07-03-2013 15:05 - Monde de l’emploi : Les journalistes débauchent.
Les journalistes qui espéraient trouver avec la naissance de la presse privée audiovisuelle des opportunités d’emploi pérenne doivent être bien déçus. Quelques mois de séjour dans ce secteur, et voilà qu’ils découvrent que la presse audiovisuelle n’est pas pourvoyeuse d’emploi !
Qui disait qu’avec la libéralisation des ondes dans notre pays, les professionnels de la presse verraient les offres d’emploi se décupler ? Après avoir rejoint en masse les radios et télévisions privées, les acteurs de la presse ont vite déchanté. Non seulement, le traitement mensuel n’a pas été à la mesure de leur attente, mais plus, les institutions cibles frappent par leur figisme, leur manque de professionnalisme, voire le clientélisme et le laxisme érigés en règle dans la gestion des affaires courantes.
C’est ce qui explique l’immense vague de départs de professionnels des médias. « Comme nombre de mes confrères, j’ai opté volontairement pour la radio privée, persuadé que j’étais que l’ouverture de l’audiovisuel participerait à la promotion des journalistes.
Très vite, j’ai appris à mes dépens que la réalité était autre : le surplace ou le copie-collé suppléent à la création et à l’innovation. Les employeurs, encore très frileux, refusent le risque. Le contrôle de la parole est fait en amont par des directives et des traits rouges que l’on ne doit pas dépasser… », se lamente un animateur de radio privée qui s’exprime sous l’anonymat.
« Je me suis engagé dans cette radio en espérant trouver mieux qu’à Radio Mauritanie en terme de professionnalisme et de meilleures conditions de travail. Tout en tentant de concilier les deux en me réorganisant, je consacrais beaucoup de temps à la radio privée, mais très vite j’ai été déçu par l’amateurisme qui y règne » témoigne un des journalistes qui a décidé de mettre fin à son séjour dans le privé.
Les remontrances adressées aux radios privées sont identiques à celles qui sont adressées aux télévisions privées qualifiées de « boîtes de résonance ». Ici aussi, les journalistes se plaignent de la gestion du secteur : mauvaise répartition de la grille des programmes, plagiat, censure… Telles sont les pratiques les mieux partagées… pour le plus grand bonheur de la TVM national qui voit ainsi qu’elle a de très beaux et longs jours devant elle sans concurrent réel.
Cheikh Oumar NDiaye
