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03-11-2026

16:05

Contribution au Forum des Mauritaniens de l'extérieur

Nouakchott, 29, 30 et 31 octobre 2026

Pour un partenariat durable entre la Mauritanie et ses communautés établies à l’étranger

1. Présentation de Passerelles Mauritanie

Passerelles Mauritanie est une association citoyenne qui se veut un espace de dialogue, de réflexion, de propositions et d’action, au service du développement de la Mauritanie.

Elle a pour ambition de contribuer à la mobilisation des compétences, des expériences, des initiatives et des réseaux des Mauritaniens, à l’intérieur du pays comme à l’étranger, afin de favoriser leur participation à la construction de l’avenir national.

Sa démarche repose sur la conviction que la diaspora constitue une richesse humaine, intellectuelle, professionnelle, culturelle et économique dont la contribution peut être davantage structurée et valorisée.

Passerelles Mauritanie entend agir dans un esprit d’ouverture, de complémentarité et de coopération avec les institutions publiques, les collectivités territoriales, les universités, les entreprises, les associations et les partenaires au développement. Son approche privilégie des initiatives concrètes, progressives et mesurables, fondées sur la mobilisation des compétences et la mise en relation des acteurs.

2. Notre vision de la contribution de la diaspora

Le Forum des Mauritaniens de l’extérieur représente une occasion importante de consolider le dialogue entre l’État et ses ressortissants établis à l’étranger et de définir les bases d’un partenariat durable.

Pour Passerelles Mauritanie, ce partenariat devrait s’appuyer sur trois orientations complémentaires :

• Reconnaître la diversité des contributions de la diaspora : au-delà des transferts financiers, valoriser les connaissances, les savoir-faire, les expériences professionnelles, les capacités d’investissement et les réseaux.

• Organiser la rencontre entre les compétences disponibles et les besoins du pays, grâce à des outils d’identification, de mise en relation et de coopération.

• Passer de la concertation à l’action, grâce à des responsabilités définies, des échéances, des mécanismes de suivi et des indicateurs de résultats.

3. Trois projets structurants proposés par Passerelles Mauritanie

A. La Banque des compétences

La Banque des compétences vise à identifier, répertorier et mobiliser les compétences des Mauritaniens, au pays comme à l’étranger. Elle concernerait les universitaires, chercheurs, cadres, professionnels, entrepreneurs, techniciens, artisans et personnes ayant acquis des savoir-faire par l’expérience.

• Identifier les expertises disponibles et les domaines d’intervention ;

• Recueillir les besoins exprimés par les institutions, les établissements de formation et les acteurs économiques ;

• Organiser des missions d’expertise, des formations, des interventions à distance et des coopérations professionnelles ;

• Favoriser le transfert de connaissances et d’expériences sans conditionner la contribution à un retour définitif au pays.

Proposition : expérimenter un mécanisme de mobilisation des compétences avec des institutions volontaires, à partir de besoins clairement identifiés.

B. La Banque nationale des projets

La Banque nationale des projets aurait pour vocation de constituer un répertoire structuré des initiatives et projets de développement en Mauritanie. Elle permettrait d’identifier les projets existants ou envisagés, leurs besoins techniques et financiers et les possibilités de partenariat. Son développement pourrait s’appuyer sur des points focaux au sein des institutions intéressées, ainsi que sur les collectivités, les organisations professionnelles et les porteurs de projets.

Proposition : élaborer un modèle de fiche de projet et lancer un répertoire pilote facilitant la mise en relation entre porteurs de projets, compétences techniques et partenaires potentiels.

C. Le Réseau national des mentors

Le Réseau national des mentors vise à organiser la transmission des savoirs, des compétences et des expériences entre les générations. Il mobiliserait des professionnels, cadres actifs ou retraités, universitaires, entrepreneurs et experts volontaires pour accompagner les jeunes, étudiants et porteurs de projets dans leur orientation, formation, préparation à l’emploi, entrepreneuriat et développement professionnel.

Proposition : lancer une première expérience pilote associant un groupe limité de mentors et de jeunes bénéficiaires, avant un éventuel élargissement.

4. Contributions proposées aux huit ateliers du Forum

Passerelles Mauritanie souhaite apporter une contribution transversale aux ateliers, en complémentarité avec les programmes et dispositifs existants. Les recommandations ci-après intègrent celles retenues lors de la réunion préparatoire du 18 octobre 2026.

Atelier 1 : Transferts de fonds et investissement

• Créer, dans le cadre de la Banque nationale des projets, un répertoire de projets documentés et faciliter leur mise en relation avec les investisseurs mauritaniens de l’extérieur.

• Inviter la Banque centrale de Mauritanie (BCM) et le ministère chargé de l’Économie à examiner des mécanismes de transferts de fonds réguliers, sécurisés et à coût réduit ; étudier à cet égard l’expérience antérieure d’une antenne de la BCM au consulat de Paris, citée lors de la réunion préparatoire.

