31-10-2012 05:40 - Cette histoire d’amour entre un esclave et sa maîtresse dont on a toujours évité de parler par tabou

Cette histoire d’amour entre un esclave et sa maîtresse dont on a toujours évité de parler par tabou

Le Festival de cinéma Nouakshort Films a couronné lundi, lors de la clôture au Village de la Biodiversité, Idoumou Ghally, "Prix Spécial" du Jury de la compétition des films d’ateliers, pour son court-métrage, "Mahmoud".

"Ce film a trois dimensions : une dimension sociale, une dimension humaine et une dimension innovatrice", a affirmé Idoumou Ghally, après avoir reçu sa distinction. "Il met en cause les dysfonctionnements de la société mauritanienne très marquée par le féodalisme, la stratification sociétale", explique-t-il.

Le personnage à l’origine de ce film est un poète, un homme de lettres mais avant tout un esclave. Un prétexte bien choisi par Idoumou Ghally pour traiter des questions de l’esclavage et de la féodalité. Mais, à travers ce film, Idoumou Ghally s’est voulu surtout substituer "aux historiens et aux écrivains mauritaniens qui n’ont jamais évoqué cette personnalité en raison de son origine sociale".

Pour la première fois, on parle de cet esclave dont la maîtresse est tombée amoureuse. "Mahmoud" est une histoire vraie, qui a eu lieu entre Kiffa et Guerrou, dans la wilaya de l’Assaba, au sud de la Mauritanie, au 19e siècle. C’est ici, explique Idoumou Ghally, poète aussi, que la vie de ce personnage lui a été raconté. "Ce n’est pas une personne étrange. Je connais sa poésie", souligne Idoumou Ghally, ajoutant qu’il y’a "actuellement, des milliers de Mahmoud en Mauritanie".

"Mahmoud" est un coup de pied dans la besace de la discrimination, de l’inégalité entre les différentes couches de la société mauritanienne. "Mahmoud", c’est également une illustration parfaite que le cinéma mauritanien est en train d’engendre une nouvelle génération de réalisateurs sans complexe qui font l’effort de parler de leur histoire, de leur passé, d’aborder des sujets qui n’étaient pas jusqu’à récemment faciles à aborder.

Babacar Baye Ndiaye


Commentaires : 0
Lus : 4992

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (0)