21-05-2016 15:51 - Collège des délégués du personnel de Kinross Tasiast Mauritanie

Collège des délégués du personnel de Kinross Tasiast Mauritanie

Délégués Tasiast - En réaction à la communication interne du 17/05/2016 liée à la mise en œuvre de la réduction des coûts de la main d’œuvre, les Délégués du personnel de Kinross Tasiast Mauritanie ont le plaisir d’apporter les précisions suivantes :

• Nous comprenons et partageons les motivations de la direction de vouloir conserver un outil de production fiable et performant et souscrivons entièrement à l’idée de l’amélioration bénéfique des conditions de travail au sein de l’entreprise, mais nous attirons l’attention de la direction que des modifications de cette ampleur et de cette taille ne sauraient être le fruit d’une décision unilatérale, mais plutôt d’une négociation et d’un engagement consensuels entre employeur et employés.

• Dans tous les cas, nous tenons la direction de l’entreprise et particulièrement Mr Raitt Marshall pour responsable de la dégradation du climat social qui résultera de la prise de façon unilatérale de cette décision illégale et illégitime et rappelons au passage que depuis l’acquisition de la mine par Kinross, la situation sociale au sein de l’entreprise connait régulièrement des perturbations.

• Nous rappelons également, pour revenir aux griefs adressés aux travailleurs, que :

- la présentation des doléances individuelles et collectives est une mission qui relève du droit des délégués du personnel en vertu de l’article 122 du code du travail.

– le dépôt d’un préavis de grève est également un droit pour les délégués du personnel au terme de l’article 358 du code du travail.

– concernant le prétendu refus des délégués du personnel de "discuter sérieusement des propositions" avancées par la direction, il est à signaler que cela manque d’exactitude, car les délégués du personnel ont soumis maintes propositions qu’ils jugent réalistes et réalisables que la société a rejetées.

D’ailleurs, par lettre en date du 12/08/2015, la société s’est engagée à entamer des négociations autour des revendications des travailleurs lors de l’élaboration de la future convention collective d’établissement. Ce même engagement a été de nouveau confirmé dans le message du 14/12/2015, qui stipule de façon claire que "les termes et les conditions d’emploi actuels restent inchangés pour tous les employés jusqu’à ce que ces termes et conditions soient légalement modifiés ou remplacés".

• Il est de notoriété publique que tout engagement unilatérale qui résulte d’une volonté claire et non équivoque acquiert force obligatoire et son auteur ne peut pas y revenir, car les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Aussi, la direction de Kinross Tasiast ne peut pas remettre en cause la prise en charge de l’ITS ni le bonus. D’abord parce qu’elle s’est engagée en vertu du PV du 17 janvier 2012 signé par l’actuel directeur des opérations, Mr Ghraham Smith et l’actuel DRH, Mr Adama Sall, de prendre en charge, à compter du 01 janvier 2012, non seulement l’ITS mais aussi la charge fiscale engendrée par cette prise en charge. Elle est tenue également par l’engagement consigné dans le PV du 15 février 2015 qui prévoit une durée moyenne minimum de 30 jours pour le bonus.

• Si la société est sérieuse dans sa volonté de réduire les coûts, elle doit jouer sur d’autres rubriques et notamment la gestion des stocks, la politique d’approvisionnement et les rapports avec les fournisseurs. En effet, l’instabilité organisationnelle matérialisée par des successions récurrentes à la tête de l’entreprise qui a connu 5 directeurs généraux en seulement cinq ans, a donné lieu à une gestion chaotique de l’entreprise caractérisée par la passation des commandes de pièces détachées et des huiles non conformes et sans véritable utilité que la société continue à supporter en plus les charges de stockage y compris à l’étranger qui coute énormément cher, une mauvaise politique d’approvisionnement qui se fait auprès des marchés extérieurs en articles se trouvant sur le marché local avec la même qualité, à un moindre prix et avec les mêmes délais de livraison.

• La société a profité du régime fiscal d’exonération. A ce titre, elle se ravitaille en carburant à un prix bon marché qui est de 160 UM/litre, ce qui lui a permis d’économiser beaucoup d’argent. Elle a profité également du taux élevé de l’inflation dans le pays ce qui lui a permis de réduire sensiblement les dépenses liées aux salaires payés en monnaie locale.

• Il y a lieu de rappeler par ailleurs que le coût de la main d’œuvre fait à peine 9% du coût global de la production, c’est assez dire que son impact sur l’opération envisagée est vraiment minime. Ceci dit, il aurait été plus judicieux de jouer sur la masse salariale absorbée par les expatriés qui représentait, à elle seule, prés de 43 millions de dollars américains pour 130 employé dont 6 percevaient chacun entre 30.000 et 80.000 USD en plus d’autres avantages comme la prise en charge de leurs familles et les frais de scolarité de leurs enfants, alors que la masse salariale de 1010 travailleurs mauritaniens auxquels il faut ajouter plus de 1600 travailleurs à statut précaire dont près de 30 % est constitué par des travailleurs dits "RCN", c’est-à-dire originaires notamment de Tunisie, Ghana et autres pays africains et asiatiques, ne dépasse pas 36 millions USD par an.

• Nous estimons que, pour faire face à la prétendue crise financière, la direction de l’entreprise aurait dû faire recours, à l’instar des autres sociétés de la place, telle la SNIM, à la renégociation des accords avec ses fournisseurs.

• En conclusion, les travailleurs par la voix de leurs délégués du personnel, renouvèlent leur disponibilité à toute forme de négociation constructive et restent ouverts au dialogue , mais déterminés à continuer leur mouvement de protestation en usant de tous les moyens légaux dont la grève qui est garantie par la législation nationale et les convention internationales.

Les signataires :

Boubacar ould Mohamed

Hamadi Yero

Mohamed ould Mohamed Salem ould Soule

Sidaty ould Elemine

Bounena ould Sidi

Sid’Ahmed Kabach

Ahmedou ould Abdi

Ely Fall Ahmed

Lo Mamadou

Soriba Camara

Chamekh ould Mohamed Lemine





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Commentaires (1)

  • Abdel Jabarr (H) 22/05/2016 07:05 X

    Les deux parties sont responsable de la situation actuelle.