03-01-2014 00:09 - Barka - Tome 1

Barka - Tome 1

Je suis Barka Barka né quelque part sur cet immense territoire qu’est la Mauritanie. Allah le miséricordieux a voulu de sa volonté que je sois né le Lundi 28 Novembre 1960 date de l'accession de mon pays à l’indépendance nationale.

Je suis né dans une famille maraboutique modeste, qui n'est ni pauvre ni riche. Ma famille Ehel Barka disposait d'un petit troupeau de moutons de quelques dizaines de chèvres, un ou deux chameaux et une douzaine de vaches.

J'ai atteint l'âge de deux ans entre ma grande mère et ma tante. Ma mère El Alia étant très jeune et ne savait pas trop s'occuper d'un enfant. Mon grand père Hamed Ould cheikh est un homme qui a connu les villes et savait faire beaucoup de choses. Il est respecté de tout le monde et parfois craint du fait qu'il avait un pouvoir divin.

Ma grande mère Lalla Aicha quant à elle avait du caractère mais elle était très généreuse. Quand elle se rendait dans un campement elle apportait avec elle beaucoup de choses qu'elle distribuait aux gens. Je ne sais pas exactement quant est ce que j'ai commencé à lire mais je me rappelle des moments que ma mère me réveillait pour aller réciter les versets du coran écrits sur une planchette.

Je me rendais très tôt le matin auprès d'une dame Mamma qui m'enseignait avec un groupe d'enfants. Cette dame qui n'est pas de ma tribu mais de celle de mes oncles maternels Oulad elhacen avait une grande tente dressée non loin de la notre. Elle accueille les élèves filles et garçons .Elle accompagne notre campement depuis quelques années.

J'avais cinq ans et quelques mois lorsque j'ai récité ma première Sourat. Je me souviens de nos déplacements incessants à la recherche des pâturages et l'eau. Parfois les gens se réjouissent si nous sommes prés d'un puits ou quand les herbes sont abondantes.

Je comprenais peu de ce que disent les grandes personnes autour de moi. Je croyais que nous étions les seuls sur terre, pour moi les autres personnes dont on parle ne sont pas en vie .Je croyais qu’il y a une autre vie de laquelle j’ai trop peur. Les histoires que me racontent les personnes âgées me travaillent beaucoup l’esprit .

Je suis sûre que nous allons mourir qu’il y a une vie qui peut être meilleur pour les gens qui n’ont pas de péchés comme nous les enfants. Le paradis était mon rêve. Je croyais que beaucoup de gens de notre campement vont aussi aller au paradis. J’avais peur des tornades, l’éclaire et le tonnerre me faisait trop peur.

Mon oncle Yahya m’aimait beaucoup à chaque fois qu’il va pleuvoir il me prend et me dit :-« ne craints rien si tu veux je vais attacher la pluie et il va pleuvoir loin de nous mais nos animaux seront maigres et tu n’auras plus le lait la nuit et on ne peu plus égorger un mouton ». En ce moment je lui dis je n’ai plus peur je veux qu’il pleuve tout de suite ; il se met à rire et il me serre contre lui.

Les grandes personnes parlaient beaucoup du président Moctar ould Daddah, parlaient aussi de Ould oubeid, Horma ould Babana, du Maroc de Mohamed vall ould Oumeir et même de Hbib ould brahim Salem. Je comprenais qu'il y avait des évènements graves mais je me disais que mon grand père peut les résoudre. Mon père Elmehdy ould Barka était toujours occupé à lire des livres qu'il gardait soigneusement dans une cantine en bois qu'il appelait Taboute.

A la tombée de la nuit les gens craignaient d’être mordus par un serpent donc ils se déplaçaient peut .Nous les enfants nous allumons un grand feu de bois chez notre maîtresse de coran. Une fois le cours terminé un élève plus grand que moi, me ramène à notre tente. Le dîné est essentiellement fait de pâte de mil "Aich" et le lait de vache. Si je n'ai pas envie de manger la pâte je me satisfais du lait.

