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15-08-2017

08:35

Grève des boulangers à Tidjikja : Déclaration de la CLTM

CLTM - La Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (C.L.T.M.) déplore l’attitude provocatrice du Hakem de Tikjikja sur la grève des boulangers déclenchée depuis une semaine portant sur l’augmentation du prix de la miche de pain artisanale à 50UM fixé initialement à 40 UM (soit une augmentation de 10UM la pièce).

Il ressort que depuis 10 ans le prix de la miche de pain artisanale n’a pas évolué alors que les charges sociales ont augmenté notamment le SMIG en 2011 en plus de la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité.

Par conséquent, il apparaît tout à fait normal que les prix soient indexés en fonction de l’évolution socioéconomique afin que le producteur ou fournisseur puisse tirer le minimum de profit de son activité, naturellement, en tenant compte également du pouvoir d’achat de ses consommateurs.

La CLTM constate, avec beaucoup de regret, que le Hakem n’a pas su gérer sereinement la situation en procédant à des menaces et intimidations allant jusqu’à expulser certains de nos militants syndicaux, en violation du Code du travail, de la Convention collective et des conventions internationales ratifiées sur l’exercice du droit syndical apparemment méconnu par le Hakem.

De surcroît, ce matin sur ordre des Autorités administratives certains boulangers ont été arrêtés, humiliés, parqués à la police et en plus ont vu leur matériel confisqué avec la complicité de la Mairie qui exige le paiement de certaines taxes pour que leur outil soit restitué. Ce comportement nocif et inopportun n’est pas de nature à apaiser la situation mais à attiser le feu.

Or, en droit, et il est constant que là où il n’y a pas d’Inspection du Travail, le Hakem, en tant qu’Autorité administrative gère les conflits dans le but de trouver des solutions consensuelles ; cela fait partie de ses prérogatives en tant que représentant de l’Etat.

La CLTM exhorte les Autorités administratives à assumer leur responsabilité et d’agir avec plus de retenue et de modération dans des conflits de travail individuels ou collectifs, en respectant la Législation nationale et des Conventions internationales ratifiées afin que s’instaure un climat de paix et de confiance entre les différents acteurs.

Consciente de la gravité de la situation, la CLTM reste disposée à ne ménager aucun effort pour trouver une solution consensuelle et équitable avec les Autorités administratives dans l’intérêt des boulangers et de la population afin de préserver la paix sociale.

Fait à Nouakchott, le 10 août 2017

Le Bureau Exécutif



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