05-03-2013 20:30 - MCRP : Droit de réponse à l’article de SHERPA
Nous avons pris connaissance avec une grande consternation du communiqué publié par l’association SHERPA à l'occasion de la visite qu'a effectuée son président, Me William Bourdon, en sa qualité d’avocat dans le dossier de la faillite de Mauritania Airways.
Ce communiqué qui mêle le conflit d'intérêt au parti pris du conseil d’un groupe privé, constitue une insulte inacceptable à la Mauritanie et à ses institutions que rien ne justifie de la part d'une organisation dite « indépendante ».
Abritée derrière un mobile fallacieux, celui d’examiner notre mode de gouvernance et ses conséquences sur la vie économique du pays, cette officine n’a pas hésité à reproduire des arguments mensongers, ressassés depuis plusieurs semaines par un groupe de personnes dans une vaine tentative de soustraire un homme d’affaires récalcitrant à son devoir.
Deux contradictions fondamentales découlent clairement de ce communiqué.
La première est cette instrumentalisation outrancière à laquelle l’association SHERPA est livrée. Autant il est légitime que l’avocat cherche à défendre l'intérêt de son client, autant il est inadmissible d’engager l’Ong qu’il dirige dans un combat qui déshonore ses principes et contrarie sa mission.
Mais l’indigence des moyens et des arguments à sa portée est allée jusqu’à la reconnaissance, contre toute attente, d’aspects éminemment positifs dans la gouvernance du pays, pour tirer ensuite des conclusions curieusement opposées.
Ainsi le communiqué de SHERPA concède l’essentiel : la Mauritanie, souligne-t-il, jouit d’une « spectaculaire hausse des investissements étrangers et d’un taux de croissance de 5,1% en 2011 ». Il est de notoriété, dans le contexte globalisé que nous vivons, qu’il s’agit là des deux vecteurs incontournables du développement économique et social d’un pays. Et si la Mauritanie a pu attirer vers elle une « spectaculaire hausse des investissements étrangers » et soutenir un tel rythme de croissance, c’est bien grâce à des politiques publiques appuyées sur une saine gouvernance.
Mieux, nous attirons l’attention de l’opinion sur le fait que ces résultats « spectaculaires » se sont consolidés en 2012 par une croissance de 6, 4% du PIB et 7,8% hors industries extractives.
Qu’au 31 décembre 2012 les réserves de change avoisine le milliard de dollars atteignant ainsi prés de 7 mois d’importations, ce qui constitue un niveau jamais réalisé dans le pays;
Que le compte courant est positif pour l’une des rares fois dans l’histoire du pays ;
Que les infrastructures se développent et que le pays se modernise ;
Q’une classe d’entrepreneurs et d’opérateurs respectueux de la loi émerge, profitant pour la première fois d’un partage de la croissance et d’une approche neutre, républicaine et juste de la gestion des affaires publiques ;
Que la pauvreté recule ;
Que le chômage recule ;
Que la santé des mauritaniens et leur niveau de vie se sont considérablement améliorés.
C’est d’ailleurs cette dynamique de bonne gouvernance, sous-tendue par une lutte opiniâtre contre les malversations et le détournement des deniers publics qui rend si mal à l’aise les clients que Me Bourdon s’emploie, bien naïvement, à défendre. Ne s’agit-il pas là de fortunes directement amassées à l’ombre protectrice de cette prédation dénoncée par l’association SHERPA et contre laquelle les autorités mauritaniennes ont justement sévi ?
(-- L’élan solidaire initié par l’association SHERPA, avec des patrons qui refusent d’accomplir le devoir élémentaire que l’on attend d’eux, payer leurs impôts, est une grave dérive, et va à contre-courant du combat mené courageusement par une grande partie de la société civile à l’échelle internationale. En cautionnant la tentative, clairement identifiée chez ce groupe, de se soustraire à ses obligations, SHERPA et son mentor favorisent l’assèchement des finances publiques au détriment des attentes des plus démunis. Ils contribuent, de ce fait, à promouvoir les intérêts de ceux qui ont inlassablement pillé les ressources et perpétué les injustes inégalités.
--) Il apparaît évident, et c’est là une autre contradiction, que SHERPA prend à rebours ses idéaux arborés dans son dernier plan d’action, lequel soulignait la nécessité de combattre les biens mal acquis et stigmatisait clairement la tendance à l’enrichissement personnel par une élite prévaricatrice « avec l’appui des banques et autres intermédiaires financiers. »
Mohamed El Moctar Ould Mohamed Lemine
Directeur de la Presse écrite au MCRP
