30-10-2007 23:18 - Nos intérêts égoistes doivent-il primer sur 'interêt national
Nos intérêts égoïstes doivent- ils primer sur l’intérêt national ?
La Mauritanie, trait d’union entre le Maghreb et l’Afrique noire, est une et indivisible, n’en déplaisent aux tenants de la Mauritanie fractionnée et segmentée. Qu’on soit Soninké, Poular, arabe, bambara ou Wolof, l’intérêt supérieur de la nation doit toujours primer sur tout autre considération égoïste et opportuniste, de nature à détruire l’unité nationale. Aujourd’hui, cette dose de patriotisme primaire, pierre angulaire de tout développement, fait défaut en Mauritanie.
Cette attitude, nous le savons tous, fait que l’égoïste se sert de l’Etat au lieu de servir l’Etat. Ainsi, certaines personnes, à l’honorabilité douteuse, n’hésitent pas à transformer l’Etat en une vache laitière au vu et au su de tout le monde sans être inquiétées, en utilisant des moyens illégaux et a-religieux pour s’enrichir au dos de l’Etat : « Qui se sent morveux se mouche ». Et pourtant on ne cesse de se réclamer adepte de la dernière religion révélée, à savoir l’islam.
Pendant que certains citoyens broient du noir et n’arrivent pas assurer le minimum vital, d’autres se payent le luxe de faire des dépenses somptuaires au frais de l’Etat. L’ancien régime déçu avait en la matière un palmarès riche. Et la pratique n’est pas prête à s’arrêter. Aujourd’hui, seul le citoyen lambda qui n’a pas la formule magique pour accéder à la caverne d’Ali Baba, paie le lourd tribut de ces insanités indignes du XXIème siècle. Le nouveau président mauritanien, qui est attendu comme un deus-ex-machina, bien qu’il commence à mettre sa main dans le cambouis, manque d’audace pour mettre sur les tapis tous les vrais problèmes du pays. J’ose même dire que c’est le statu quo ante.
Les citoyens mauritaniens ne cessent de pleurer de la cherté du coût de la vie. Il est paradoxal pour un pays de trois millions d’habitants, qui produit du fer, du poisson et tout dernièrement de l’or noir, produit le plus cher et le plus chouchouté à l’heure actuelle sur le marché international de demeurer dans un tel marasme. A qui profite donc cette manne naturelle ? Je suis tenté de connaitre la réponse. Et tout mauritanien doit en faire autant.
A l’heure où certaines nations tendent vers ce que Toynbee appelle « le mirage de l’immortalité », même si l’expression est de trop, la Mauritanie n’arrive pas encore à se mettre au diapason des nations civilisées. Ce n’est pas de gaieté de cÅ“ur que j’ai fait ce tableau plus ou moins sombre de mon pays. Malheureusement, c’est la réalité. Seuls les hypocrites et les malhonnêtes se murent dans le silence, en faisant la politique de l’autruche. Je mets quiconque au défi de me dire le contraire. C’est par amour pour ma patrie que je contribue à ma manière pour lutter contre ces pratiques d’un autre temps. A quand elles cesseront ? Je crois souvent au miracle, mais pas pour demain. Mon optimise est plus que béat pour ne pas dire pessimiste.
Etudiant à Paris
