04-07-2015 20:16 - " Emel 2015 " : Réel ou virtuel ?

L'Authentique - Le manque d’entrain que met le gouvernement à rendre effectif le plan dit de la Solidarité au service du monde rural, ne dénote pas d’une réelle volonté de donner espoir aux centaines de milliers d’éleveurs et de simples citoyens qui commencent déjà à ressentir les effets dévastateurs de la sécheresse ! Manque de moyens ou stratégie visant à attendre encore pour ne pas avoir à agir sur une longue période ?

Profitant du passage des ministres du développement rural, du commerce et de l’environnement les semaines dernières, les députés n’ont pas manqué de leur faire comprendre que retard pris dans la mise en œuvre du nouveau plan d’urgence les expose à la sentence qui dit " le médecin après la mort ".

Même au niveau des fameux boutiques vendant à des réduits et qui, selon les dires des ministres, doivent consacrer le retour en force de la Sonimex, rien de concret n’a encore été fait ! Le gouvernement qui prend tout son temps, ne réalisant pas que chaque jour qui passe ajoute au désarroi de populations donne à l’occasion, de solides arguments à ll’Opposition Démocratique qui dispose d’une nouvelle carte à jouer.

C’est d’ailleurs, le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) qui, le premier a frappé là où ça fait vraiment mal. Il y a quelques semaines, le parti d’Ahmed Ould Daddah a lancé un cri d’alarme à la communauté internationale et, du coup, dénoncé l’insouciance du gouvernement face à la menace que fait peser le déficit pluviométrique de cette année sur les populations.

Réalisant le bénéfice politique que l’opposition tente de tirer d’un tel coup d’éclat, le gouvernement avait réagi peu après par la voix du Premier ministre et annoncé le plan d’urgence dont la mise en œuvre se fait toujours attendre. Une attitude qui risque d’être payée au prix fort par le pouvoir du président Aziz.

Dans les wilayas de l’intérieur du pays, les citoyens adoptent une attitude de résignation et commencent déjà à envisager le pire : une sécheresse comme celles de la période 1970 - 1973 n’est pas à exclure. Les conséquences de cet état de fait seront d’autant plus dramatiques que la situation de ces willayas devra aussi subir les contrecoups de l’état de l’agriculture au niveau mondial soumise à des aléas climatologiques variables. Les craintes sont réelles.

Pour 2014, le Rapport publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde souligne la part du risque que la crise économique fait courir sur les " efforts déployés pour réaliser l’Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) ".

Le rapport souligne, en effet, que les petits pays dépendants des importations, notamment en Afrique, " ont été frappés de plein fouet par les crises alimentaire et économique, et nombreux sont les pays qui s’en ressentent encore dans différentes régions". Car même si l’on parvenait à réaliser les objectifs du Millénaire pour le Développement dans les temps impartis (c’est-à-dire, à l’horizon 2015 – 2016), quelques 600 millions d’habitants des pays en développement seraient encore sous-alimentés.

C’est pourquoi, le Rapport 2014 de la FAO porte sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde en mettant en avant, la volatilité des prix des denrées alimentaires ces dernières années. Car ces facteurs ne cessent d’être au cœur des préoccupations des gouvernements et des populations.

Au demeurant, il est très largement admis que les prix des aliments resteront élevés et volatils. Même si la FAO dit se féliciter que, en 2015, " les ministres des finances et les gouverneurs de banques centrales du Groupe des 20 (G-20) ne ménageraient rien pour atténuer la volatilité des prix des denrées alimentaires. " Tirant partie de sources de données et d’études inédites jusqu’ici, le rapport affine les analyses de la situation mondiale pour découvrir ce qui s’est passé sur les marchés intérieurs et tirer des enseignements de la crise alimentaire mondiale pendant ces dernières années.

Le rapport souligne en particulier que les répercussions de la fluctuation des cours mondiaux sur la sécurité alimentaire et la nutrition des ménages sont fortement dépendantes du contexte, à savoir, le produit concerné, les politiques nationales qui influencent la transmission des prix depuis le marché mondial jusqu’aux marchés intérieurs, les caractéristiques démographiques et productives des différents ménages et une série d’autres facteurs. La diversité des répercussions, que ce soit à l’intérieur des pays ou d’un pays à l’autre, fait ressortir la nécessité d’affiner les données et l’analyse afin que les gouvernements puissent mettre en œuvre de meilleures politiques.

Des politiques mieux conçues et plus prévisibles peuvent non seulement limiter les effets secondaires indésirables sur les autres pays, mais aussi réduire l’insécurité alimentaire et la volatilité des prix dans le pays.

En outre, le rapport établit une distinction claire entre le niveau des prix des aliments et leur fluctuation (la volatilité des prix), car les coûts et les avantages des hauts niveaux de prix sont très différents des coûts de la volatilité des prix, en particulier quand les fluctuations ne sont pas prévisibles.

À court terme, il est capital de concevoir des mécanismes de protection sociale performants, capables de fournir l’aide ciblée appropriée aux bonnes personnes et au bon moment. À long terme, l’investissement dans l’agriculture et l’amélioration de la capacité d’adaptation des agriculteurs sont essentiels pour garantir à chacun un accès durable à l’alimentation et réduire la vulnérabilité face à la volatilité des prix et aux catastrophes naturelles telles que la sécheresse.

Le secteur privé et le secteur public doivent mettre à la disposition des agriculteurs, en particulier les petits agriculteurs, des semences et des techniques agricoles améliorées, ainsi que des systèmes d’irrigation et des engrais, susceptibles d’accroître la productivité et de réduire les risques liés à la production, d’une manière durable.

Ahmed. B



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