Je m'endors à coté de ma grande mère et mes oncles. Je dispose d'une couverture en laine "kissa" et une partie de la couverture en peaux de moutons "Varou" que je partage avec les autres. Ma grande mère me raconte des histoires de l’hyène «Guervav » et le chacal « Saika », parfois les histoires de mille et une nuit. La nuit pèse lourd malgré que je me repose, mais j'ai toujours peur de ne plus me réveiller.

Notre servante et qui est ma mère de lait me racontait toujours qu'elle a peur du dernier jour du jugement qui surprendra tout le monde mais elle disait que Allah lui pardonnera tous les péchés.

Notre servante Barakatou m'aimait beaucoup. Je m'endormais parfois chez elle, mais elle m’amène toujours chez ma grande mère et une fois réveillé le matin je n’étais pas content du fait que je me trouve chez moi et non chez elle .Barakatou notre servante est très généreuse, tous les enfants viennent dans sa tente et elle leur offre le thé et quelques biscuits secs, des arachides. Son mari Bilal homme âgé s’occupe de nos vaches ; mais ne s’intéresse pas aux enfants, il est toujours fatigué et se plaint de son dos.

Leur fils Mabrouk est un grand gaillard, se promène toute la nuit dans les autres campements. Leur deuxième fils Yarba qui a le même âge que moi aide beaucoup sa mère.

Barakatou nous raconte beaucoup d’histoires sur notre tribu, nos ancêtres et le courage de beaucoup d’hommes. Elle raconte l’histoire de Hennoune ould bouceif chef des Oulad M’barek et ses frères Ely et khattry. Elle récite beaucoup de poésie et parfois chante un peut. Elle maitrise bien l’histoire du prophète Mohamed (psl) qu’elle chante en poésie maure Medh. Parfois les femmes du campement viennent lui demander de leur faire une veillée de chants religieux.

Barkatou est chargée d’amener l'eau, elle est accompagnée d'autres servantes du campement de quelques garçons qui sont plus âgés que moi .Le ramassage des gourdes amusent les garçons qui s'adonnent a volonté a cet exercice ; les tentes du campement sont espacées de ce fait Barakatou ce met au milieu pour que les enfants puissent la retrouver.

Une dizaine d’ânes est mise à la disposition de Barakatou pour ramener les gourdes remplies d'eau. Le départ se fait très tôt le matin, le puits et un peut loin et il faut venir à temps pour se servir le premier. Les campements voisins s’organisent pour amener l'eau de ce même puits nommé Hassi Elid. Les nouvelles que rapporte Barakatou dés son retour du puits inquiète parfois ma grande mère ; elle lui annonce un décès, la maladie d’un cousin, mais aussi elle annonce la naissance d'un enfant ou le mariage d'une fille.

Barakatou maîtrise bien les informations qu'elle accueille avec les personnes qu'elle rencontre au puits. Parfois elle est fatiguée et ne bronche même pas, en ce moment ma grande mère comprend et ne lui demande pas les nouvelles elle lui remet du sucre du thé et le mil qu'elle va piler pour le diner .Notre campement est très grand une vingtaine de tentes ou plus. Les hommes organisent a tours de rôle "Wangala" qui consiste à égorger un mouton ou deux pour distribuer leur viande à part égale sur un groupe d'homme .Le tour viendra sur chacun pour fournir un mouton ou deux comme convenu .

Parfois les hommes font un méchoui ils enterrent la viande dans une « houfra » (emplacement un peut profond chauffé avec beaucoup de bois permettant de cuir la viande sans les braises).Les enfants viennent assister et réclamer de la viande en particulier le foie et les intestins. Une fois la viande cuite les hommes se partagent les morceaux et chacun ramène sa part chez lui, mais parfois il mange sur place et envoie le reste aux femmes.

La journée dans notre campement est courte, les femmes organisent elles aussi des invitations dans une tente dressée à cette occasion. Elles jouent le « sig » ; des petites baguettes teintes de tailles égales ou en branche de palmier dont une face noircie en les exposant au soleil, qui en les jetant sur le sol donnent un résultat connu comme les dés et ce résultat est transféré sur le" Bra " qui est une succession de ligne sur une bosse horizontale de sable avec des brins de bois et des noix de tougga alignés de chaque coté. Le jeu est très passionnant et les voix des femmes s’élèvent quand l'une d'elle triche.

