27-01-2008 12:48 - Le Chef de l’Etat à Al Arabya

Le Chef de l’Etat à Al Arabya


"Tous mes efforts tendent aujourd’hui à ce que, dans quatre ans, la Mauritanie soit dans une excellente situation pour quiconque souhaiterait reprendre le flambeau »
Le Chef de l’Etat, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a été l’hôte de la chaîne Al Arabya, dans son émission «Bissaraha » (en toute franchise). Il s’est ainsi exprimé sur l’expérience démocratique mauritanienne, sur ses relations avec l’armée, sur le terrorisme, la situation politique, économique et sociale du pays, ses rapports avec l’opposition et le parti de la majorité, sa politique étrangère, surtout les relations avec Israël, les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, l’Occident et l’Afrique, notamment le Maghreb et la question sahraouie.

Al Arabya : vous êtes le premier président démocratiquement élu d’un pouvoir civile en Mauritanie, quels sont les problèmes essentiels et les défis les plus importants auxquels se heurtent l’expérience démocratique mauritanienne aujourd’hui si on sait que les Mauritaniens sont habitués à une autre philosophie du pouvoir ?

Sidi O. Cheikh Abdallahi : avant de parler des difficultés et défis auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés, laissez moi vous parler d’abord de notre expérience démocratique. Celle-ci a connu le succès que l’on sait pour trois raisons. Un, le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD) qui était au pouvoir a respecté ses engagements en organisant des élections parfaites, tout en mettant en place les institutions et les outils indispensables pour l’après-transition.
Deux, nous avons reçu l’appui et le soutien de la communauté internationale, y compris ceux de nos frères arabes, qui ont suivi le processus avec beaucoup d’intérêt en y contribuant efficacement. Troisièmement enfin, l’expérience a réussi grâce à la maturité du peuple mauritanien, à son esprit pacifique et à son sens élevé de la responsabilité. Il y a eu les élections municipales, législatives et présidentielles qui se sont ainsi déroulées dans la transparence et le calme. Aujourd’hui, le pouvoir que je représente est résolu à protéger cette expérience démocratique et appliquer son programme politique pour lequel il a été élu.

Al Arabya : mais…

Sidi O.Cheikh Abdallahi : mais, aujourd’hui nous vivons pleinement cette démocratie. En ce qui concerne le pouvoir, il est résolu à appliquer les principes liés à ce type de régime, en respectant la séparation des pouvoirs, entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, sans ingérence d’un de ces pouvoirs sur les autres, à protéger la liberté d’association des syndicats, des associations, des partis politiques…

Al Arabya : l’expérience est assimilée avec une telle célérité… ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : c’est ce qui se passe en réalité. Reste maintenant d’autres problèmes, d’ordre économique et social notamment. Vous savez que le peuple s’attendait, après toutes ces élections, à la résolution rapide de tous ses problèmes. En réalité, c’était impossible même si on avait obtenu tous les financements requis, car il faut quand même du temps pour ficeler et mettre en oeuvre les projets qu’il faut pour cela.

Al Arabya : donc le peuple croyait que la dynamique démocratique ainsi déclenchée allait accoucher de résultats immédiats et concrets…

Sidi O.Cheikh Abdallahi : en réalité, tout le monde s’attendait à des résultats urgents, ce qui est impossible. Exemple, deux mois après notre arrivée au pouvoir, la capitale était confrontée à de graves pénuries en eau et en électricité, provoquant des manifestations monstres, qui en réalité exprimaient les sentiments de colère profonds des citoyens.

Al Arabya : en parlant d’expérience démocratique, d’ouverture économique et d’incitation à l’investissement, certains se demandent quelles sont les garanties politiques réelles dont vous disposez pour assurer la stabilité des institutions démocratiques ainsi acquises et vous prémunir d’autres coups d’Etat ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : il n’y a pas selon moi, une plus grande garantie que la démocratie elle-même et la stabilité, car ce sont là des acquis que le peuple mauritanien est prêt à défendre, même s’il est vrai que ce climat démocratique qui règne peut être exploité d’une manière démesurée.