• Améliorer l’accès au foncier urbain et rural pour les projets portés par les Mauritaniens de l’extérieur, notamment les projets d’investissement productif et les coopératives agricoles.

• Prévoir, pour les Mauritaniens de l’extérieur, des dispositifs d’attribution de terrains urbains et ruraux à prix accessibles, assortis de facilités de paiement transparentes, notamment pour les projets résidentiels, agricoles et productifs.

Atelier 2 : Compétences et coopération scientifique

• Mettre en place une Banque des compétences destinée à identifier les expertises des Mauritaniens de l’extérieur et à les rapprocher des besoins des institutions nationales.

• Organiser, sur la base de demandes concrètes, des missions d’expertise, des collaborations scientifiques, des formations et des interventions à distance, y compris sans retour définitif au pays.

Atelier 3 : Éducation, identité et cohésion familiale

• Développer des ressources éducatives et culturelles adaptées aux enfants de la diaspora, avec l’appui d’un réseau d’enseignants et de professionnels volontaires.

• Garantir et faciliter l’enregistrement à l’état civil des enfants de la diaspora, conformément aux engagements pertinents de la Convention relative aux droits de l’enfant.

• Simplifier, pour les familles de retour, les démarches d’inscription ou de réinscription des enfants dans les établissements scolaires mauritaniens, ainsi que l’obtention des documents et du numéro national d’identification nécessaires.

• Améliorer l’information et l’accompagnement des familles concernant les démarches d’état civil et les outils numériques disponibles, notamment l’application HOUWIYETI.

• Associer des représentants de la diaspora aux réflexions du Haut Conseil de l’Éducation sur les politiques éducatives et, en particulier, les difficultés rencontrées par les enfants revenant de l’étranger.

• Faciliter l’accès des membres de la diaspora aux concours publics et aux offres d’emploi en Mauritanie, grâce à une diffusion accessible à l’étranger, à des procédures de candidature à distance et à une information claire sur les conditions d’éligibilité.

• Étudier avec prudence les projets d’enseignement en ligne à destination de la diaspora, notamment l’idée d’une « école républicaine en ligne », en tenant compte des moyens et des besoins prioritaires du système éducatif national.

Atelier 4 : Services consulaires et état civil

• Élaborer un guide consulaire numérique harmonisé, clair et régulièrement mis à jour, ainsi qu’un dispositif de remontée des difficultés rencontrées par les usagers.

• Faciliter l’accès à l’état civil pour les Mauritaniens dont la situation administrative doit être régularisée, notamment ceux qui n’ont pas participé au recensement de 1998, dans le respect des règles applicables et après vérification des situations individuelles.

• Organiser des missions mobiles d’état civil dans les zones de forte concentration de ressortissants, notamment en Belgique et dans d’autres villes européennes, afin de ne pas limiter les démarches à Paris.

• Installer une antenne mobile d’enrôlement à Bruxelles, selon un calendrier communiqué aux ressortissants, dans le cadre du déploiement des missions mobiles d’état civil.

• Demander le rétablissement ou l’affectation d’un consul général à Paris afin de renforcer la capacité d’accueil et de traitement des demandes.

• Étendre le réseau consulaire en ouvrant de nouveaux consulats dans les villes et pays d’accueil où résident de fortes communautés mauritaniennes, sur la base d’une évaluation des besoins et des volumes de démarches.

• Renforcer l’accompagnement social dans les consulats, notamment par la présence d’assistantes sociales au bénéfice des personnes et familles en difficulté.

Atelier 5 : Droits et participation politique

• Identifier les obstacles pratiques à l’exercice des droits civiques et politiques des Mauritaniens établis à l’étranger et instaurer un dialogue institutionnel régulier.

• Demander une augmentation du nombre de députés représentant les Mauritaniens de l’extérieur (quatre sièges selon les doléances recueillies), en tenant compte de la répartition géographique des communautés et des modalités légales de représentation.

• Multiplier les centres et bureaux de vote à l’étranger, selon les besoins des communautés et les règles électorales applicables, pour faciliter l’exercice effectif du droit de vote.

Atelier 6 : Tourisme, mobilité et investissement touristique

• Mobiliser les réseaux de la diaspora pour promouvoir les initiatives touristiques, accompagner les investissements et développer des partenariats professionnels.

• Examiner des facilités de visa et d’entrée sur le territoire pour les familles des Mauritaniens de l’extérieur, notamment lorsque certains membres ne disposent pas de la double nationalité, en tenant compte des contraintes des familles nombreuses.

• Étudier la mise en place aux aéroports de files ou circuits d’accueil distincts ou prioritaires pour les Mauritaniens de l’extérieur, afin de faciliter leurs déplacements et retours au pays.

• Étudier une exonération exceptionnelle et non renouvelable des droits de douane pour l’importation d’un véhicule par les Mauritaniens de l’extérieur, sous réserve de critères d’éligibilité et de modalités d’application clairement définis.

