07-03-2008 08:40 - Le FMI serait prêt à accompagner les pays africains dans la hausse du prix des vivres et du carburant
07 Mars 2008: Le FMI serait prêt à accompagner les pays africains dan sla hausse du prix des vivres et du carburant
En décalage avec ses politiques antérieures, le Fonds monétaire international (FMI) pourrait être disposé à intervenir pour aider les pays pauvres à faire face à la hausse des prix des vivres et du carburant, en prenant des mesures d'urgence à court terme.
C'est ce qu'a indiqué le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, fin février au cours d'un sommet régional en Afrique qui rassemblait les chefs d'Etat des pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
« Tous les pays risquent d'être confrontés à une situation où, tout d'un coup, le prix du pétrole et des vivres va augmenter. Les familles qui ont à peine ce dont elle ont besoin pour survivre sont les plus touchées », a déclaré Dominique Strauss-Kahn. « Le FMI peut apporter des solutions qui permettront de déterminer les mesures fiscales à adopter pour faire face à ces crises [...] et surmonter plus facilement les périodes difficiles », a-t-il poursuivi.
En janvier 2008, les prix du blé dans le monde étaient 83 %, plus élevés qu'un an auparavant.
Le directeur général du FMI a déclaré que son institution pourrait adopter des mesures à court terme, notamment proposer des prêts et donner des conseils pour l'élaboration de politiques économiques et fiscales nationales destinées à amortir la hausse du coût de la vie et à « soulager la pression » exercée sur les gouvernements sans perturber la stabilité économique des pays.
Le rôle du FMI en Afrique consiste généralement à tenter d'impulser la croissance économique dans les pays en développement en libéralisant l'économie, en privatisant les industries, et en accordant des prêts - à condition que les réformes économiques soient appliquées.
Pour la responsable des politiques de Jubilee Debt 2000, une organisation internationale de plaidoyer, « adopter davantage de politiques de libéralisation fiscale dans la veine de celles qui sont généralement pratiquées par le FMI, nuirait aux populations les plus pauvres d'Afrique de l'ouest (et du centre) confrontée à la hausse des prix des vivres ».
Elle réclame une marge de manœuvre suffisante, de la part du FMI, à ces pays, pour leur permettre de fixer leurs propres priorités en matière de politiques économiques, et « non pas à leur dicter de nouvelles », soulignant également que l'allégement de la dette fasse partie de cette solution.
Conformément aux mesures d'annulation de la dette, les dettes contractées par le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Ghana, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal ont été considérablement réduites. Toutefois, chaque pays doit encore rembourser, en moyenne, 5 dollars par personne et par an à ses créanciers, et notamment au FMI, selon le rapport 2007 sur l'initiative du FMI en faveur des pays pauvres très endettés.
Noël Ndong
