20-06-2014 11:55 - Culture entretien le photographe Daouda Corera alias David Coreris l’histoire d’une passion

Culture entretien le photographe Daouda Corera alias David Coreris l’histoire d’une passion

Le Rénovateur Quotidien - Une nouvelle génération passionnée par le langage des images fleurit dans les rues de Nouakchott à l’instar de Daouda corera alias David Coreris est un jeune mauritanien, natif de Maghama.

Informaticien reconverti en photographe, il parle de sa passion de la photographie, comme d’un sacerdoce. Question de marquer, sans doute, sa présence et son rôle une discipline surtout pratiquée par des étrangers.

Au milieu d’une ambiance chaleureuse et devant un chocolat chaud il a évoqué son histoire pleine de passion avec le huitième art. Entretien

Le Rénovateur : Parlez-nous d’abord de David Corera et de ses débuts dans la photographie ?

Daouda Corera : Je m’appelle Daouda Corera, David pour les intimes. Mon amour pour la photo date de longtemps. J’étais à l’université où je suivais des cours de licence en ingénierie informatique.

Le weekend, j’allais prendre des photos en ville avec un petit appareil Sony qui appartenait à un ami. J’en faisais beaucoup de prises de vues. Je me suis rendu compte par la suite, qu’elles étaient belles et parlantes.

Un jour l’artiste peintre Omar Ball qui est mon ami m’a proposé de faire des photos de lui, en plein travail pour une exposition d’art qu’il devait faire. Il m’a suggéré de participer à un concours de photographie organisé par Sahel Prod de Yero Djigo, un photographe professionnel très connu à Nouakchott.

Et j’ai été nominé pour le prix de la meilleure photographie. Je ne m’y attendais pas, mais la chance a tourné de mon coté. Après des encouragements de la part de mes proches et amis, j’ai compris qu’il était temps de se mettre au travail.

Mieux, je me suis perfectionné, notamment à Dakar aux côtés de la photographe Clément Tardif, une vraie professionnelle qui vit au Sénégal. Elle n’a ménagé aucun effort pour me familiariser avec cet art. Au retour je me suis donné corps et âme à cette discipline.

Le Rénovateur : Quelle a été la première réaction de vos parents et de la famille face cette passion pour la photographie ?

Daouda Corera : Mes parents n’en revenaient pas. Pour eux, mes études n’avaient rien de commun avec la photographie. Je leur ai expliquais mes choix, ma passion et mon amour pour cette discipline.

Ils m’ont appuyé et encouragé. J’ai également bénéficié des conseils de photographes professionnels comme Béchir Malum, Yero Djigo qui connaissaient mieux que moi le terrain.

Le Rénovateur : Comment conciliez-vous Passion et Travail ?

Daouda Corera
: L’art n’est pas bien développé dans notre pays et on ne peut pas en vivre ici. Mais je ne peux séparer la passion et le travail, je concilie les deux pour survivre.

Il n y a pas longtemps, j’ai postulé dans pas mal d’entreprises, comme infographe, malheureusement, les entreprises ne semblent se soucier de la valeur des jeunes diplômés et de ce qu’ils peuvent apporter. A la fin ma passion est devenue mon métier.

J’ai été contacté par des sociétés minières et des banques, en l’occurrence, MCM et BMCI et même l’OIM, pour faire des photos. J’avoue que ça m’a beaucoup rapporté. J’ai également travaillé avec l’Union Européen et des agences comme RIM PUXELLE dont je suis directeur de photographie.

Le Rénovateur : Pensez vous vivre pleinement votre passion, votre art, et quels sont les difficultés auxquelles on est confronté quand on est artiste photographe ?

Daouda Corera : En Mauritanie quand on fait de la photo, on est considéré comme un journaliste, ou même un paparazzi qui fait des photos pour revendre.

Il y’a de jolies photos que l’on retrouve sur des sites francophones et qui, faites par des professionnels. Mais je tiens à souligner qu’il n’y a pas de mauritaniens, ou très peu, dignes d’y apposer leurs signature. C’est dommage.

Je tiens également à préciser que les étrangers ne sont en rien meilleurs que nous. L’Afrique a beaucoup plus de choses à montrer. Et la Mauritanie a tant à faire découvrir à travers les images que ce soit la peinture ou la photographie. Je veux montrer ce coté riche de mon pays.

Je compte, d’ailleurs, aller dans la Mauritanie profonde, le Fouta , faire des Photos et, pourquoi pas, organiser des ateliers avec la population. Ce sera la Mauritanie vue de l’intérieur.

Le Rénovateur : Je sens dans vos œuvres plus de féminité pourquoi ce penchant ?

Daouda Corera : j ‘adore prendre les filles ou les femmes en image. Je vois en elles, plus de couleurs, plus d’amour et de beauté, et je trouve plus de mystère chez elles.

Chaque photo que je fais d’elles recèle un message qui parle de leurs vécus, de leurs histoires. Mais je fais aussi d’autres photos en choisissant d’autres concepts avec les hommes, mais aussi le paysage et les choses.

Le Rénovateur : Quels ont été les moments de votre carrière ?

Daouda Corera : J’ai participé à des exposions ou mes œuvres ont été bien appréciées, une de mes photo a été achetée par le premier conseiller à l’Ambassade de France, j’ai trouvé ce geste vraiment gentil et honorable car j’ai toute suite compris que je faisais de jolies choses avec mon appareil.

J’ai par la suite participé à l’exposition « Made in China » avec de figures emblématiques de la photographie comme Bechir Malum, Yero Djigo, Medina Ibrahima Ndiaye, André EssiewboIl y a également eu l’exposition « l’image par Image » avec la photographe française Catherine Poncin.

A Dakar, j’ai fait la rencontre de plusieurs photographes lors du festival « Carrefour Dakar » qui a réuni des photographes, des stylistes, des peintres, des hommes de littérature et des poètes. Cette rencontre visait à mettre en valeur le multiculturalisme et l’art visuel pendant trois mois.

ce fut une découverte pleine d’émotion pour moi. J’y ai beaucoup appris. Récemment j’ai collaboré avec la créatrice Cecile Mor Ndiaye pour son concept MIS Woudé ; j’en garde de bons souvenirs. comme des moments à Dakar où j’ai fais la connaissance avec l’univers de l’image, de belles rencontres avec Mohamed Kandji, Abdoulaye Ndao, et Sylvio Bizanga entre échange et courtoisie. Et mieux j’ai côtoyé le monde Glamour un temps. Une vraie découverte !

Le Rénovateur : Avez-vous bénéficié de formations ou de stages ou appui quelconque de la part de nos institutions ?

Daouda Corera : les mauritaniens ne savent pas que l’art est un facteur de développement et une forme de culture très appréciée dans le monde. Que ce soit la photo ou la peinture, l’image attire toujours les touristes qui découvrent à travers elle, les autres cultures. Cependant le gouvernement reste toujours indifférent à nos efforts.

Le Rénovateur : Des projets ?

Daouda Corera : J’en ai beaucoup, je compte aménager mon agence, pour développer mon métier. Je travail sur une première exposition personnelle, avec l’aide d’une amie photographe Aziza Cherif et Tabara Mbodj qui, œuvre dans l’humanitaire, un projet vraiment sérieux et qui cache plein de surprises.

Le Rénovateur : Un message pour la jeune génération ?

Daouda Corera : Oui vivez pleinement votre passion.

Entretien réalisé par Houleye Kane



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