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08-11-2026

17:17

Budget 2027 : 6,2 milliards d'excédent annoncés. Mais où sont les explications ?

Un excédent prévisionnel de 6,2 milliards d'ouguiyas. Deux écarts distincts de 320 millions MRU. Et une dette publique dont nous attendons la projection consolidée à fin 2027.

Voilà trois raisons sérieuses d'exiger davantage de transparence avant le vote du budget.

Quand les chiffres officiels ne se rejoignent pas

Premier constat : les avoirs du compte unique du Trésor à la Banque centrale. Un document présente une variation de 6,42 milliards MRU. Un autre prévoit une progression de 6,74 milliards MRU.

Écart : 320 millions MRU.

Deuxième constat : les intérêts de la dette intérieure.

Le Tableau des opérations financières de l'État prévoit 1,40 milliard MRU. Le plan prévisionnel de trésorerie présente 1,08 milliard MRU de décaissements.

Encore 320 millions MRU.

Ces différences peuvent avoir des explications comptables parfaitement légitimes.

Mais où sont-elles ?

Nous n'affirmons pas que 640 millions MRU ont disparu. Nous affirmons que deux écarts de 320 millions MRU méritent deux explications précises, documentées et vérifiables. Un Parlement ne devrait pas avoir à deviner les rapprochements entre les documents officiels qui lui sont soumis.

Dette publique : et après 2026 ?

L'annexe consacrée à la dette présente un encours projeté de 219,27 milliards MRU au 31 décembre 2026. Mais où se trouve, dans cette annexe, la projection consolidée de la dette au 31 décembre 2027 ? Quels seront les nouveaux emprunts, les remboursements, les intérêts et les risques de change ? On ne peut pas débattre sérieusement de l'avenir des finances publiques avec une visibilité insuffisante sur les engagements de demain.

Un excédent dépendant des recettes extractives

Les recettes extractives prévues atteignent 32,13 milliards MRU. Leur progression représente environ 45 % de l'augmentation totale des recettes. Que deviendra l'excédent annoncé si les prix ou les volumes des matières premières diminuent ? Le gouvernement doit présenter des simulations chiffrées.

Un excédent prévisionnel n'est pas une garantie. Sa solidité doit être démontrée. Investissements et entreprises publiques : où sont les résultats ? Le budget prévoit 66,10 milliards MRU de dépenses en capital. Mais quels projets seront achevés ? Dans quelles régions ? À quelles dates ? Pour quels coûts définitifs ?

Le BCI et le PIP doivent pouvoir être rapprochés des crédits votés et des réalisations effectivement constatées. Parallèlement, les transferts courants diminueraient de 25 % par rapport à la loi de finances rectificative 2026.

Quels changements de charges, de subventions ou de périmètre expliquent cette baisse ? Quelles conséquences pour les services publics et les entreprises concernées ?

Les citoyens ne vivent pas de prévisions. Ils attendent des résultats.

Trois documents. Trois exigences. Pas de chèque en blanc.

Nous demandons officiellement :

1. La projection consolidée de la dette publique au 31 décembre 2027, avec les mouvements d'encours et les hypothèses retenues.

2. Le tableau de rapprochement signé entre le TOFE et le plan prévisionnel de trésorerie, expliquant notamment les 320 millions MRU d'écart sur les avoirs du Trésor.

3. L'échéancier détaillé des intérêts de la dette intérieure, permettant d'expliquer les 320 millions MRU d'écart entre les deux documents.

Ce ne sont pas des accusations.

Ce sont des exigences de transparence.

Monsieur le Ministre des Finances,

Un chiffre peut être expliqué. Une divergence peut être justifiée. Mais le silence ne peut pas tenir lieu de rapprochement comptable.

Le Parlement n'est pas une chambre d'enregistrement.

Voter le budget de la Nation, ce n'est pas signer un chèque en blanc. C'est exercer un devoir de contrôle au nom du peuple mauritanien.

L'argent public appartient aux citoyens. Le gouvernement leur doit des comptes.

Khally Mamadou Diallo

Le Député du peuple





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