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02-04-2026

12:39

Déclaration du député Khally Mamadou Diallo

L’augmentation du prix du gaz domestique jusqu’à 70 %, combinée à deux hausses successives des carburants en moins d’un mois traduit une gestion improvisée, dépourvue de vision, marquée par un amateurisme préoccupant et une incapacité manifeste à anticiper.

Ces décisions constituent une atteinte directe au pouvoir d’achat des citoyens, déjà fragilisé, et témoignent d’un profond mépris pour leurs conditions de vie.

Mais au-delà de leur brutalité, elles révèlent surtout une logique inquiétante à faire porter aux citoyens le poids des déséquilibres économiques et des défaillances publiques.

Cette situation met en lumière une absence flagrante de prévision et d’anticipation. Les tensions sur les marchés énergétiques, notamment liées aux crises internationales et aux conflits au Moyen Orient n’ont rien d’imprévisible. Elles étaient connues, documentées et largement anticipables.

Un État responsable aurait dû s’y préparer en constituant des stocks stratégiques, en diversifiant ses sources d’approvisionnement, en mettant en place des mécanismes d’amortissement et en planifiant des ajustements progressifs plutôt que des hausses brutales.

Rien de tout cela n’a été sérieusement engagé. À la place, on assiste à une réaction tardive, désordonnée et brutale, révélatrice d’une gouvernance sans cap, incapable de prévoir et contrainte de subir.

Cette absence d’anticipation est d’autant plus grave que la population fait déjà face à une cherté de la vie persistante, à un pouvoir d’achat en déclin et à un horizon économique de plus en plus incertain. Dans ce contexte, ces mesures sont profondément irresponsables.

La véritable réforme ne consiste pas à solliciter davantage des citoyens déjà à bout. Il fallait s’attaquer aux causes structurelles des déséquilibres : mettre fin à l’hémorragie de la corruption, récupérer les fonds détournés, réduire les dépenses excessives de l’État et redéfinir clairement les priorités budgétaires.

Gouverner, ce n’est pas réagir dans l’urgence, c’est prévoir, organiser et protéger.

Lorsqu’un État échoue à gérer ses ressources, à anticiper les crises et à demander des comptes aux responsables des dérives, il ne peut pas légitimement demander aux citoyens d’en payer le prix. Faire supporter ces charges à la population devient alors un aveu d’échec.

Le citoyen n’est ni une variable d’ajustement budgétaire, ni une caisse ouverte destinée à combler les déficits des politiques publiques, ni un bouc émissaire sur lequel faire porter les erreurs de gouvernance.

Persister dans cette voie, c’est aggraver la crise sociale, nourrir les tensions et éroder davantage une confiance déjà fragile.

C’est surtout démontrer qu’au lieu de gouverner avec responsabilité et anticipation, on se contente de subir les événements avant d’en transférer le coût à la population.

Khally Mamadou Diallo

Le Député du peuple





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