Al Arabya : que ferez-vous si cette expérience démocratique échouait, si l’on sait qu’une certaine opinion soutient que les peuples arabes ne sont pas encore mûrs pour une telle expérience ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : je peux dire que si cela arrivait, ce sera une catastrophe pour ce pays selon ma propre perception des choses. Car, nous avons des problèmes essentiels, l’unité nationale à consolider et à renforcer, l’existence de problèmes sociaux comme les séquelles de l’esclavage et la pauvreté qui nécessitent, dans un premier temps, le soutien des partenaires pour exploiter nos ressources. Et je ne vois pas un autre type de pouvoir autre que la démocratie pour créer les conditions idéales pour la résolution de tous ces problèmes. Pour moi, ce qui menace la démocratie en Mauritanie, c’est plutôt la pauvreté qui peut être source de tension sociale…

Al Arabya : donc à vous entendre Son Excellence, votre priorité c’est d’abord la pauvreté et non l’Armée ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : absolument ; mon premier problème aujourd’hui est de trouver les voies et moyens d’améliorer les conditions de vie du citoyen mauritanien..

Al Arabya : et les relations entre l’institution présidentielle et l’institution militaire…. ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : ce sont des rumeurs qui circulent, sur une prétendue juxtaposition de ces deux institutions dans l’exercice du pouvoir. Tout cela est faux évidemment. L’institution militaire est une institution républicaine et je pense que si elle cherchait le pouvoir, elle n’allait pas le céder après l’avoir obtenu et exercer. Tout ce que je peux dire, c’est que l’institution militaire aujourd’hui est une institution républicaine qui se cantonne dans le rôle qui est le sien, pas plus.

Al Arabya : donc pas de retour possible à la dictature en Mauritanie, telle que vous le percevez après neuf mois d’exercice du pouvoir ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : tout ce que nous faisons en réalité, ne donne aucune possibilité à un retour à un régime dictatorial dans ce pays…

Al Arabya : Son Excellence, la pauvreté ne menace pas seulement la démocratie, mais crée aussi la violence. L’instabilité récente en Mauritanie a poussé certains à véhiculer l’idée qu’il existe dans ce pays des cellules dormantes de d’Al Qaïda. Quelle est la réalité de ces supputations et comment réagissez vous face à ces mouvements djihadistes et à l’extrémisme islamique en Mauritanie ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : la Mauritanie n’est pas un nid ni un foyer du terrorisme. Ce pays vit depuis des siècles un Islam spécifique, un islam engagé mais pacifique, un islam Malékite sunnite qui ignore l’extrémisme religieux. Mais évidemment aujourd’hui, le terrorisme a traversé toutes les frontières, aucun pays au monde n’en est épargné. Dans ces conditions, il se peut qu’une partie de notre jeunesse, à travers Internet et les voyages à travers le monde, ait succombé aux thèses de ces mouvements. Mais jusqu’à présent, ce phénomène reste marginal, étranger à notre vécu social et historique. Vous pouvez l’avoir constaté, que le peuple mauritanien dans ses diverses composantes, à travers les marches de dénonciation organisées dans toutes les villes du pays, rejette la violence et le terrorisme. Et les récents évènements survenus dans ce pays se sont produits à la veille du Rallye Lisbonne-Dakar. Ils ont ainsi bénéficié d’une grande couverture médiatique qui a pu nuire à l’image de la Mauritanie chez ceux qui ne connaissent pas le pays.

Al Arabya : donc il n’y a pas de groupes en Mauritanie qui font tiennes les thèses de Al Qaïda et de l’extrémisme islamique ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : non, en réalité cela n’existe pas. Les Mauritaniens étaient loin de penser qu’il puisse exister une quelconque forme d’extrémisme religieux qui peut conduire aux atrocités que nous connaissons aujourd’hui. Tout ce qui s’est passé actuellement a permis aux Mauritaniens de découvrir que même s’il y a beaucoup de tolérance dans l’islam, il y a aussi des lignes rouges à ne pas dépasser, entre tous ces rites et ces mouvements d’apostasie, ce qui me laisse dire qu’un tel mouvement n’existe pas en Mauritanie.

