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Mauritanie : le coût du crédit et les limites du marché financier freinent l’investissement
LA DÉPÊCHE -
Le coût élevé du crédit et la faible diversification des sources de financement constituent des obstacles à l’investissement en Mauritanie.
Dans son rapport 2026 sur le climat des investissements dans le pays (Déclarations sur le climat des investissements 2026 : Mauritanie – Ambassade des États-Unis en Mauritanie), le département d’État américain met en évidence les difficultés structurelles du secteur bancaire, notamment les enjeux de transparence, de supervision et d’accès au financement.
Selon le document, le système bancaire est dominé par des établissements détenus par des familles, qui financent fréquemment des groupes commerciaux qui leur sont liés, une configuration susceptible de soulever des questions de gouvernance et de transparence des opérations.
Le secteur compte 18 banques locales, dont sept banques islamiques, ainsi que cinq établissements affiliés à des banques étrangères. Malgré cette présence bancaire, l’accès au financement demeure une contrainte pour les investisseurs.
Les taux d’intérêt élevés et la complexité des procédures administratives incitent notamment certains investisseurs étrangers à rechercher des financements hors de Mauritanie.
Cette situation souligne les limites du marché financier national, où les crédits bancaires restent la principale source de financement des investissements, faute d’un marché public actif des actions et des obligations à la mi-2026.
Face à ces contraintes, la création d’un marché financier national apparaît comme un levier potentiel pour soutenir le financement de l’économie. La loi adoptée en décembre 2024 prévoit la mise en place d’une Bourse de Nouakchott, d’une autorité de régulation des marchés financiers et d’infrastructures dédiées à la conservation des titres et à la sécurisation des transactions.
Pilotée par la Banque centrale de Mauritanie, cette réforme vise à ouvrir de nouvelles possibilités de financement à long terme pour les entreprises, tout en réduisant leur dépendance aux prêts bancaires.
À terme, le développement du marché des capitaux pourrait également favoriser la mobilisation de l’épargne et faciliter le financement de projets d’investissement.
(avec rapport)