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On n'est pas encore guérie (Libre Expression)
Adama NGAIDE - Nous étions nombreux à penser, qu’Août 2005, abrégerait nos souffrances via des changements politiques profonds qui déboucheraient, entre autres, sur une réconciliation nationale, préalable d’un état de droit.
Nous sommes 2018, 13 ans après, des signes annonciateurs de récidives politiques se pointent. Les mauritaniens peinent à comprendre que nous ne sommes point guéries de notre maladie politique causée par l’élite politique au point que des questions continuent nous « tourner l’esprit » : Où sont les blocages ?
Quelles sont vraiment les vraies problématiques et les priorités ? Quel rôle devrait jouer l’opposition ? Quid de celui de la diaspora ? Qu’en est-il de la société en général, les femmes, la jeunesse, les intellectuels, les marabouts, les chefs coutumiers, les étudiants, les élèves, les travailleurs ?
A notre avis, les causes préjudicielles à la démocratie en Mauritanie, vont au-delà du problème des « élections présidentielles de 2019 » dont les résultats sont déjà pipés, et dont le candidat est déjà connu et je me permets, à la Selbe Ndom, de prédire ! C’est Ould Aziz qui sera « réélu » ou alors une marionnette de l’ethnie arabe et peu probablement une marionnette négro-africaine ou harratine.
Pour se rendre à l’évidence une telle « prédiction », il suffit de consulter notre histoire politique très récente pour y glaner un exemple édifiant celui de « l’élection » de SIDIOCA. Au palais des congres, il était clair et net que ce dernier était le candidat des militaires. Les résultats de son élection étaient fabriqué d’avance pour qui connait l’industrie du vol qui blinde le ministère de l’Intérieur, les techniques de chantage de d’achat des consciences, celles du bourrage des urnes (Koboni), toutes choses dont l’élite dirigeante n’a jamais hésité de faire usage.
Au lendemain de son élection, le système a mis en branle une batterie de tromperies. La même année (2005), on annonce le « retour » des réfugiés, on lance les pompeuses et fumeuses journées de Concertation. Ces actes étaient perçus, à tort, comme des signes révélateurs d’un président incarnant la sagesse et le changement. Nous vivions alors les premiers jours de l’arrivée étonnante d’un Homme inconnu du paysage politique : SIDIOCA. Un Homme dont on raconte de bonnes choses quand il était au lycée, à l’université (Un Homme mesuré, pas raciste, très pieux et versé dans la Tijania et de surcroit Niassène). Qu’à cela ne tienne ! En effet, ce qui était ici en jeu c’est point l’Homme mais la plus haute fonction qu’il exerçait et ses capacités a incarné l’institution. Le choix porté sur SIDIOCA n’était pas fortuit et constituait une tromperie voire même un piège tendu aux crédules et aux opportunistes.
C’est cette technique de tromperie qui sera mise en place lorsqu’une mission gouvernementale fut dépêchée pour séduire les réfugiés et les organisations humanitaires le long de la vallée du Fleuve Sénégal conduite par des négro-africains dont le choix n’était pas non plus fortuit.
Et derrière toute cette vaste campagne d’alors, se cachaient mal les manipulations de militaires qui veillaient au grain. En effet, ils surveillaient l’homme qu’ils ont parrainé au palais des Congrès et dont l’élection n’a été que la conséquence évidente des techniques de trucage, de bourrage des urnes grâce à la machine administrative composée de Walis et de Hakems (j’abhorre cette nouvelle terminologie administrative) sans oublier les collatéraux que sont ces vieux loups qui refusent d’aller à la retraite TOUS manipulables et corvéables à satiété.
A l’extérieur, la diaspora avait eu « l’honneur » d’être reçue. On se rappelle de ce tête-à-tête FLAM/SIDIOCA, Conscience/Résistance. Toutes ces deux organisations seront par la suite charcutées et saucissonnées au point qu’il devient LEGITIME de se poser des questions.
