31-07-2012 10:14 - Tortures a la brigade d’Ould Yenge - [Reportage Photos].

Tortures a la brigade d’Ould Yenge - [Reportage Photos].

Abderrahamane Demba Diawo présente des troubles de la mémoire. 

Un jeune peul suspecté, à tort, de vol présente des troubles de mémoire, suite aux tortures administrées à la brigade de gendarmerie d’Ould Yengé. Abderrahmane Demba Diawo, 32 ans, vient d’arriver, avec son père, à Nouakchott, pour des soins, grâce à une évacuation vers le centre neuropsychiatrique obtenue, à l’arrachée mais sans réquisition du procureur de Sélibabi.

A Nouakchott, le jeune est mal accueilli au dit centre, peut-être parce qu’il ne détient cette fameuse réquisition. On lui prescrit seulement quelques comprimés et au revoir, monsieur !

Pourtant son bras gauche continue à enfler. Informés de son arrivée dans la capitale, Mamadou Sarr, président du FONADH qui avait publié déclaration sur l’affaire, et Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, membre du forum, se sont rendus au chevet de ce jeune accueilli dans une famille de Dar El Baïda.

Constatant les marques, en voie de cicatrisation, sur son bras droit et le pansement sur son bras gauche toujours tuméfié, les deux responsables des droits humains ont écouté, avec stupéfaction, la narration de son père.

Comment en est-on arrivé là ?

A en croire ce vieux d’une soixantaine d’années révolues, habitant de Gumbana, commune de Bouly, département d’Ould Yengé, cinq jeunes ont été interpelés, suite à un vol perpétré, dans la nuit du vendredi 24 juillet, dans une maison de cette petite localité peul. Un commerçant maure, parti voir ses animaux hors de la zone, a été informé, par son épouse, du cambriolage de sa boutique. L’homme rapplique le lendemain et déclare avoir perdu trois à quatre cent mille ouguiyas, des bijoux et deux fusils.

Il prend le soin d’aviser la brigade de gendarmerie d’Ould Yengé et affirme que seuls les jeunes du village qui le connaissent ont pu perpétrer le forfait. Aussitôt, les gendarmes arrêtent lesdits jeunes dont Abderrahmane Diawo, cueilli au champ. « Malgré mon insistance, les gendarmes n’ont rien voulu entendre ; pire, ils m’ont menacent de me conduire, moi aussi, à la brigade », révèle le père de l’enfant.

« Je les ai suivis à Ould Yengé et au lendemain de notre arrivée, j’ai eu de la peine à les reconnaitre, tant leurs visages avaient viré au bleu. J’ai conclu qu’ils avaient été passés à tabac ». Abderrahamane dira, au reporter du Calame qui s’est rendu sur les lieux, qu’« après avoir été menottés, nous avons été accrochés au plafond et avons subi des bastonnades ». Le tristement célèbre « système-jaguar » qui a fait de nombreuses victimes, dans nos commissariats de police et nos brigades de gendarmerie…

Après cette première « enquête », deux jeunes ont été libérés dont Abderrahamane, tandis que les trois autres sont conduits à Sélibaby et incarcérés. Les médecins qui examinent Abderrahmane constate la dégradation de sa santé et, surtout, sa perte grandissante de mémoire et recommande, à son père, de l’évacuer sans tarder sur Nouakchott. Le procureur aurait suggéré, au vieux, de porter plainte mais ne livrera pas la réquisition demandée, par les parents, afin de le faire prendre en charge par un spécialiste.

Selon le récit du père, c’est un certain Sidi Sylla, exclu de la localité pour vol, qui aurait accusé les jeunes, cherchant à se venger des villageois. Récemment, il y aurait eu une altercation, entre son fils et un des natifs de la localité. L’homme vit, depuis son bannissement, de l’autre côté de la frontière avec le Mali et serait à la tête d’une bande de malfrats qui commettent leurs forfaits en Mauritanie avant de se réfugier au Mali où ils bénéficient de la complicité des forces de l’ordre. De fait, tous, à Gumbana, suspectent Sidi d’être l’auteur du vol.

Après avoir écouté le récit pathétique du vieux, les responsables des droits de l’Homme ont témoigné leur compassion et leur soutien moral à la famille et se sont, ensuite, engagés à accompagner les parents des victimes, pour que droit soit dit. Les deux responsables ont dénoncé les exactions, commises au lendemain de l’approbation du Parlement mauritanien d’une loi qui interdit, justement, la torture sous toutes ses formes.

