03-03-2008 10:59 - Les Français veulent regagner le terrain perdu en Mauritanie

Les Français veulent regagner le terrain perdu en Mauritanie

"LES AFRIQUES" - Par Ismail Aidara, Paris : Les Français veulent regagner le terrain perdu en Mauritanie


Passée deuxième partenaire commercial de la Mauritanie derrière la Chine, et largement distancée dans les contrats pétroliers, la France prépare le retour de ses investisseurs. L'agence française pour le développement international des entreprises, Ubifrance, vient de mener sa première et grande opération de marketing et de lobbying en ce début d’année.

Objectif : rassurer et inciter les grands groupes et hommes d’affaires français à aller investir davantage en Mauritanie. C’est ce qui ressort en substance du « select brain-storming économique », organisé au siège de Ubifrance dans le 14e parisien le 21 février dernier et qui a regroupé plus d’une centaine d’entreprises.

Côté mauritanien, on a préféré jouer sur les deux leviers stratégiques de l’économie du pays, en dépêchant à Paris la cellule de la promotion et de l’investissement, rattachée à la présidence et à la Snim (Société nationale industrielle et minière), première source de devises de l’Etat.
Coût du crédit

Le récent rapport de la Banque mondiale sur la Mauritanie, daté de décembre 2007, reconnaît que l’accès aux financements constitue un frein majeur pour les opérateurs économiques, du fait de la confidentialité des opérations et du coût élevé du crédit.

L’étude, qui estime que les garanties sont inadaptées ou trop élevées, précise, plus loin que 76,4% des firmes formelles n’ont pas déposé de demandes de financements, alors que 81,2% de ces firmes déclarent en avoir besoin. Le secteur bancaire, qui est en pleine restructuration, connaît depuis l’été 2006 une légère évolution.
Le paysage bancaire compte une dizaine de banques (7 banques à capitaux privés, 2 groupes français, Société Générale et la BNP-Paribas, ainsi que la Chinguity Bank, propriété de l’Etat. Selon Roger Doublet, PDG de BNP-Paribas Mauritanie depuis le 11 février 2008, la création de nouvelles banques étrangères exige le dépôt d’un capital de 6 milliards d’ouguiyas (soit un dépôt de capital de 2 milliards Um en 2008 et de 4 milliards Um pour l’exercice 2009). Contre seulement 1 milliard d’ouguiyas pour les banques locales.

Ce plafond découle de la nouvelle instruction bancaire prise par la Banque centrale de Mauritanie en 2008, définissant les conditions et critères d’agrément, de prises d’extension et de participation dans le capital d’une banque.

Faible bancarisation

La maîtrise moyenne de l’inflation est aujourd’hui de 7,3% contre 12,2% en 2005, signale notre interlocuteur. Le taux de bancarisation reste néanmoins peu élevé, avec moins de 200 000 comptes et un taux de thésaurisation insuffisant, constate ce banquier français.

Un bilan exhaustif présenté par BNP-Paribas, démontrant la faible diversification des produits financiers, indique que près de 134 milliards Um de crédits ont été consentis l’an dernier pour 88,10% à court terme. D’autres contraintes ont été soulevées, comme le non recours à la contre garantie pour les banques filiales étrangères et la limitation des encours d’engagements sur une contrepartie à 10% des fonds propres de l’établissement.

Demandes d’agrément

Toutefois, l’inquiétude des intervenants du secteur bancaire en Mauritanie réside dans la non possibilité, pour les banques, d’opérer des financements en devises. La Banque centrale de Mauritanie a ramené la marge bancaire maximale à 8% pour l’exercice 2008. Malgré ces contraintes, le paysage bancaire mauritanien poursuit son extension. Une dizaine de banques auraient déposé des demandes d’agrément.

Des sources bien informées précisent que le projet d’implantation de deux banques (une joint-venture et une filiale de banque étrangère) devrait aboutir sous peu. Dans le secteur des assurances, le statu quo demeure avec un marché confronté à un déficit d’expertise et qui reste largement dominé par le groupe Gras Savoye. Au niveau de la facilitation des investissements, le premier guichet unique verra le jour début mars 2008. La prochaine mission « Doing

Business » de la Banque mondiale, attendue à Nouakchott dans les jours qui viennent, devra sans doute répercuter toutes ces réformes en cours dans le classement 2009

Source : Les Afriques
Commentaires : 0
Lus : 1571

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (0)