Barakatou est la meilleur dans ce jeu ; je m'assois derrière elle pour la soutenir et parfois je lui apporte secrètement des brins pour les ajouter sur son «Bras » .Les autres femmes la soupçonne de tricher mais quand elle lève la voix ; elles sont convaincues. Les femmes passent ainsi la journée .Les après midi sont consacrées aux petites taches liée aux animaux ; recherche de petit cabris, des veaux ou rassembler les ânes pour les attacher aux pieds pour les divers besoins.

Les enfants de mon âge son solliciter pour intervenir dans la capture des veaux et des cabris ; cette opération peut durer un bon moment.IL arrive que le troupeau de chèvres et de brebis vient un peut tôt et le mélange des animaux avec leur petits provoque une grande pagaille c’est toujours les plus habiles parmi nous qui maitrisent le plus grand nombre de cabris.

Quant une chèvre cours avec son petit il est difficile de l’empêcher de téter et c’est une perte de lait pour l’une des familles du campement qu’il faut prendre en considération au moment de la distribution du lait la nuit. Ma grande mère est très attentive à ce genre de problème et demande à Barakatou s’il n’y a pas un cas de ce genre.

Parfois un étranger à dos de chameau vient au campement. Il se dirige vers une tente et descend du dos de sa bête. S'il s'agit d'une grande personnalité connue les hommes l'accueillent dés qu'il descend et un garçon ce charge de son chameau, s'il s'agit d'un berger ou d'un inconnu les hommes restent sous la tente. L'accueil se fait avec du « zrig » lait de chamelles mélangé à l'eau et du sucre. L’étranger bois parfois beaucoup et le reste des hommes boit après, les enfants ont droit à ce qui reste parfois rien.

Les étrangers sont traités avec beaucoup d’égard, mon grand père est le plus généreux du campement dés qu'un étranger vient chez lui, les plus souvent il ordonne mon oncle yahya d’égorger un mouton. Ce geste me réjouit parce que mon oncle me donne beaucoup de viande que je peux cuire et partager avec mes amis .

Le the est souvent servi après que les premiers morceaux de viande soient servi (evechaye).La prière de dhour est effectuée a un moment de la journée ou le soleil tape dure .La mesure du temps est effectué par un homme qui sort de la tente et s’oriente vers l’orient .Il calcul la longueur de l’ombre de sa taille en contant de l’endroit où il a mis ses deux pieds biens joints et l’endroit de la fin de sa taille fixé par un repaire au sol ;un trait qu’il a tracé avant de mesurer. Si c’est deux marches et demie mon grand père ordonne l’appel à la prière.

Une fois que l'appel du muezzin entendu tout le monde vient à l'espace que mon grand père à clôturé avec des branches d’arbres. Il y a un arbre au milieu de cette clôture et je tente toujours d'avoir une place à l’ombre, des hommes me demandent parfois de reculer la Sounna du prophète (psl) veut que les enfants de mon âge soient dans le dernier rang .Je supporte la chaleur du sol sous mes pieds et le soleil qui me brûle le reste de mon corps .

Mon père me disait que le bon musulman ne doit pas se plaindre au moment où il effectue un devoir divin. Le campement est dirigé par mon grand père Hamed, des étrangers viennent pour des conseils religieux dans tel ou tel différent et même lui demandent de juger une affaire qu’ils n'arrivent pas à arranger. Le plus souvent les gens partent satisfaits et parfois ils disent qu’ils verront un autre cadi. Quelquefois mon grand père accueille un homme qui vient pour apprendre des leçons du fiqh (doctrine musulmane) approfondies.

Je ne comprenais pas en ce temps ce que veut dire fiqh malick ; un jour l’un des garçons plus âgé de nous a dit qu’il va quitter la maitresse de courant pour apprendre le fiqh de Malick chez mon grand père. L’un des élèves lui a dit qu’est ce que c’est le fiqh et il li a dit c’est la doctrine religieuse approfondie selon l’explication de l’un des quatre oulémas ; malick, chafii, ibn hambal ;abou hanifa.

