30-01-2016 01:30 - Pièce de théâtre : Troisième tableau - L’assemblée du conseil des anciens

Pièce de théâtre : Troisième tableau - L’assemblée du conseil des anciens

Amadou Diagne Niang - (Tous les dignitaires du royaume étaient présents autour de l’Almamy) Almamy  : Sages du royaume, Je vous salue !
  L’Assistance : Salut à toi honorable élu.
Almamy : Vous avez toujours vu en moi l’exemple d’un bon roi

Qui a toujours voulu que l’on respecte nos lois
Et c’est que celles-ci sont aujourd’hui menacées,
Que j’ai convoqué ce soir cette auguste assemblée ;
Nos esclaves aujourd’hui aspirent à notre rang

Ne voulant plus demeurer dans l’enceinte de leur clan.
Vous rendez-vous compte de la gravité de cet acte
Qui va jusqu'à bafouer un antique pacte.
Une esclave pour époux vient choisir mon fils,
L’héritier de la couronne, le défenseur de la justice.

L’Assistance : Quelle humiliation ! Quelle présomption !

Almamy (poursuivant son discours)

Nous devons nous unir pour combattre ce feu ;
Ce feu de la honte qui consume notre orgueil
Et non rester impuissants comme des femmes en deuil.
Quant à Birama s’il aime bien sa patrie,
Qu’il nous dise alors jusqu’à quel prix.

Birama : (devant son père et le conseil)

En effet mon père j’adore ma patrie

8 Et pour la voir triompher, sacrifierais-je ma vie.
Je souhaite dans l’oubli avant que je sombre
: Que son nom sorte et éclate du fond des ténèbres
Qu’elle devienne sans rivale la plus grande puissance
Que tout l’univers la chante en cadence.
Et s’il arrivait un jour à un ennemi téméraire

D’aller jusqu’à fouler le sol de ses frontières,
L’on me verrait partout sur les champs de bataille;
Saccageant l’ennemi où tué par sa mitraille.
Mais vouloir lier ce fait à mon amour pour Fanta,
Considérer mes sentiments comme un attentat à l’état,

C’est encore je répète manquer de réflexion,
Car je trouve insensées toutes ces prétentions.
J’ai plutôt la joie de vous dire par ce moment béni,
Que dans trois au plus, nous serons unis.

Almamy : (Furieux, se lève de son trône et pointe du doigt son fils)

Ce mariage, je l’ai juré n’aura jamais lieu
Ayant encore en moi je respect de mes aïeux.
Mais puisque tu t’obstines à accomplir ton projet
Qui pour moi est comme l’humiliation d’un soufflet,
Je te donne la seule grâce de d’exiler de mes terres
D’où tu seras traité comme un pauvre hère. 9

LE SAGE OMAR : Majesté ! Majesté ! le fait que nous soyons au sommet de la vieillesse

Ne doit pas nous contraindre à blâmer la jeunesse
A souffrir aujourd’hui d’une si juste cause,
Là pour moi au moins nul problème ne se pose.
Si vous vous souvenez des lois de nos ancêtres
Et de celles-ci même peut-être,

Nombreuses parmi elles par nous furent rejetées
Et quelques années plus tard furent oubliées.
Ces jeunes gens n’ont fait que prendre exemple
Les changements qu’ils apportent seront toujours plus amples.
Quand ton fils d’une esclave te dit vouloir la main,
Comprenons qu’il prêche l’égalité des humains.

Il donne a chacun le goût de la liberté,
C’est la meilleure façon de satisfaire la société.
Car si les uns des autres se sentent menacés
Si les uns des autres se sentent sous estimés ;

L’aigrissement en eux devient soudain bouillant,
Ils deviennent hargneux et de dangereux partisans.
Et nous seront alors auteurs des multiples révoltes
Car à force d’endurer, ce sera la riposte,
Et le sang coulera partout à flots
Hommes et femmes seront secoués de sanglots
Sous la secousse de tous ces roitelets qui envient ta puissance 10

Et que tu as toujours pliés sous le joug de l’obéissance.
Laisse ton fils épouser celle qui fait son bonheur,
J’estime que sa valeur surpasse toutes nos mœurs.

Almamy (déçu par la réaction du sage Omar)
Oh ! Sage Omar le plus éclairé de tous
Es-ce donc toi qui aujourd’hui me pousse
A approuver sans réagir une telle proposition
Comme un jeune enfant amateur de la fiction.

Non ! Ma décision à ce sujet est désormais prise
Et plus vous m’en parlez, plus je sens ma crise
De colère et de dégout atteindre son paroxysme,
Et que tout le monde se retire, n’ayez aucun optimisme.
La séance est levée
Et chassez de vos esprits toutes ces vaines idées.

(Il sort le premier, suivi par le conseil des anciens).

FIN



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