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02-11-2026

17:30

Université islamique d’Aïoun : une nouvelle étape qui appelle un nouveau leadership

La perspective de transférer la tutelle de l’Université islamique d’Aïoun du ministère des Affaires islamiques vers le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique constitue une initiative importante, qui va dans la bonne direction. 

Elle représente une occasion historique de redonner à cette prestigieuse institution universitaire la place qui lui revient, de lui permettre de retrouver son rayonnement scientifique et académique et de devenir un pôle universitaire dynamique et compétitif, tant à l’échelle nationale que régionale.

Toutefois, l’équité commande de reconnaître que, depuis près de deux décennies, l’Université est restée en deçà du niveau de ses établissements homologues, tant au niveau national que dans la sous-région.

Elle n’a pas réussi à accompagner les transformations qu’a connues le secteur de l’enseignement supérieur, ni à tirer pleinement profit des moyens et des opportunités disponibles pour assurer son développement.

Ce constat ne saurait être dissocié des insuffisances de la gestion administrative et académique, ainsi que de l’absence d’une vision ambitieuse chez les différentes équipes dirigeantes qui se sont succédé à sa tête.

L’un des indicateurs les plus révélateurs de cette situation est qu’en près de vingt années d’existence, l’Université n’a procédé au recrutement d’aucun enseignant-chercheur titulaire, alors même que le secteur national de l’enseignement supérieur a connu, durant cette période, plusieurs vagues de recrutement, des extensions importantes ainsi que la création de nouveaux établissements et de nouvelles filières.

Tout se passe comme si cette Université était restée en marge de la dynamique de développement du secteur, ou comme si le pays, pourtant riche de compétences scientifiques et académiques, était incapable de lui fournir des enseignants qualifiés pour contribuer à la construction et au rayonnement de cet établissement.

Plus surprenant encore, le président actuel de l’Université, qui y a consacré seize années à des fonctions de direction, dont huit ans en qualité de vice-président et huit ans en qualité de président, aspire aujourd’hui à conduire la phase de transition sous la nouvelle tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur. Une telle ambition ne peut manquer de soulever des interrogations légitimes au regard du bilan de ces longues années : quelles réalisations ont été accomplies ? Quels dysfonctionnements persistent ? Et quelles sont les raisons du retard accumulé par l’Université ?

La prochaine étape ne saurait se limiter à un simple changement de département de tutelle, tout en maintenant les mêmes mentalités, les mêmes responsables et les mêmes méthodes qui ont contribué à l’enracinement de la situation actuelle. Une véritable réforme commence par la reconnaissance des insuffisances et exige un renouvellement des équipes dirigeantes, ainsi que la désignation d’une direction disposant des compétences, de l’expérience, de la vision et de la capacité nécessaires pour engager une véritable transformation institutionnelle et académique.

Dans le même esprit d’équité et d’égalité des chances, il est essentiel d’ouvrir davantage l’accès aux responsabilités aux compétences universitaires originaires de la wilaya du Hodh El Gharbi, qui ont acquis une solide expérience scientifique et une expertise reconnue en matière de gestion. Il est en effet légitime qu’elles puissent contribuer à la gouvernance de cette institution et y exercer des responsabilités de premier plan.

Il serait difficilement acceptable que cette région dispose de compétences universitaires reconnues pour leurs qualifications et leur expérience, tout en les maintenant à l’écart de la gestion d’un établissement académique implanté sur son territoire, alors que celui-ci devrait constituer un véritable levier scientifique et de développement pour la région et pour l’ensemble du pays.

Aujourd’hui, l’Université islamique d’Aïoun n’a pas besoin de prolonger une étape révolue, mais bien d’en inaugurer une nouvelle. Elle n’a pas besoin de reproduire la même expérience, mais de se doter d’un leadership capable de redresser sa trajectoire et de lui permettre de retrouver son rôle et sa vocation.

Il est tout simplement incohérent d’attendre de cette Université qu’elle se relève et se transforme, tout en voulant la maintenir sous la direction d’une équipe qui, en seize années de responsabilités, n’a pas réussi à lui faire atteindre le décollage scientifique et académique tant attendu.

Brahim O. Saleh
Écrivain et analyste





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