Parfois, les femmes se regroupent pour aider l’une d’elle à finir les retouches d’une tente, les plus habiles sont les filles de Cheirif qui se distinguent par le choix des meilleurs tissus colorés dont elles rassemblent les petits morceaux et en font des dessins très jolis. Barakatou disait qu’elle préfère sa tente en poile de mouton parce qu’elle résiste à tout sauf les fortes pluies du fait que la laine se dilate et laisse des espaces par les quels les rayons brulants du soleil pénètrent à l’intérieur de la tente.

Ahmeidena le forgeron me laisse parfois m’asseoir à coté de lui. J’ai beaucoup d’estime pour son travail qui me parait très compliqué et difficile à faire. Son fils Soueidi m’a dit que son père est le meilleur des forgerons et que parfois il mange sans s’en rendre compte et quand il finit de travailler il réclame à sa femme Zouena le déjeuner en jurant qu’il n’a rien mangé depuis deux jours .

Les histoires que me raconte Soueidi me fascinent beaucoup ; son père arrive parfois à réparer les fusils, les postes radios ; une fois il a réparé un véhicule qui est tombé en panne quelque part en brousse. Ahmeidena coupait du bois et il a entendu le bruit d’un moteur, tout d’abord il a pris la fuite croyant que s’était les gendarmes mais sa fuite était en direction du véhicule et à sa grande surprise il était en face des occupants de ce véhicule .Il n’a pas pu leur parler du fait qu’il avait le souffle coupé et avait trop peur.

L’un des occupants du véhicule Ahmedou a reconnu Ahmeidena et lui a dit tu es venu au bon moment la voiture refuse de rouler et c’est toi qui va la réparer. Ahmeidena a remercié Allah de lui avoir évité de rencontrer des gendarmes alors qu’il venait d’abattre plusieurs arbres et c’est la prison certes qui l’attendait ou une amende.

Ahmeidena a repris ses esprits et ouvert le capot de la voiture, ses mains tremblaient et ne savait même pas quoi faire. Il a touché tous les fils, secoué une partie du moteur .Sûr de lui il a demandé au chauffeur d’essayer de démarrer sa voiture se qu’il a fait le moteur s’est mis en marche .Combien était grande la joie des hommes et Hmeidena. Ahmedou l’a remercié et lui a remis du sucre du the et du pain.

Ahmeidena raconte qu’il a prié Allah et a appeler ses marabouts au secours parce que c’est la première fois qu’il s’approche autant d’une voiture. Le forgeron Ahmeidena est reconnu pour son habilite mais il manque de courage quant les femmes veulent rire, elles viennent dans sa tente en lui demandant de leur réparer un objet ; une calebasse ou aiguiser un couteau. En ce moment l’une d’elle jette sur lui un morceau de tissu en criant serpent !serpent !

Ahmeidena saute de peur et se met à courir et il jure qu’il ne va plus revenir tant que le serpent n’est pas mort. Les femmes jurent que s’est une farce mais lui dit qu’il ne va jamais revenir tant qu’il n’a pas vu ce serpent mort. Zoueina est une forgeronne d’une autre tribu ; elle vient du nord mais elle a beaucoup de talant. Les femmes du campement lui demandent toujours de travailler pour elles.

Le départ d’une fille avec son mari demande beaucoup de cadeaux qui sont pratiquement de l’œuvre des forgerons ; les coussins en cuirs avec des teintures multicolores, les couvertures en peaux de brebis, les grandes outres (tiziyatenes), les selles des chameaux, les cordes en peaux de chèvres soit pour fixer la tente ou maitre dans les narines du chameau pour le guider. Le Mechakab est fait à partir de bois d’ébène difficilement acquis.

Hmeidena opère une décoration malicieuse de ce bois ; il y a quatre planches qui serviront de manière verticale à la constriction de ce meuble. Les autres parties sont taillées et mesurer pour donner la forme définitive. Une fois le bois travaillé Zouena prend les morceaux commence à les rassembler avec des ficelles en peau de vaches ou chameaux (jimba).

Après deux jours de travail le meuble est exposé au soleil pour que la structure garde la bonne forme, ensuite Zouena complète la décoration en couvrant soigneusement les endroits attachés avec des morceaux de cuire colorés. Aucune fille ne peut déménager avec son mari sans ce meuble qui servira plus tard à ranger les gourdes de provision ; la fille s’en sert comme selle de chameaux.

