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Régularisations en Mauritanie: des migrants pointent «le temps de traitement» d’une demande de séjour
RFI AFRIQUE - En Mauritanie, depuis 2022, les autorités exigent une carte de séjour pour tous les migrants de nationalité étrangère. Mais obtenir cette carte relève du parcours du combattant.
Le 12 octobre, lors du lancement de deux réseaux de maires – l'un chargé de la migration et de l'asile, l'autre de la citoyenneté et de la cohésion sociale – les autorités ont affirmé que 136 000 étrangers ayant 85 nationalités différentes ont déjà été régularisés depuis 2022. Mais certains peinent toujours à obtenir cette carte.
En Mauritanie, tout migrant doit posséder une carte de séjour. C'est la règle imposée par les autorités depuis 2022, pour mieux contrôler la migration. Une régularisation qui n'est pas toujours simple.
Ibrahima vit à Nouakchott depuis 2020, il a fini par obtenir ses papiers. Mais au prix de longues démarches, explique-t-il : « Je suis en Mauritanie depuis 2020. Au début, c'était très difficile d'aller travailler, de circuler librement, sans la carte de séjour. Depuis que j'ai ma carte, je peux aller travailler, circuler librement, sans problème, sans avoir peur d'être arrêté par la police. Maintenant, ce qui est compliqué, c'est le temps de traitement. Parfois, ça prend plus de 3 à 4 mois avant de l’obtenir. »
Le gouvernement assure vouloir faciliter les voies légales
Pour Kalidou, arrivé il y a trois mois à peine, l'attente continue. Il n'a toujours pas reçu sa carte. « C'est long, souligne-t-il. Si, tout simplement, on avait la possibilité de déposer la demande durant plusieurs jours de la semaine. Mais on nous octroie une seule journée dans la semaine, alors qu'il y a plusieurs migrants. Parce qu’on dépose la demande uniquement les samedis. Et les samedis, si tout le monde vient, ça va être compliqué, parce que si on pouvait le faire les lundis, mardis, mercredis, bref les cinq jours de la semaine, ça nous faciliterait la tâche ».
Face à ces difficultés, le gouvernement assure vouloir faciliter les voies légales. Le ministre délégué a annoncé l'ouverture de 29 nouveaux points de passage frontaliers, portant le total à 82 dans tout le pays, pour limiter le recours aux voies informelles.
Avec notre correspondant à Nouakchott,
Moussa Oumar Barry