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31-08-2026

06:29

Enseignants à moto : entre nécessité de vivre et contraintes administratives, un appel aux autorités

Je m’adresse respectueusement aux autorités compétentes, et plus particulièrement à Madame Houda Mint Babah, ministre de l’Éducation nationale et de la Réforme du système éducatif, pour attirer leur attention sur une situation devenue préoccupante pour de nombreux enseignants et professeurs.

Nous sommes des enseignants qui utilisons nos motos pour nous déplacer. Ces motos disposent de tous les documents nécessaires : permis de conduire, carte grise et assurance.

Pourtant, malgré notre volonté de respecter les lois et les règles en vigueur, nous sommes régulièrement confrontés à des difficultés qui nous empêchent de circuler et de travailler sereinement.

Pourquoi nous empêcher de travailler lorsque nous sommes en règle ?

Des enseignants sont arrêtés et contraints de verser de l’argent au nom d’une prétendue autorisation dont les conditions d’obtention, voire même l’existence et l’autorité qui la délivre, restent pour beaucoup d’entre nous particulièrement floues.

Cette situation est profondément injuste.

Nous comprenons parfaitement que les autorités doivent prendre des mesures face aux actes criminels ou aux violences qui peuvent être commis avec des motos. Une réglementation peut être nécessaire, voire urgente. Mais il ne faudrait pas mettre tous les utilisateurs de motos dans le même panier.

Nous sommes des professeurs responsables, respectueux des lois et soucieux de leur métier. Nous ne sommes ni des voleurs ni des bandits. Nous cherchons simplement, comme tout citoyen, les moyens de vivre dignement dans notre pays.

La vie devient de plus en plus difficile. La hausse du coût de la vie pèse lourdement sur les ménages et nous oblige à chercher des moyens supplémentaires pour subvenir à nos besoins. Nous utilisons nos motos pour nous rendre paisiblement à nos cours, tantôt à domicile, tantôt dans des centres où nous dispensons des enseignements afin de gagner notre pain quotidien.

Et bientôt, ce sera la rentrée scolaire.

Imaginons un enseignant qui habite à Basra ou à Kouva, mais qui est affecté dans un établissement au Ksar, à Arafat ou à Toujounine. Comment peut-il se rendre quotidiennement à son lieu de travail sans un moyen de transport accessible ?

Le transport coûte extrêmement cher. C’est justement pour résoudre ce problème que certains d’entre nous ont investi leurs économies dans l’achat d’une moto. Nous avons payé nos motos, leurs documents et leur entretien afin de pouvoir nous déplacer et exercer notre métier dans de meilleures conditions.

Il est donc difficilement compréhensible qu’après avoir fait tout ce qui est nécessaire pour être en règle, nous soyons encore empêchés de nous en servir.

Nous ne demandons pas le privilège de contourner la loi. Nous demandons simplement le droit de travailler dans le respect de la loi.

C’est pourquoi nous lançons un appel solennel à Madame la Ministre de l’Éducation nationale et de la Réforme du système éducatif, Houda Mint Babah, ainsi qu’à l’ensemble des autorités compétentes.

Nous leur demandons de bien vouloir intervenir pour clarifier cette situation, protéger les enseignants en règle et trouver une solution juste et durable.

Nous sommes prêts à respecter toute réglementation claire, raisonnable et applicable à tous. Mais nous souhaitons également que notre situation particulière soit prise en considération.

Un enseignant qui cherche simplement à rejoindre ses élèves ne devrait pas être considéré comme un délinquant.

Nous voulons travailler.

Nous voulons nous déplacer en paix.

Nous voulons respecter la loi.

Nous voulons simplement vivre dignement de notre travail.

À l’approche de la rentrée scolaire, nous espérons que notre appel sera entendu et qu’une solution sera trouvée rapidement.

Par Amadou Bakary COULIBALY,
professeur de français





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