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06-10-2026

07:55

Sonatrach prépare son entrée au Sénégal et en Mauritanie

L’GALERIE AUJOURD'HUI - Le groupe Sonatrach s’apprête à franchir de nouvelles étapes dans son déploiement sur le continent africain où, après le Niger et la Libye, il regarde, désormais, du côté du Sénégal et de la Mauritanie, deux marchés considérés comme porteurs dans un contexte de développement accéléré des ressources pétrolières et gazières de la région.

Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a confirmé cette nouvelle orientation, révélant que des préparatifs sont déjà engagés pour une présence de Sonatrach au Sénégal.

S’exprimant, hier, à Oran, en marge du Salon Napec, Mohamed Arkab a souligné l’ampleur des transformations attendues pour le groupe et les défis liés à son ouverture sur le marché africain. 

«Certes, de grandes transformations et de nombreux défis nous attendent avec Sonatrach et l’accès au marché africain. C’est l’un des plus grands défis de Sonatrach», a-t-il déclaré, citant les premières expériences du groupe sur le continent, en mettant en avant notamment le Niger et la Libye.

«Elle a commencé au Niger et a réussi, et maintenant elle mène de grands travaux au Niger et en Libye…», a-t-il indiqué. Mais la prochaine étape pourrait bien concerner l’Afrique de l’Ouest.

«Hier, nous avons discuté avec le ministre sénégalais de l’Energie et du Pétrole, Monsieur le directeur général de Sonatrach et moi, au sujet du Sénégal, parce que nous nous y préparons également et nous irons au Sénégal», a annoncé Arkab.

À cette perspective sénégalaise s’ajoute celle de la Mauritanie. «En Mauritanie… de grands horizons s’ouvrent à Sonatrach actuellement en Afrique», a-t-il précisé au sujet du pays voisin. Une formulation qui traduit l’élargissement progressif de la stratégie du groupe au-delà de ses implantations et activités traditionnelles.

Un partenariat appelé à se renforcer avec Dakar

Cette annonce intervient alors qu’Alger et Dakar viennent de renforcer leurs échanges dans le domaine énergétique. Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu, avant-hier, au siège de son département, le ministre sénégalais de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale et du développement du partenariat entre les deux pays.

Une rencontre qui a permis, selon le communiqué du ministère, de passer en revue l’état et les perspectives de la coopération dans le secteur des hydrocarbures. Les deux parties ont notamment examiné les possibilités de développer les échanges sur l’ensemble de la chaîne de valeur pétrolière et gazière, de l’exploration et de la production au développement des champs, au raffinage et aux industries pétrochimiques.

Selon le même communiqué, une attention particulière a été accordée au partenariat entre Sonatrach et la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen).

Les deux parties entendent s’appuyer sur les accords et protocoles d’accord déjà conclus, afin d’ouvrir de nouveaux horizons à l’investissement, au transfert d’expertise et à l’utilisation de solutions techniques avancées.

La coopération ne se limite toutefois pas aux investissements. La formation et le transfert de connaissances occupent également une place importante dans les discussions. L’Institut algérien du pétrole (IAP) et l’Académie de management de Sonatrach sont appelés à renforcer leurs échanges avec les instituts spécialisés sénégalais, notamment dans les domaines des cadres juridiques des hydrocarbures, de la gestion des données pétrolières, de la sécurité industrielle et de la protection de l’environnement.

Cette coopération intervient, faut-il le noter, alors que le Sénégal connaît de nouvelles découvertes et développe ses ressources pétrolières et gazières, notamment avec l’exploitation du champ de Sangomar et le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé avec la Mauritanie.

Pour Dakar, l’expérience algérienne constitue ainsi un atout pour accompagner la montée en puissance de son industrie énergétique.

Du Niger à la Mauritanie, une offensive continentale

Le Sénégal et la Mauritanie s’inscrivent dans une stratégie africaine plus large de Sonatrach. Au Niger, le groupe algérien a déjà consolidé sa présence à travers la reprise et l’accélération de plusieurs activités liées à l’exploration et à la production.

Des projets concernant notamment le bloc de Kafra et l’étude de faisabilité du bloc de Bilma témoignent de cette volonté d’inscrire durablement l’entreprise dans le paysage énergétique nigérien. Sonatrach a également renforcé sa coopération avec la Société nigérienne des produits pétroliers (Sonidep), à travers des protocoles d’accord portant notamment sur la recherche et la production, la formation ainsi que la réalisation de centres d’emplissage de gaz butane.

Cette expérience constitue un point d’appui pour le groupe dans sa volonté d’étendre ses activités à d’autres marchés africains.

En Libye, Sonatrach poursuit parallèlement la relance de ses activités d’exploration dans le bassin de Ghadamès, confirmant son retour progressif dans ce marché voisin. Ces différents ancrages donnent au groupe une base pour envisager une présence plus étendue, allant du Sahel à l’Afrique de l’Ouest et au nord du continent. Pour Mohamed Arkab, cette expansion doit surtout permettre à Sonatrach de faire valoir son expertise à l’échelle continentale.

«Il faut absolument que nous apposions la touche de Sonatrach en tant que plus grande entreprise en Afrique», a-t-il affirmé, avant d’insister sur la nécessité de soutenir «les activités de Sonatrach dans le domaine». Cette ambition s’inscrit directement dans les orientations du président Abdelmadjid Tebboune en faveur du renforcement des partenariats Sud-Sud et de la coopération africaine.

«Car il insiste sur le panafricain. Autrement dit, nous devons être Afrique-Afrique, et l’Algérie a toujours été pionnière dans ce domaine», a souligné Arkab.

Le ministre a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’intensifier la coordination entre les pays africains, notamment dans le cadre de l’Organisation africaine des pays producteurs de pétrole (APPO), afin de favoriser une exploitation optimale des ressources, de renforcer la sécurité énergétique du continent et de relever les défis liés à la transition énergétique et à la localisation des technologies.

Par S. Leslous





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