Al Arabya : certains vous ont reproché d’avoir permis la création d’un parti d’obédience islamiste, que leur répondrez-vous ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : nous avons une Constitution qui garantit à tous les Mauritaniens le droit de se constituer en partis politiques suivant un certain nombre de critères, dont celui qui défend la constitution de ces partis sur une base ethnique ou religieuse. Lorsque ce groupe en question a introduit sa demande, elle était conforme aux dispositions constitutionnelles et naturellement, nous lui avons accordé la reconnaissance avec d’ailleurs 23 autres partis. Cette formation politique qui respecte les principes de base de la démocratie, développe dans son programme comme dans ses discours, une politique de modération et un sens de la responsabilité qui est restée conforme aux normes de fonctionnement de tous les autres partis politiques en Mauritanie.

Al Arabya : mais en général, ces partis islamistes une fois au pouvoir mettent en Å“uvre leur programme politique islamique, ne craignez-vous pas l’émergence d’un tel type de pouvoir en Mauritanie ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : actuellement, ils sont dans le terrain politique et c’est au peuple mauritanien de décider lui-même de la forme de pouvoir qu’il souhaite. Nous de notre côté, nous sommes engagés dans le combat pour la stabilité et la lutte contre toutes les formes d’extrémisme, à travers le suivi que nos faisons de l’ensemble des activités des mouvements qui opèrent sur le terrain politique, économique et social, y compris les activités du parti en question, et qui s’appelle Tawassoul.

Al Arabya : actuellement, on parle de l’existence en Mauritanie d’une réelle liberté d’expression et de presse. Est-ce que chaque journaliste dans ce pays peut critiquer le pouvoir, le Chef de l’Etat, sans se retrouver le lendemain en prison ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : lisez la presse locale et vous verrez que j’ai été à plusieurs reprises attaqué, parfois d’une manière peu conforme à l’éthique et à la déontologie. Cela m’a poussé souvent à vouloir circonscrire cette liberté dont certains abusent exagérément l’exercice. Finalement, j’ai opté pour la tolérance et je me suis abstenu d’entraver la liberté de penser et d’écrire.

Al Arabya : donc pas de pression sur les journalistes, de la part de l’Autorité ou de l’appareil sécuritaire ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : depuis le début de mon mandat, jamais. Vous pouvez vous renseigner. Maintenant, il s’agit de voir comment les journalistes doivent exploiter judicieusement, d’une manière professionnelle et responsable, cette liberté qui leur est garantie par la loi.

Al Arabya : le Pacte National pour la Démocratie et le Développement (PNDD), construit autour d’un noyau de personnalités politiques qui soutient votre programme, fait couler beaucoup d’encre, or la Constitution vous interdit de le présider ou d’en être l’instigateur. Certains vous reprochent d’être derrière sa création et qu’il est déjà un parti-Etat, qu’en est-il ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : la question de ce parti est simple. Dans des conditions normales, cela n’aurait suscité aucun commentaire. Vous savez que je me suis présenté à la présidentielle comme candidat indépendant et je n’ai donné à quiconque autre chose que mon programme que je me suis engagé à appliquer une fois élu Président de la République. Il s’est trouvé que des groupes importants de partis politiques dûment constitués ainsi que des personnalités indépendantes ont décidé de me soutenir. Aujourd’hui, ces partis font partie de la majorité qui gouverne et les indépendants qui l’avaient soutenu se sont retrouvés majoritaires dans les deux chambres du Parlement. Ils ont souhaité créer un cadre institutionnel pour participer d’une manière structurée à l’Å“uvre de construction nationale. Ils ne m’ont pas consulté pour cela. Mais pour moi, je l’ai dit et répété, ce parti sera comme tous les autres partis de la majorité, qu’il n’aura aucune faveur de la part de l’Etat autre que celle dont bénéficieront tous les autres partis, en matière de financement et d’appui institutionnel. Maintenant il se peut que les gens aient des appréhensions qui n’ont rien à voir avec la réalité, car jusque-là les craintes formulées sont purement de l’ordre de l’imaginaire, succombant au dicton bien de chez nous qui dit «celui qui a été une fois mordu par un serpent a peur d’une corde ». Il pense que ce parti sera l’incarnation de l’ancien parti au pouvoir. Je leur dis attendez de voir ce qui va se passer et donnez votre jugement après.