Il faut faire en sorte que les auteurs de ces atrocités barbares soient sanctionnés. De plus, les ressortissants de la zone rencontrés sur les lieux accusent le chef de brigade de la gendarmerie d’Ould Yengé de rançonner les populations et de punir ceux qui refusent de se plier à sa loi hors-la-loi. Ils rappellent que, dans cette partie du territoire de la République, les autochtones ont perdu leurs droits, depuis les évènements de 1989.

Une réalité hélas largement répandue, tout au long de la vallée, de Ghabou à N’Diago… Les administrateurs, les forces armées et de sécurité règnent en véritable territoire occupé, comme en Palestine. Mais, face cette terreur, les populations n’entendent plus, désormais, croiser les bras : elles porteront l’affaire devant les juridictions et autres instances compétentes et seront soutenues, activement par tous ceux qui croient en l’avenir de la Nation mauritanienne.


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Commentaires (7)

  • istighlal 31/07/2012 21:16 X

    l'organe érectile du raciste ne dépasse pas le centimètre. frustré d'être comparé par son épouse à son esclave, il échafaude des plans pour le punir. mais malheureusement son cerveau est dans les mêmes proportions que ce fameux organe érectile, donc très petit. il se limite à torturer et écarter tout celui qui n'est pas comme lui. les conséquences de leurs actes son connus. on lit souvent quelques uns d'entre eux sur cridem. TIRIS, BAROUDE,

  • Homme Noir 31/07/2012 20:22 X

    Mr Assouni et Djeinaba,
    Qu'est ce qui vous dit qu'il n'est pas effectivement le voleur, on sait tous qu'au Guidimakha les grand voleurs de bétail sont les connaisseurs de la zone comme le suspect et d'autres, donc cessez de dire n'importe quoi,

    si les autorités l'on attrapé c'est parcequ'ils ont des preuves donc ne il faut dire peul ou maures ou autres vous ne faites que prvoquer ainsi et les gens en on marre a tel point qu'on ne vous écoute plus vous etes des vrais SATANS

  • geronimo 31/07/2012 18:36 X

    La Gendarmerie Nationale est un des corps où il y a le plus de professionnalisme. Maintenant certains éléments ont semble t il dérapé. On verra quelles mesures seront prises à leur encontre par la hiérarchie. Et surtout que va faire le Chef d'Etat Major le Général Ndiaga DIENG ? Il est certes socialement un roumouz, mais sur le plan strictement militaire, un professionnel.

  • assounni 31/07/2012 15:22 X

    Au-delà de la torture condamnable sous toutes ses formes et quel qu’en soit l’auteur, on ne peut que remarquer la mauvaise foi de la personne qui a écrit ces lignes. Sous couvert de la défense des droits humains, il a joué le communautarisme, l’ethnisme et le racisme. Sinon pourquoi écrire : « Un jeune peul suspecté», c’était plus simple de d’écrire un jeune, ou un citoyen tout court.

    Plus loin : « Un commerçant maure », l’auteur de l’article aurait pu dire un commerçant tout court. Et si la victime était un ‘’Maure ‘’ ? Mais le but devient plus clair quand il compare plus loin nos régions du Fleuve à la Palestine et il qualifie l’administration d’occupation.

    Tout cela est l’œuvre des extrémistes des Flam qui cherchent par tous les moyens à mettre le feu au pays. Heureusement pour la RIM et le Sénégal, la nouvelle entente entre Aziz et Maky a fait échouer leurs plans. Mais ils vont continuer tjrs à essayer d’opposer les communautés du Pays les unes contre les autres, après avoir compris à leurs dépens qu’ils sont vomis par leur propre communauté. Ils cherchent le chaos plutôt que les élections.

    Quels étaient les suffrages obtenus par leur chef Sarr de l’AJD/MR pendant les élections présidentielles de 2007 et 2009 ? 4% des suffrages des mauritaniens .

  • Dieynaba 31/07/2012 15:17 X

    et d'ailleurs qu'es-ce qui prouve que les voleurs ne sont pas les gendarmes eux-même déguisés en civils, comme on l'a vu par le passé?

  • Dieynaba 31/07/2012 15:11 X

    Les gendarmes ne devaient pas agir ainsi sans preuves. s'ils étaient professionnels, ils auraient pu d'abord observer les mouvements des suspects avant de les arrêter pour vérifier les accusations portées.

    Mais comme pour eux tout ce qui est noir est mauvais... Espérons seulement que de tels actes ne conduisent un jour à l'irréparable

  • brabra1508 31/07/2012 10:38 X

    Un épisode de ce long feuilleton ''injustice en Mauritanie''
    Il ne faut plus jamais accepter un traitement injuste. Ce monde-là est révolu.