A paris et à New-York, les « radicaux » et les « excités » mais aussi les « non alignés » eurent droit au microphone. Qui, pour écouter le nouveau rais, qui pour mettre en exercice les talents combien partagés d’opportunistes en quête d’emplois, qui pour un simple vagabondage politique. Cette opération de charme bien planifiée et bien mûrie par les stratèges du palais ocre n’aura vécu que le temps nécessaire pour charcuter une opposition « radicale » et « excitée » qui s’est sabordée à cause de ses incohérences répétées.
Cette naïveté ira crescendo lorsque les rues de Paris, de New-York sont occupées par des gens qui pleuraient le départ de SIDIOCA évincé par son parrain Ould Abdoul Aziz aujourd’hui aux commandes et à UN an d’un mandat dont le renouvellement est prohibé par une constitution qu’il s’est taillée sur mesure.
Mais attendons de voir ! Parce que les autorités mauritaniennes (Hakems, Walis, Généraux, Députés, anciens sénateurs au chômage, anciens hakems, nouveaux millionnaires, chefs de village, nouveaux chefs de village) ont un génie celui de la faculté dont ils sont les seuls dépositaires à savoir la manipulation de la LOI FONDAMENTALE et des consciences. Ils se sont TOUS déchainés sur l’ensemble du territoire, transformant ce dernier en un supermarché où on vient acheter et vendre des êtres humains.
Il est clair que SIDIOCA ne fût qu’un président qui aura été le meilleur contributeur à l’étouffement des questions de fond longtemps revendiquées. Son tombeur a mis en place une panoplie de mesures bricolées qui n’avaient aucun impact sur les questions de fond.
Et entre les deux rais susmentionnés, n’oublions jamais la transition de feu Colonel Ely Ould VALL. Une autre tromperie, une grande farce escamotée du « fardeau » du « passif humanitaire » et des « sujets fâcheux » chers à l’ancien directeur de la SNIM. Sujets fâcheux qui ne faisaient pas le goût de certains intellectuels arabes mais aussi de certains partis politiques tels que UFP et TAWASSOUL. Voix politiques discordantes qui voulaient rendre l’AJD/MR aphone, parti qui avait pris acte de ce que les mauritaniens appelaient alors COUP D’ETAT contre le seul président démocratiquement élu ! Diantre.
Le président de l’AJDMR avait demandé le règlement de certains préalables avant l’organisation d’élections. Victime de l’hérésie des racistes mais surtout des coups fourrés de ses alliés naturels offusqués qu’ils étaient de la pertinence d’un discours qu’ils auraient voulu porté ; L’AJD/MR avait pourtant pris une position et un discours qui nous rattrapent. Hélas ! La suite est connue : la transition fut bâclée, une élection présidentielle truquée, un chef d’état diminué et surveillé et finalement demis de ses fonctions. Et ensuite, le tombeur de SIDIOCA est aujourd’hui piégé par la fin imminente de ses deux termes.
Pour nous distraire, le général externalise les crises via des provocations répétées infligées au Sénégal, un « petit pays » émergent, démocratique, ouvert et accueillant qui a l’antipode de cette belle RIM où la politique est synonyme de mensonge, de tueries, d’achat de consciences et d’enrichissement illicite.
Or, nos problèmes dépassent la mécanique électorale pour épouser des questions plus délicates, celles-là structurelles, ayant depuis longtemps façonnées les institutions et les Hommes en charge de la gestion de l’état. Nous sommes, en Mauritanie, dans une dictature habillée en démocratie.
A notre humble avis l’opposition doit remettre à plat ses manières de pratiquer la politique. Elle doit accepter de faire une évaluation objective de son parcours pour en arriver à un bilan. Ensuite faire l’inventaire honnête et conséquent des problématiques pour sauver ce pays.
Si l’état a pu pendant plus de ½ siècle faire de l’exclusion sa politique et si l’état continue de bâcler à loisir les questions de fond, c’est sûrement quelque part le résultat assez fameux de nos manières de nous opposer. Il est urgent que l’opposition s’engage à créer TOUT DE SUITE ET MAINTENANT un cadre large de concertation dans lequel l’AJD/MR, a la lumière de son projet de société, devrait jouer un RÔLE DE PREMIER PLAN.
ADAMA NGAIDE. AJD/USA