01-03-2013 07:49 - La couverture des «zones dangereuses»: Le journaliste, consolidateur de la paix - [PhotoReportage]

La couverture des «zones dangereuses»: Le journaliste, consolidateur de la paix - [PhotoReportage]

C’est le thème d’un atelier de formation qui s’est tenu, du 18 au 22 février, à l’hôtel Radisson Blu de Dakar, au profit de vingt-quatre journalistes d’Afrique de l’Ouest, de la Mauritanie et du Tchad.

Financé par le PNUD et organisé par la Direction de l’Information et de la Communication de l’Union Africaine (DIC/UA) et de l’Institut de Studies (études) et de Sécurité (ISS), cette rencontre participe aux efforts de l’UA dans la promotion et le maintien de la paix et de la sécurité, dans la région du Sahel et en Afrique de l’Ouest.

Elle avait pour but d’élever la compréhension des participants sur la manière de couvrir les conflits armés et autres menaces qui sévissent sur le continent africain, en leur présentant les moyens d’assurer une « couverture neutre des zones dangereuses ».

Les entretiens ont aussi cherché à développer les compétences éthiques et qualitatives du travail, contribuant ainsi à la consolidation de la paix dans ces zones. Durant cinq jours, les participants ont planché, avec les personnes-ressources, via des exercices pratiques, sur la qualité des reportages en zones dangereuses ; l’éthique du reportage, dans et sur ces zones ; le journaliste, acteur de la consolidation de la paix et de la prévention des conflits ; comment survivre en zone dangereuse ?

L’atelier fut aussi l’occasion d’explorer l’Architecture pour la Paix et la Sécurité en Afrique (APSA) et ses différents démembrements. D’un point de vue plus concret, les participants ont abordé différentes thématiques : journalistes et situations dangereuses ; implications pratiques ; cartographie des crises ouest-africaines ; enjeux autour de la sécurité : sécurité d’Etat et sécurité humaine ; implications pratiques et enjeux ; presse, partis politiques et conflits ; cas de la Côte d’Ivoire ; médias face aux discours haineux, à la stigmatisation et l’incitation à la violence ;

journalistes, « indépendance » et partage d’expériences ; journalistes en zones de guerre : comment amoindrir les risques ?), la question « genre » dans la couverture des conflits ; sécurité et protection des journalistes (théorie et pratique) ; défis des opérations de « paix » en Afrique ; le maintien de la paix, perspectives journalistiques ; traitement médiatique de la question des réfugiés, victimes et autres personnes vulnérables en temps de crise ; partage d’expériences sur les situations de guerre et autres crises internes ;

infos et manipulations en temps de guerre ou de crise ; éthique et déontologie journalistique en situation de guerre ou de crise ; les principes à l’épreuve de la pratique, les médias dits « chauds », la course aux scoops et ses implications (partage d’expériences) ; étude de cas sur les dérapages dans les médias et analyses de discours et d’articles de presse : examiner les potentielles sources de « dérapages » et proposer des solutions.

On n’a vraiment pas chômé… La rencontre de Dakar intervient quelques semaines après le déclenchement de l’intervention française au Nord du Mali occupé par les « intégristes armés ». Malheureusement, les journalistes africains, notamment de la sous-région, n’ont pas toujours les moyens de se rendre sur le terrain, pour donner la version africaine des faits. Résultat des courses : ils se contentent, le plus souvent, de relayer les grands médias internationaux, sans, hélas, prendre le recul nécessaire.

En organisant cette rencontre dans un Sahel et une Afrique de l’Ouest où sévissent des conflits armés, la DIC/UA et l’ISS mettent au grand jour les efforts qu’ils abattent, pour donner voix, dans un monde où la globalisation a fini par tout formater.

L’atelier a été ouvert en présence de monsieur Issaka Souaré, expert sur l’alerte rapide et la diplomatie préventive, à la commission de l’UA, Ato K. Onoma, directeur de l’ISS, Yaye Nabou Sène, journaliste à DIC/UA, Colonel Cheikh Dembélé, responsable de la formation, pour la Force Africaine en Attente (FAA) au département Paix et Sécurité de l’UA, Golda Keng, coordinatrice du programme ISS, de Hamadou Tidjane Sy, directeur de l’Ecole supérieur de Journalisme des métiers de l’Internet et de la COMmunication (EJICOM) de Dakar…

La cérémonie de clôture s’est déroulée dans une ambiance marquée du sceau de la fraternité et de la franchise. A travers un échange d’allocutions, les organisateurs et le directeur du cours ont émis souhaits de voir les participants mettre en œuvre un réseau, pour partager leurs expériences dans leurs différents pays, informer autrement le continent et le monde, contribuer à la lisibilité des actions et efforts de l’Union africaine, pour la prévention et le maintien de la paix sur le continent. Yaye Nabou Sène a réitéré l’engagement de l’UA à accompagner les journalistes du continent, dans l’accomplissement de leur noble mission. Avant de se séparer, les participants ont reçu des attestations de participation.

Athié Alassane
Envoyé spécial à Dakar


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Commentaires (1)

  • ahmed12b (H) 01/03/2013 13:37 X

    Pourquoi il n y a pas de journalistes "ould" on ne voit que des Diagana, Traoré, Athié, Séne et Sy. Non à une Mauritanie monocolore. Vous le dites souvent non?