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ECODEV organise une journée sur la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent sur le modèle mauritanien [Photo/REPORTAGE]
EN BREF | #Cridem – Dans le cadre du projet « SELAM », financé par le Fonds mondial pour l’engagement de la communauté et la résilience (GCERF), l’ONG ECODEV a organisé, mardi 31 mars 2026, à Nouakchott, une conférence nationale sur la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent sur le modèle mauritanien, en partenariat avec SOS EXCLUS et CELLRAD.
Deux panels ont marqué cette rencontre. Le premier a porté sur l’approche de leadership religieux et traditionnel et l’action communautaire contre la radicalisation. Le second a planché sur les rôles pour les communautés (acteurs locaux, leaders communautaires, OSC, jeunes et femmes) dans la prévention de la radicalisation de l’extrémisme violent.
Dans un mot introductif, Moustapha Ould Youmbeube, représentant Mécanisme de soutien Pays, a vanté l'approche de la Mauritanie en matière de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent. Il a estimé que cette expérience est un modèle à suivre pour réaliser la sécurité et la stabilité en Afrique, notamment dans la région du Sahel.
A son tour, Baye Oumar Niass, Coordinateur Programme à l’ONG ECODEV, a fait une présentation du projet « SELAM ». Le projet s’appuie sur trois objectifs principaux.
Premièrement, promouvoir le modèle mauritanien de prévention de l’extrémisme violent et déconstruire le discours violent radical aux yeux des groupes cibles du programme.
Deuxièmement, identifier les besoins des groupes cibles (jeunes et femmes) en appuis techniques et financiers et les accompagner dans la réalisation de leurs « initiatives » promouvant ainsi leur résilience face aux facteurs favorables à la radicalisation et à l’extrémisme violent.
Troisièmement, améliorer la « réponse locale » face aux menaces de la radicalisation et de l’extrémisme violent en favorisant la concertation, la structuration et la capacitation de la société civile locale.
Présente à cette rencontre, la Conseillère régionale du GCERF, Mme Sarra Ahmed Kelly Cheikh Sidiya a notamment attiré l’attention sur le fait que la prévention de l’extrémisme violent ne commence pas avec la sécurité.
« Elle commence dans les communautés, souligne-t-elle. Elle commence lorsqu’un jeune manque d’opportunités. Lorsqu’il n’y a pas d’espace pour s’exprimer. Lorsqu’un sentiment d’injustice ou de marginalisation s’installe. Et ces réalités sont bien présentes dans certaines zones de notre pays, notamment dans les pays zones frontalières où l’on observe : des vulnérabilités socio-économiques importantes, un accès limité aux services et un manque d’espaces de dialogue communautaire. Mais et c’est un point fondamental, ce sont ces mêmes communautés qui détiennent les solutions. »
Dans son intervention, la Conseillère régionale du GCERF rappellera que la Mauritanie est aujourd’hui citée comme un exemple de résilience dans la région du Sahel, grâce notamment à cette approche équilibrée associant État, communautés et leaders religieux.
Cette conférence nationale a été sanctionnée par plusieurs recommandations. Les débats ont été suivis par des témoignages des jeunes bénéficiaires du projet "SELAM".
Pour rappel, le projet « SELAM » intervient dans la wilaya du Hodh Chargui notamment dans les cinq communes frontalières de Djiguenni, Mabrouk, Amourj, Boughadoum et Néma.
PAR CRIDEM
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