21-02-2008 13:10 - NON à la désinformation !
En tant que présidente du Forum national pour les droits de l’enfant et de la femme, je suis interloquée par l’article de Nouakchott info paru sur Cridem et intitulé « A contre courant : excision et circoncision sont des pratiques purifiantes.» que je viens de découvrir.
Contrairement à ce que vous affirmez avec force, il n’existe aucune étude sérieuse et récente qui prouverait que « la circoncision des enfants les immunise contre plusieurs maladies dont le cancer de l’utérus et le Sida ». En effet, les seules références médicales en la matière et qui font foi sont les enquêtes épidémiologiques de l’ONUSIDA et l’OMS qui montre les résultats suivants :
- Compte tenu de ce facteur de lutte contre le VIH /Sida, l’OMS et ONUSIDA ont donc décidé de promouvoir la circoncision comme solution préventive complémentaire et non substitutive au préservatif.
Par ailleurs, l’Ordre National des Médecins et l’association des sages femmes, ont publié une déclaration conjointe montrant les conséquences médicales portant atteinte à la santé psychique et organique de la fille et de la femme, et ont prôné l’abandon radical de cette pratique.
Dans un autre registre, et non des moindres, sur le plan juridique, il existe un corpus législatif protégeant l’enfant des MGF :
- le Code de protection pénale de l’enfant, adopté en 2005, interdit cette pratique en son article 12 et incrimine les auteurs, et les complices.
- la convention relative aux droits de l’enfant (CDE), ratifiée sans réserve en 1991, protége la petite fille de toutes formes d’atteinte à l’intégrité physique dont les mutilations génitales féminines :
- la Convention des Nations Unies pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et le protocole additif à la Charte Africaine des droits de l’Homme et des peuples et relatif aux droits des femmes (protocole de Maputo), ratifiés respectivement en 2001 et 2005, protége les enfants et les femmes des MGF.
07 février 2008 : Association des Imams et des Oulémas Défenseurs des Droits des Femmes et des Enfants
FATWA sur les Mutilations Génitales Féminines
Au nom d’Allah, le Clément et le Miséricordieux- Une introduction sur la nécessité pour les ulémas musulmans d’accompagner les évolutions de l’époque.
- La définition de l’excision
- Pourquoi ce grand bruit autour de l’excision ?
- Le statut jurisprudentiel de l’excision dans l’Islam (textes et paroles des jurisconsultes).
- Des recommandations.
III- La science a prouvé le caractère erroné et parfois le contraire de certaines croyances liées à cette opération. Parmi ces croyances on peut citer le fait que l’opération comporte la beauté, la propreté et la pureté de la fille, ce dont la science a démontré le contraire car l’excision provoque des déformations et des mutilations entraînant l’incontinence d’urine et d’autres maladies rendant impossible la pureté rituelle comme les fistules vaginales et anales.
D’aucuns croient aussi que la médecine et la charia rejettent tout lien entre cette pratique et la chasteté. D’ailleurs les médecins disent que l’ablation du clitoris empêche la femme de jouir du plaisir du coït, plaisir licite et même acte pieux pour lequel il y a une récompense divine : « L’acte sexuel constitue une aumône. Ô, prophète, on fait l’amuser et on reçoit la récompense divine ? Il répondit : « S’il forniquait ne serait-il pas puni ? De même s’il fait l’amour licite, il est récompensé» (hadith).
Par ailleurs des médecins disent que la femme privée de ce plaisir continue à le chercher, ce qui peut la pousser la déviation, contrairement à la croyance erronée considérant l’excision comme cause de chasteté. Au contraire ce sont plutôt la bonne éducation, l’enseignement de qualité, le développement de l’esprit sain, les idées éclairées et le bon exemple qui aident à la chasteté.
3- Le rapport de Kiffa dit que l’excision revêt quatre formes : (a) ablation des grandes et petites lèvres avec le clitoris ; (b) ablation du clitoris et des petites lèvres ; (c) ablation du clitoris ; (d) enlèvement du capuchon du clitoris. Les risques démontrés par les médecins sont dus à la chirurgie et tant qu’il y a chirurgie, le danger persiste.
- Nous recommandons aux ulémas et experts d’intensifier la recherche pour contribuer à résoudre les problématiques posées par la rapidité de l’évolution et la nécessité de s’en tenir aux valeurs et aux vertus morales.
- Nous recommandons au public de coopérer pour se débarrasser des pratiques néfastes qui entravent le progrès et humilient l’homme et lui rappelons qu’en cette ère de mondialisation et de village planétaire il est nécessaire de passer les us et coutumes au crible de la charia pour maintenir ce qui est conforme à la loi islamique et jeter ce qui s’y oppose car il est la cause du malheur et du sous-développement.
- Nous recommandons aux responsables de la réforme sociale de s’armer de pertinence, de détermination et d’action progressive dans le traitement des problèmes et le changement des mentalités car les habitudes acquises pendant des siècles nécessitent des siècles pour changer.
- Nous recommandons la nécessaire coopération de tous les acteurs pour poursuivre les efforts de mobilisation et de sensibilisation afin de contribuer au développement de notre pays et au progrès de l’humanité.
- Nous recommandons à nous-mêmes et à tous, la sincérité dans les paroles et dans les actes.