Al Arabya : vous affirmez devant le peuple mauritanien, que ce parti n’est pas celui du Président de la République ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : absolument, il s’agit d’un parti important qui fait partie de ceux qui soutiennent et appuient mon programme politique.

Al Arabya : maintenant, monsieur le Président, on va parler des relations diplomatiques de votre pays avec Israël. Beaucoup de Mauritaniens souhaitent aujourd’hui la rupture de ces relations, qu’en pensez-vous ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : tout récemment, le Ministère des Affaires Etrangères a réagi par communiqué aux évènements qui se déroulent à Gaza. Pour nous, les relations avec Israël dépendront grandement de l’évolution du dossier sur les pourparlers de paix entre les palestiniens et les israéliens. Tant que notre espoir subsiste de voir ce dossier évoluer vers une résolution finale qui aboutira à la création d’un Etat palestinien avec Al Qods comme capitale, ces relations seront ce qu’elles sont, si maintenant ce dossier prend une autre tournure nous aviserons. C’est pourquoi nous participons activement aux pourparlers, notamment dans le cadre de l’Initiative de paix arabe, au sein de la Ligue Arabe…

Al Arabya : on soutient que vous entretenez de bonnes relations avec les Etats-Unis, notamment sur le plan économique, et que vous ne voulez pas mettre en péril ces relations en rompant avec Israël ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : nous entretenons en effet d’excellentes relations avec les Etats-Unis. Juste après mon élection, moi qui suis presque un inconnu sur l’échiquier politique national, j’a reçu les félicitation personnelles du Président Bush, qui m’a fait également l’honneur de m’inviter en marge de l’Assemblée général des Nations Unis en septembre 2007 à Washington. Cette invitation concernait quelques chefs d’Etat où le modèle démocratique a connu le succès, comme la Mauritanie. Ces relations se sont aussi traduites par un accroissement des échanges économiques.

Al Arabya : …et en contrepartie ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : il n’y a pas de contrepartie…

Al Arabya : serez-vous prêts à vous soumettre à des conditionnalités de la part des Etats-Unis en contrepartie des relations qui vous unissent ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : nous savons que nous sommes un petit pays, pauvre, mais depuis l’indépendance de notre pays, nous sommes sûrs d’une chose, c’est que nous avons toujours tenu à notre indépendance, malgré notre désir de tisser de bonnes relations avec tous les pays du monde, à commencer par nos voisins. En réalité, ce pays et ce pouvoir restent résolument engagés à ne prendre que les décisions conformes à ses intérêts particuliers.

Al Arabya : en toute franchise, monsieur le Président, est-ce que la Mauritanie veut devenir un allié des Etats-Unis ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : je ne sais pas exactement ce que vous entendez par le mot «Allié». Si cela veut dire, entretenir de bonnes relations de coopération qui coïncident avec nos intérêts, je dirai oui. Par contre s’il s’agit de relations pour des causes dont nous ne sommes pas, ou dont nous sommes peu convaincus, je dirai non.

Al Arabya : un nouvel ambassadeur saoudien est en route vers Nouakchott, après une rupture diplomatique de près de 20 ans. Quel est l’état actuel des relations entre la Mauritanie et le Royaume d’Arabie Saoudite, et jusqu’où êtes-vous convaincu que l’Arabie Saoudite est aujourd’hui la clé des relations entre les pays arabes et les pays du Golfe ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : nous sommes enchantés de l’arrivée imminente de l’ambassadeur saoudien, ce qui est un signe de reprise après une longue période de rupture exceptionnelle pour nous, car beaucoup nous lie au Royaume d’Arabie Saoudite depuis les siècles passés. Déjà, depuis les années 50 et 60, les Saoudiens ont conservé une grande estime des «Chenaghitta », nom sous lequel ils continuent d’appeler les Mauritaniens. Le Royaume a toujours bien accueilli nos Ulémas à qui ils vouent un très grand respect pour leur érudition et leur vaste culture, relations tissées à travers les pèlerinages vers les Lieux Saints. Beaucoup de nos compatriotes sont d’ailleurs restés dans ce pays. Il s’agit donc de relations particulières que nous avons plusieurs raisons de développer et de consolider. Et le Roi Abdallah que j’ai eu l’honneur de rencontrer, joue un rôle important au service de l’Islam.

