24-01-2008 22:44 - Moctar Ould Daddah a bien semé la « graine » !

Moctar Ould Daddah a bien semé la « graine » !



De tous les pays de l’Afrique sub-saharienne, l’une des situations les plus inquiétantes est celle où se trouve présentement la Mauritanie. Le bilan politico-économique de notre pays de 1960 à 2008 est mitigé, aucune évolution remarquable sur tous les plans.

Le départ de Moctar Daddah emportant toutes les pratiques malveillantes, lesquelles constituaient un obstacle majeur au développement économique de notre pays, a suscité une lueur d’espoir au sein d’une population, qui, désormais sera gouvernée par un régime militaire avec à sa tête des dictateurs.

Moctar Daddah « père de la Nation », une Nation qui lui a tout donné, mais qu’il marginalisé, un pays qu’il n’a jamais aimé et qu’il a « piétiné » au moment où le peuple avait le plus besoin de son aide. La Mauritanie a connu des années sombres mais personne n’a jamais entendu sa voix, qu’il compatissait de loin ou de prés sur les malheurs de son « peuple ». N’a-t-il pas été l’initiateur des malheurs de ce peuple ?

Il est mort lui aussi enterré sous les yeux d’un peuple qu’il a aimé ou haï avec un minimum d’honneur accordé à un ancien chef d’État, complimenté par des langues hypocrites de certains « pseudo journalistes ». Il est mort emportant dans sa tombe plusieurs comptes à régler.

L’espoir porté sur les régimes successifs investis d’une nouvelle mission (améliorer les conditions d’existence du peuple, oxygéner l’économie, abolir la torture qui jadis était monnaie courante, instaurer une nouvelle politique d’éducation etc..) va laisser la place au désespoir, au désenchantement, au malaise. La situation actuelle qu’offre le paysage politico-économique et socio culturelle de notre chère patrie sonne le crépuscule de l’espoir porté au régime actuel.

Manque d’électricité, manque d’eau, hausse du prix de l’essence, du riz, faiblesse de l’économie, faiblesse du système éducatif, corruption à tout les niveaux, dégradation de la condition féminine, chômage, fuite des cerveaux, absence de crédibilité de la Mauritanie au niveau international, jeunesse abandonnée à elle-même, tel est le visage triste d’une Mauritanie plus que jamais déchirée à l’intérieur d’elle-même, écartelée entre la volonté de l’exil pour ceux qui en dispose les moyens, et l’obligation pour certains d’y rester parce que la nature la voulue ainsi…

La venue de Sidioca à la tête de l’État a, une fois encore, ressuscité l’espoir du peuple mauritanien désireux de trouver un sauveur. Ce dernier qui mettra en branle un processus de revitalisation des dynamiques économiques, sociales, politiques, afin de sortir la Mauritanie du tsunami quelle traverse. Mais, si cet avènement a été annonciateur d’un lendemain meilleur, on oublie que des bouleversements profonds font ressurgir de nouveaux problèmes ou en font réapparaître d’anciens qui étaient enfouis sous le poids du silence imposé souvent par la force.

Pour l’instant il est difficile de faire un bilan de Sidioca, mais il est d’une notoriété collective que les problèmes ne font qu’empirer, aussi bien les problèmes d’accès à l’eau que d’électricité qui constituent des éléments de base de tout développement. Les conjonctures restent les mêmes. Comment vivre en ce 21ème siècle sans eau ni électricité ? Comment vivre dans un pays ou le seuil de pauvreté est exorbitant pour atteindre son paroxysme ?

Comment vivre avec une baguette de pain à 110 ouguiyas, l’équivalent de la moitié du gain journalier d’un Docker au port autonome de Nouakchott ? Nous sommes entrain d’assister à la fin d’un État, l’implosion d’un système, l’effondrement d’un emblème. La fin d’Air Mauritanie, la privatisation de la SNIM, l’absence d’une administration fiable …, ne sont-ils pas des signes annonciateurs d’un événement malheureux ?

Diabel Touré
Montréal, Canada




"Libre Expression" est une rubrique où nos lecteurs peuvent s'exprimer en toute liberté.
Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence à



Commentaires : 0
Lus : 1445

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (0)