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Propreté à Nouakchott : ARMA, un nouvel échec en perspective ?
LE RÉNOVATEUR QUOTIDIEN -
Après Pizzorno et la Société mauritanienne de traitement des déchets (SMTD), ARMA se retrouve à son tour sous le feu des critiques.
La succession des opérateurs n’a manifestement pas permis de résoudre durablement le problème de l’insalubrité dans la capitale. Au-delà du sort de l’entreprise, c’est la pertinence de toute la politique d’assainissement qui mérite d’être réexaminée.
La propreté de Nouakchott, un défi récurrent pour les pouvoirs publics
La réunion présidée samedi par le ministre de l’Intérieur, El Mokhtar Ould Ahmed Bouseif, en apporte une nouvelle illustration. Les prestations d’ARMA, chargée des opérations de nettoyage, sont jugées insuffisantes. Les autorités pointent des dysfonctionnements dans la collecte et l’évacuation des déchets, ainsi qu’un respect insatisfaisant des engagements contractuels.
Les trois walis de la capitale ont été appelés à renforcer leurs interventions et à présenter des mesures correctives. Le ministre a également demandé de préparer des solutions alternatives avant l’expiration, fin décembre 2026, du délai accordé à l’entreprise pour redresser ses performances. Une éventuelle rupture du contrat se profile donc, sans que les conditions d’une transition soient encore clairement établies.
Les opérateurs changent, les difficultés persistent
le précédent Pizzorno, dont le départ en 2014 avait été marqué par des différends financiers avec l’État, reste révélateur des fragilités du secteur. La SMTD avait ensuite porté une nouvelle expérience nationale, avant une recomposition du dispositif contractuel impliquant notamment SOS NDD et ARMA, entrée en activité en 2025.
Aujourd’hui, les mêmes interrogations ressurgissent. Comment expliquer que plusieurs expériences successives n’aient pas permis d’installer un service régulier et performant ? Le problème tient-il uniquement aux opérateurs ou également aux conditions dans lesquelles les marchés sont attribués, financés et contrôlés ?
Car la collecte ne constitue qu’un maillon de la chaîne. La disponibilité des équipements, l’organisation des décharges, les capacités de traitement et le contrôle des prestations conditionnent tout autant l’efficacité du dispositif. Les difficultés liées aux sites provisoires et à l’exploitation de "Tiférite" illustrent ces contraintes.
La responsabilité des entreprises ne saurait occulter celle des pouvoirs publics. Un contrat exigeant suppose un contrôle rigoureux, des obligations mesurables, des paiements réguliers et une répartition claire des responsabilités entre l’État, les walis et les communes.
La responsabilisation des ménages, des commerçants et des entreprises de construction est également indispensable pour combattre les dépôts anarchiques. À plus long terme, Nouakchott devra intégrer le tri, le recyclage et la valorisation des déchets dans une véritable stratégie d’assainissement.
L’éventuel départ d’ARMA ne serait donc pas une solution en soi. Sans réforme de la gouvernance, des infrastructures et du financement, son remplacement risque de reproduire les difficultés rencontrées par ses prédécesseurs.
Nouakchott n’a pas seulement besoin d’un nouvel opérateur. Elle a besoin d’une politique de propreté cohérente et durable. Autrement, le départ d’ARMA ne fera qu’ouvrir un nouveau chapitre d’une histoire qui se répète.