Atelier 7 : Structuration des communautés mauritaniennes de l’extérieur

• Créer un Haut Conseil de la diaspora, organe permanent de concertation, de représentation et de proposition entre l’État et les Mauritaniens de l’extérieur. Ce Haut Conseil serait rattaché à la Primature et son bureau serait nommé par décret présidentiel. Sa composition, ses attributions et ses modalités de fonctionnement devraient garantir une représentation diversifiée des communautés mauritaniennes établies à l’étranger.

• Mettre en place un mécanisme partagé de suivi des recommandations du Forum, avec des responsables identifiés, des échéances et une communication régulière sur les progrès réalisés.

• Organiser un « Mauritanian Day » itinérant, accueilli à tour de rôle dans différents pays de résidence, afin de valoriser la culture mauritanienne dans sa diversité et de renforcer les liens entre les communautés mauritaniennes de l’extérieur et le pays.

Atelier 8 : Jeunes et étudiants de la diaspora

• Développer un parcours d’accompagnement associant orientation, mentorat, stages, insertion professionnelle, emploi et entrepreneuriat, en lien avec le Réseau national des mentors.

• Favoriser la participation de jeunes et de représentants de la diaspora aux consultations sur les politiques d’éducation et de formation, notamment auprès du Haut Conseil de l’Éducation.

• Faciliter l’accès à une information fiable sur les études et les démarches administratives lors d’un retour ou d’une installation en Mauritanie.

• Promotion de l’excellence scolaire : Instituer un programme de bourses d’excellence au profit des enfants de la diaspora, prévoyant une à deux bourses par pays de résidence, attribuées selon des critères de mérite transparents et une moyenne minimale à définir. Cette initiative viserait à récompenser les performances scolaires et universitaires, à encourager la réussite éducative et à renforcer les liens des jeunes générations avec la Mauritanie.

• Organiser et soutenir financièrement des colonies de vacances pour les enfants des Mauritaniens de l’extérieur, favorisant la découverte de la Mauritanie, les échanges culturels et les liens intergénérationnels.

5. Pour un mécanisme permanent de suivi des recommandations

Passerelles Mauritanie considère que l’un des principaux enjeux du Forum sera de garantir la continuité des échanges et la mise en œuvre progressive des recommandations retenues. Elle propose que ses conclusions soient accompagnées d’une feuille de route opérationnelle précisant, pour chaque action prioritaire :

• L’objectif et le résultat attendu ;

• L’institution responsable et les partenaires associés ;

• Le calendrier indicatif de mise en œuvre ;

• Les ressources ou conditions nécessaires ;

• Les indicateurs permettant d’apprécier les progrès réalisés.

Le Haut Conseil de la diaspora proposé, doté d’un bureau nommé par décret présidentiel, pourrait constituer le cadre institutionnel permanent de concertation et de suivi des recommandations du Forum. Des rencontres périodiques permettraient de faire le point sur les engagements, d’identifier les difficultés, d’ajuster les actions et de rendre compte des progrès réalisés.

6. Engagements de Passerelles Mauritanie et modalités de contribution au Forum

Dans la limite de ses moyens et sous réserve des partenariats nécessaires, Passerelles Mauritanie se propose de :

• Contribuer à l’identification et à la mobilisation des compétences volontaires ;

• Participer à la structuration d’un premier répertoire de projets ;

• Expérimenter un dispositif de mentorat en faveur des jeunes ;

• Faciliter la mise en relation entre institutions, professionnels et porteurs d’initiatives ;

• Prendre part aux ateliers du Forum et aux échanges sur le suivi de ses recommandations.

Conformément aux orientations retenues lors de la réunion préparatoire du 18 octobre 2026, la présente note constitue la contribution institutionnelle générale de Passerelles Mauritanie. Elle ne présuppose pas la production de livrables techniques distincts pour chacun des huit ateliers avant le Forum.

Conclusion

La contribution des Mauritaniens de l’extérieur au développement national ne saurait se limiter aux seuls transferts financiers. Elle repose également sur un capital humain considérable, constitué de compétences, d’expériences, de savoir-faire, de réseaux et d’initiatives.

L’enjeu est désormais de mieux organiser la rencontre entre ce potentiel et les besoins de la Mauritanie, tout en améliorant les conditions concrètes dans lesquelles les ressortissants à l’étranger exercent leurs droits, maintiennent leurs liens avec le pays et contribuent à son développement.

À travers la Banque des compétences, la Banque nationale des projets et le Réseau national des mentors, Passerelles Mauritanie propose trois instruments complémentaires pour contribuer à cette ambition. Notre conviction est que la diaspora peut devenir un partenaire encore plus actif du développement national lorsque ses compétences sont identifiées, ses initiatives accompagnées et sa participation inscrite dans des mécanismes durables de coopération.

PASSERELLES MAURITANIE

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Document de contribution institutionnelle

Octobre 2026





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