Al Arabya : envisagez-vous une visite officielle en Arabie Saoudite ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi :
j’ai visité le Royaume, lors de mon pèlerinage à la Mecque où j’ai été bien accueilli. Lors de mon entretien avec le Roi Abdallah, je l’ai invité à effectuer une visite officielle en Mauritanie, ce qu’il m’a promis dès que son calendrier le lui permettra. Il faut dire que depuis les années 70, avec la visite du Roi Fayçal, aucun souverain saoudien n’a rendu visite à notre pays.

Al Arabya : on parle d’une visite programmée du Roi Mohamed VI du Maroc en Mauritanie, et il y a également des relations nouvelles avec l’Algérie après une période de crise avec les pays du Maghreb. Quel est l’apport de la Mauritanie dans le Maghreb et quel est l’apport de ce dernier sur la Mauritanie ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : la Mauritanie offre sa disponibilité, à travers les excellentes relations qu’elle tisse avec l’ensemble des pays du Maghreb, notamment avec le Maroc et l’Algérie. Ces relations sont claires et sans équivoques, et j’ai eu l’occasion de l’exprimer à mes frères, le Roi Mohamed VI lors de la visite au Maroc et le Président Bouteflika lors de notre entrevue à Lisbonne. Pour nos frères Sahraouis, l’aide que nous pouvons leur apporter est de permettre à ceux qui ont des proches en Mauritanie, de pouvoir leur rendre visite sans entraves à condition qu’ils respectent, comme ils l’ont fait jusqu’à présent, notre souci de conserver la stabilité et la paix dans notre espace. Notre rôle dans le dossier du Sahara doit être un rôle de conciliateur, dans le cadre du mandat octroyé par l’ONU et selon la volonté des parties. En ce qui concerne l’Union du Maghreb Arabe, il s’agit d’un choix stratégique basé sur des liens historiques, géographiques et culturels que nous partageons avec l’ensemble des pays concernés.

Al Arabya : quel est l’état de vos relations avec l’Europe et l’Afrique sur le plan géostratégique ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : je commencerai d’abord par l’Afrique pour des raisons multiples, d’abord la composition communautaire de notre ensemble. La Mauritanie a joué un rôle historique important durant les siècles précédents dans plusieurs de ces pays, un rôle d’éducateur, de formateur et de prêcheur sur le plan religieux islamique. Dans les années 60-70, la Mauritanie a joué aussi un grand rôle de rapprochement entre le monde africain et le monde arabe. Certes, nous avons constaté ces derniers temps un certain essoufflement dans ce rôle et je pense que nous devons le réactiver…

Al Arabya : la Mauritanie est capable aujourd’hui de jouer ce rôle…

Sidi O.Cheikh Abdallahi : parce que nos relations sont excellentes avec l’ensemble de ces pays, à commencer par nos voisins du Sénégal et du Mali et nous n’avons pas aujourd’hui de pays avec lequel nous n’avons pas de bonnes relations. Avec l’Europe, nos rapports sont excellents, notamment dans le cadre des relations Union européenne pays ACP, en attestent la dernière réunion du Groupe Consultatif à Paris.

Al Arabya : Monsieur le Président, après une presque année de pouvoir, comment allez-vous transmettre la Mauritanie dans quatre ans lorsque vous aurez achevé votre mandat ?

Sidi O.Cheikh Abdallahi : tous mes efforts tendent aujourd’hui à ce que, dans quatre ans, la Mauritanie soit dans une excellente situation pour quiconque souhaiterait reprendre le flambeau .

Traduction : L’Authentique (C.A)




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