème c'est qu'on n'est pas très patient. Il faut laisser du temps au coach pour construire son projet.
Question 6 : A quand remonte votre dernière venue en Mauritanie ?
Réponse : C’est entre 2007 et 2008
Question : Il ne vous arrive pas souvent de penser revenir un jour, pour faire profiter le pays de votre expérience ?
Réponse : Oui j'y pense mais pour l'instant je continue encore à me former. Je pense que c'est important d'avoir des entraîneurs Mauritaniens diplômés.
Question : Après une carrière footballistique, vous avez opté pour une reconversion dans l’entrainement, pouvez-vous, nous éclairer exactement sur ce cheminement?
Réponse : J'aime le football et j'ai ma vision que je tiens à transmettre aux jeunes. Depuis quelques années je suis plus dans le coaching. J'ai obtenu mon diplôme de brevet d'Etat de premier degré. Je suis actuellement à Rueil-Malmaison et j'entraine les U- 19 DHR, U- 15 DHR et une section sportive.
Question : Si vous étiez sur le banc des Mourabitounes, comment allez-vous opérer pour écarter l’Ile Maurice de la compétition?
Réponse : C'est de jouer sur nos qualités, de profiter de notre public pour les mettre sous pression et surtout de rester compact derrière et d'être efficace devant.
Question : Quel sera votre mot à l’endroit de tous?
Réponse : C’est d’aller à l’avant et qu'il est en tant de faire connaître la Mauritanie, d'écrire notre histoire et c'est dès demain. Allez les Mourabitounes, soyez fier.
Propos recueillis par Hachim