Le griot Ely était toujours en voyage sa femme Aicha chante peut, ses filles ont des belles voix mais travaillent beaucoup. Elles n’ont pas de frère et se chamaillent souvent avec leurs servantes khdeija et Noueissra. Le plus souvent l’une d’elles est invitée par les femmes du campement pour célébrer un événement ou honorer une hôte de marque. Malgré que notre tribu se distingue par notre tradition maraboutique, mon grand père permet beaucoup de choses sans autant toucher aux règles strictes de la religion. Il est interdit aux hommes de venir dans les invitations organiser par les femmes, le mouvement des filles et très contrôlé.

Le hawl organisé par les griots incitent les jeunes à prononcer des poèmes parfois des vers de poésie adressés à une fille d’un autre campement ou imaginaire .Le plus souvent deux clans de garçons offrent une soirée de poésie(Agtaa) très animée ;chaque équipe vante son courage et sa générosité l’autre réplique en citant des faits contradictoires de ce que l’autre vient de dire et ainsi de suite la soirée peut se prolonger jusqu'à tard la nuit. Le griot Ely est très courageux, il voyage souvent seul et très loin.

A son retour de voyage il amène beaucoup de cadeaux ;il amène des dattes d’Atar, des biscuits, des arachides, des parfums, des habits et beaucoup de petites choses que ses filles envoient par petites quantités à toutes les tentes du campement. La nouvelle du retour de Ely provoque un grand mouvement dans notre campement des hommes viennent lui dire bonjour tout en lui promettant dés le retour des troupeaux un mouton à égorgé.

Ely est notre griot nous l’aimons tous mais il ne reste pas long temps sans voyager. Il dit souvent qu’il trouve sa force dans le voyage. Aicha l’épouse de Ely est une grande dame elle a beaucoup de bonne qualité selon Barakatou notre servante qui apprécie le fait qu’elle donne tors a ses filles quand elles se bagarrent avec leurs servantes.

Le gavage des jeunes filles à partir de sept ans est une pratique opérée dans notre campement ; la bergère Loubeidha est spécialiste de cette torture .Il m’arrive de venir au secours de l’une de mes cousines en renversant exprès le vase contenant son lait .Loubeidha se met a mes trousses mais je lui échappe souvent et parfois elle rapporte les faits à ma maitresse de coran qui me punie en me pinçant les oreilles. La sanction est méritée, je supporte la douleur et me réjoui en entendant mes cousines dire que je suis le meilleur est le plus gentilles des petits garçons.

Notre campement était éparpillé sur un étendu de dunes de sable rougeâtre couvert par une végétation d’herbe sèche et des buissons, la zone est connue sous le nom du Dhar aux frontière d’Elaria. Les dernières pluies remontent à deux mois. A en croire Barakatou nous allons nous déplacer vers le sud. Les raisons de ce déplacement sont multiples ; des hommes vont organiser des caravanes de sel pour le vendre au Sénégal et en contre partie acheter du mil du sucre des arachides et diverses autres marchandises. Mon grand père ne participe pas à ce genre de commerce, mais envoi son fils Yahya .Mon père lui voyage par voiture pour aller à Dakar exercer le commerce.

Selon mon père le voyage est pénible ; il attendait deux voir trois jours avant de voir un véhicule passé .Un certain sid’ahmed a une voiture Citroën T46 qui fait la navette entre Nouakchott et Rosso, le voyage peut prendre deux jours. La deuxième raison de ce voyage vers le sud est que mon grand père a décidé d’inscrire la plupart des enfants en phase d’apprendre à l’école moderne. Cette décision a été prise suite à un long débat et des correspondances par lettre entre plusieurs oulémas.

Mon grand père disait que le prophète (psl) a dit d’apprendre le savoir même en chine, et qu’il a décidé d’inscrire ses enfants à l’école d’un village ressèment construite au bord de la route Rosso Nouakchott. Des familles vont se séparer de leurs enfants d’après les hommes du campement, les enfants vont être accueillis dans des tentes, la nourriture et des habits vont leur être donnés par les maitres de l’école. Ils disent qu’il y a des cantines scolaires. Je me disais qu’un jour je vais moi aussi à l’école et je serais loin de ma famille.

