20-04-2016 09:12 - Il y a 52 ans, une Mauritanienne était déjà pilote

Il y a 52 ans, une Mauritanienne était déjà pilote

L'Authentique - Elle s’appelle Marième Mint Toueileb. Elle est la première mauritanienne à piloter un avion. Les Français l’appelaient « La fille du chasseur ». De père Nmadi, ces « fameux chasseurs avec chiens », elle a grandi à Atar, près des casernes militaires dirigées à l’époque, dans les années 40, par les Français entourés de goumiers.

Elle a confié son histoire à l’anthropologue française, Sophie Caratini, qui la campa dans son roman « La fille du chasseur ». Aujourd’hui âgée de 76 ans, Marième Mint Toueileb vit à Paris, avec son mari français, ancien aviateur de la coloniale à Atar.

Sophie Caratini raconte que c’est en 1973, alors qu’elle préparait une thèse sur l’économie pastorale chez les nomades propriétaires de chameaux, que le défunt Ahmed Baba Miské lui a conseillé d’aller voir Marième Mint Toueileb. Elle la rencontrera puis les deux femmes se perdront de vue jusqu’à la veille de la guerre du Golfe quand elles se rencontrèrent de nouveau par hasard au cours d’une manifestation à Paris contre cette guerre en Irak.

C’est le début du roman de la vie de Marième Mint Toueileb qui avait demandé à l’anthropologue de conter sa vie. Après la sortie du livre, elle sera l’invitée de RFI en 2011 autour du livre qui venait de sortir.

Durant cette émission, elle dira que son père, de la tribu des Nmadis avait demandé la main de sa mère, de la tribu guerrière des Ladem. Mais la famille refusa. Alors, il l’enleva et la maria. Elle raconta ensuite son enfance, traînant près des casernes à Atar et c’est là qu’elle apprit la langue et la culture française en côtoyant les Français.

Elle apprit à piloter, puis un jour, elle prit un appareil appartenant à un homme d’affaires qui possédait quelques avions au sein de l’Euro-club d’Atar. A hauteur d’une zone dénommée « Gleib Alva », elle sentit un problème technique et parviendra à se poser avec brio.

C’était en 1964, alors que la Mauritanie était dans sa phase de construction en tant que nouvel Etat indépendant. Le premier journaliste qui annonça la nouvelle fut le défunt Abdel Wahab Ould Cheïguer.

Il apparut plus tard que l’accident était planifié et visait à éliminer Marième Mint Toueileb, d’un concours vital de pilotage qui l’opposait à une jeune française dont le père lui-même était pilote et chargé des épreuves. C’est lui qui a été accusé d’avoir saboté l’appareil que pilotait Marième.

Ahmed B.



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Commentaires (6)

  • dihzte (H) 20/04/2016 20:05 X

    Il s'agit bien de MARIEM MINT ELKORY OULD toueilib de la tribu des n'madis.c ma soeur de lait son père que la terre lui soit légère maria une femme bien de chez il s'agit de notre maman badde MINT amar que dieu l'accueil des son saint paradis de la tribu des amgarijes.bravo MARIEM longue vie

  • Fr (H) 20/04/2016 14:12 X

    Pour ceux qui osent me contredire voici mon adresse E-mail: unfrere@gmail.com

  • Fr (H) 20/04/2016 14:11 X

    Si cette ''oseuse'' lit mon commentaire et si elle a la chance d'être sauvée à cet âge, très proche du mien, je suis disposé à l'aider.

  • Fr (H) 20/04/2016 13:41 X

    Non cette femme n'a jamais été pilote d'avion si nous entendons sur les termes et les signication comme l'écrit nemahaidara (H). Mais elle a effectivement osé ce qui est beaucoup plus compliqué, surtout à l'époque. Dans tous les cas pour une musulmane sa naissance et sa vie ne semblent avoir été élogieuses. Si au départ l'union des parents fut ce qu'elle dit et que sa jeunesse se passa comme elle l'a décrit, elle doit à présent et comme elle la chance d'être encore en vie de se repentir si elle ne l'a pas encore fait. Allez! les athées; à vos claviers!!

  • nemahaidara (H) 20/04/2016 09:46 X

    Attention, manœuvrer après apprentissage sur le terrain un avion et décrocher son diplôme de pilote dans une école ce n'est pas la même chose . On est dans quel cas là ?

  • mystere1 (F) 20/04/2016 09:41 X

    bravo grande dame, en voici une première femme mauritanienne,qui avait osé avec courage, audace de manipuler un appareil volant, surtout pour une mauresque en son temps où les préjugés étaient présents dans les esprits, mais aussi elle a osé faire en son temps un travail masculin jadis, là où la femme n'avait pas encore atteint son apogée pour l'émancipation, du moment que ses consoeurs restaient dans les tentes a se gaver pour le "mbélaha", ou triant des vaches ou chamelles et élevant leur progéniture, cette là se consacre à la mécanique aérienne, bravo encore mint toueilib, j'adore l'audace, les défi, il faut savoir oser, créer, affronter la peur et les préjugés qui nous retardent, surtout de nos jours, encore bravo marieme, ainsi toute femme ambitieuse doit suivre le pas de cette dame