07-12-2007 17:30 - 47 ans pour rien?

47 ans pour rien?



Presque un demi siècle d’indépendance. En 1960, la Mauritanie, en tant qu’Etat, n’existait que dans l’esprit de quelques uns. Une certaine idée, était-elle, cette Mauritanie aux yeux de ceux qui ont négocié son indépendance.

A son année zéro, Il y a 47 ans, le pays se constituait d’un patchwork de tribus habitées par un esprit de nomadisme et peu enclines à toute organisation structurelle. A son année zéro, il y a 47 ans, le pays avait besoin de l’aide de ses amis étrangers. Il avait besoin de l’appui de la France, le colonisateur d’hier pour jeter les bases d’un état moderne, pour l’accompagner dans l’exploitation des rares ressources dont il disposait et pour subventionner l’effort de construction nationale.

Il avait besoin du soutien des états arabes, de ceux d’Afrique. Il avait besoin de l’assistanat pour forger une identité, une appartenance et pour que son indépendance ne restât pas un vain mot. C’était, il y a 47 ans, et le souci des décideurs de l’époque était d’imprimer, chez les nomades, une idée, une certaine notion d’un état-Nation. Nombreux étaient les défis.
Mais la Mauritanie parvint quand bien même à naître et survivre à bien des aléas. Plusieurs régimes se sont succédés à la tête du pays. D’un régime civil post colonial à une succession de gouvernements militaires. Une période marquée par une série de putschs, de putschs manqués et de révolutions de palais pour aboutir enfin à une démocratie contestée par ce qu’elle portait en elle les germes de sa décomposition.

Aujourd’hui à sa quarante septième année d’existence, la Mauritanie peut se vanter d’une véritable démocratie. Incontestable et incontestée, certes cette démocratie mais elle fait face aux mêmes problèmes auxquels a été confronté l’ةtat, il y a 47 ans. Les mêmes problèmes qui font fondre la notion de la chose publique dans le tissu tribal. Les mêmes problèmes qui ne permettent aux populations de la Mauritanie profonde de concevoir l’état qu’à travers le prisme des éternels intermédiaires.

Sempiternels interfaces qui marchandent avec les pouvoirs publics à toutes occasions l’ignorance des leurs contre prébendes et faveurs. Redoutables boucliers d’opportunistes qui ne laissent aucun discours politique autre que celui en conformité avec leur posture de privilégiés transpercer la forteresse qu’ils ont bâtie et consolidée depuis des lustres, grâce aux bonus qu’ils distribuent à leur clientèle cantonnée dans la naïveté absolue.

Aujourd’hui, à 47 ans de son indépendance, la Mauritanie affiche plutôt l’image de son année zéro. Un paysage identique ou presque ! Un président de la République qui fait partie de la même génération qui a dirigé le pays pendant ses premières heures. Un désaveu, en quelque sorte, si ce n’est un affront, à l’encontre d’une classe politique qui n’a su engendrer une relève ! Comme atteinte d’incurable stérilité, elle n’avait d’autre choix que se départager au cours de la récente élection présidentielle entre deux hommes appartenant tous les deux à la même époque, celle de l’indépendance. Une reconnaissance tacite de son état sclérosé.

Aujourd’hui, à 47 ans de l’indépendance, la Mauritanie sollicite Paris pour soutenir ses requêtes de financement auprès du groupe consultatif. 47 ans se sont déroulés, et la Mauritanie a encore besoin des autres. 47 ans qui témoignent de l’incapacité pour notre classe politique à produire ou à concevoir. 47 ans qui rappellent tant de temps perdu. 47 ans et les mauritaniens s’interrogent de plus en plus sur un quotidien de misère qui les empêche de rêver d’un hypothétique radieux futur !

Abdelvetah

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