Mon grand père disait que le chef de ce village Abdelmoumine est son ami d’enfance et qu’il lui a demandé de construire une maison à coté de lui et de laisser la vie en brousse. Les hommes du campement disaient qu’eux aussi vont le suivre s’il décide de vivre dans ce village. J’étais très curieux de savoir si la vie est meilleure dans ce village que notre campement.

Le déplacement du campement est soumis à l'autorisation de mon grand père qui demande du temps pour statuer.IL demande s'il n’y a pas un homme absent si tel n'a pas perdu un chameau ou un âne si tout le monde est d’accord. Des hommes vont à la recherche d'un endroit où il y a des pâturages et un puits qui ne doit pas être loin du prochain emplacement du campement. Le jour du déménagement les enfants ne vont pas chez la maitresse du coran.

Le déménagement commence par le ramassage des ustensiles de ménage ; les objets utiles ensuite il faut défaire la tente et commencer l’emballage des outres contenant le mil, le riz, les grains des pastèques et le niébé .Le sucre étant une denrée rare il est gardé dans les males en bois dont seul mon grand père détient les clés. Les hommes commencent l’emballage des colis les femmes donnent leur avis sur l’équilibrage une fois les colis mis sur les chameaux. Ma mère avait un petit hameau en liane d’acacias couvert par une espèce de toit en tissu blanc percal.

Les enfants les moins âgés montent avec les femmes les autres montent sur les bagages ou poursuivent la caravane à pieds. Le voyage peut durer jusqu'à tard dans la journée.les hommes surveillent le mouvement des bêtes parfois une femme crie à l’aide et un homme accourt à son secours. Il y a le risque de tomber du dos d’une bête affolée. Parfois les chameaux s’affolent en voyants des trous dans le sol, le porc et pic opère une série de trous pour y vivre. Les hommes qui connaissent bien le terrain évitent de passer dans les zones où il y a possibilité de ce genre d’obstacles.

Notre servante Barakatou est habile et sait très bien monter à dos d’ânes. Elle a en charge les outres d’eau et les objets fragiles qu’elle emballe et met sur son âne. Je suis toujours tenté par lui demander de me laisser monter avec elle ; mais ma grande mère s’oppose toujours à ce genre de tentation.

Elle critique souvent ses filles qui ne savent pas très bien se tenir sur les chameaux. Elle leur demande d’être plus vigilantes et de ne pas trop se faire remarquer par des cris aux secours. Le déplacement me permet de découvrir des endroits que je n’ai jamais vus. Quelqu’un a crié : j’ai vu une outarde là-bas. En ce moment mon grand père a pris son fusil et parti vers l’endroit indiqué .Il ramène toujours quelques gibiers des outardes ou des antilopes.

Auteur : Lemrabott Mohamed Elmamy
mercredi 18 mai 2011
Barka




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Source : mouritani123
Commentaires : 5
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Commentaires (5)

  • bigmath (H) 03/01/2014 11:24 X

    Du courage Lemrabett il faut terminer le livre; la Mauritanie a besoin d'écrivains; et il me semble que vous écrivez bien. On dit que le Portugal produit plus de livres que tous les pays arabes réunis. Pauvres arabes!!! Et dire que le Prophéte PSL nous a exorté à la lecture et la recherche de la connaissance.

  • le cavalier du désert (H) 03/01/2014 10:10 X

    J'ai pas pu comprendre cet article fleuve?!

  • Mawdo1960 (F) 03/01/2014 01:19 X

    Sevante en mauritanie veut dire noire et esclave. Famille maraboutique avec des esclaves sur quel hadith ou sourate ete vous base pour avoir des noirs musulmans et esclaves?... Apres la mort les choses vont chauffer

  • macfar (H) 03/01/2014 00:31 X

    Pauvre Ahmeidena en plus de la souffrance d'une activité ignée dans un pays désertique, les femmes poussent le vice jusqu'à lui faire peur au serpent. Il pouvait faire un arrêt cardiaque.

  • Aboulamine (H) 03/01/2014 00:18 X

    Donc Baraka et Bilal étaient des esclaves, j'espère qu'ils sont libres maintenant eux et leurs enfants?