25-06-2016 12:33 - Ne les oublions pas : Le Manifeste des 19 et la photo historique des auteurs en détention en février 1966

Ne les oublions pas : Le Manifeste des 19 et la photo historique des auteurs en détention en février 1966

Adrar-Info – On reconnait de droite à gauche : Bal Mohamed El Habib dit Doudou, Ba Abdoul Aziz dit Zeus, Sy Satigui Oumar Hamady, Ba Aly Kalidou et Sy Abdoul Idy dit Mamoye. Le Conseil des Ministres du 13 janvier 1966 décida de la suspension et du déclenchement de poursuites judiciaires contre les 19 signataires du Manifeste. Ils sont tous arrêtés le 11 février 1966.

Le contexte

La rentrée scolaire d’octobre 1965 s’effectue dans un climat très tendu ; le 4 janvier 1966, la totalité des élèves noirs des lycées de Nouakchott et de Rosso se mettent en grève qu’ils déclarent illimitée. Ils réclament la suppression du décret d’application de la Loi du 30 janvier 1965 rendant obligatoire l’enseignement de la langue arabe dans le secondaire.

Ce mouvement de contestation scolaire trouve rapidement un écho favorable auprès de nombreux hauts cadres originaires de la vallée. Le 6 janvier, par solidarité, dix neuf d’entre eux apportent leur soutien à la revendication de ces élèves et posent le problème de la cohabitation nationale : ils publient le Manifeste des 19. Le même jour, la grève s’étend à Kaédi.

Des bancs de l’école, la contestation se propage à la fonction publique et le 8 janvier, 31 fonctionnaires noirs de Nouakchott se solidarisent des grévistes et approuvent le Manifeste des 19.

Pour contenir la contestation, les élèves du secondaire furent mis en vacances du 19 janvier au 4 février inclus. Mais à la rentrée scolaire, des bagarres éclatèrent le 8 février au lycée national de Nouakchott entre élèves noirs et maures et dans la nuit un tract invitant les élèves maures à la confrontation fut diffusé. Le lendemain, des affrontements opposent les deux communautés dans divers quartiers de Nouakchott, le bilan officiel, sans doute minoré, fait état de 6 morts et 70 blessés. La Mauritanie venait de connaitre sa première grave crise intérieure.

Le Président Moctar Ould Daddah rapporte dans ses mémoires que la France par la voix de son Ambassadeur, Jean François Deniau, était prête « à nous envoyer, à partir de la base de Dakar, des éléments de troupes pour nous aider à rétablir l’ordre » mais qu’il déclina l’offre et prit les mesures suivantes : la fermeture de tous les établissements secondaires, l’envoi de renforts à Aïoun et Kaédi, la supervision des émissions de Radio Mauritanie, l’instauration d’un couvre – feu, de 18 heures 30 à 07 heures à Nouakchott et l’arrestation des 19 signataires du Manifeste le 11 février.

Le Manifeste des 19

Le 4 janvier 1966, les élèves noirs des lycées de Nouakchott ont déclenché une grève qu’ils jugent qu’ils déclarent illimitée en vue de faire supprimer la mesure rendant obligatoire la langue Arabe dans l’enseignement du Second Degré.

Cette action énergique ne fait que révéler un malaise profond et latent, car il est notoire que l’étude obligatoire de la langue Arabe est pour les Noirs une oppression culturelle. Cette mesure constitue un handicap certain à tous les examens pour les élèves Noirs qui, de façon consciente ont toujours repoussé l’étude de la langue Arabe qu’ils savent un frein à leur développement culturel et scientifique et contre leurs intérêts.

C’est ainsi qu’au Lycée de Rosso, des élèves Noirs ayant obtenu la moyenne dans l’ensemble des disciplines, ont eu à redoubler pour n’avoir pas eu la moyenne en Arabe. Il parait paraitre étonnant qu’aucune voix ne se soit élevée parmi l’élite et les Responsables Noirs, pour protester contre une décision qui fausse déjà l’égalité des citoyens et cela dans un domaine aussi essentiel que l’éducation.

C’est pourquoi, Nous citoyens mauritaniens à part entière soussignés, déclarons appuyer fermement et sans réserve l’action des élèves. Nous entendons dès cet instant reconsidérer les bases de la coexistence entre communauté Noire et communauté Blanche ; car à l’heure actuelle, nous assistons à l’accaparement total de tous les secteurs de la vie nationale par l’ethnie maure.

A l’appui de cette thèse, voici des faits patents qui révèlent la gravité de cette situation. Dès l’accession de la Mauritanie à l’autonomie interne, le régime mis en place s’empresse de créer le mythe d’une prétendue majorité à 80% Maure. Le mythe du quart était né et règle depuis lors les dosages au niveau de toutes les instances politiques et administratives.

C’est ainsi qu’au Gouvernement, il y’a deux Ministres Noirs sur 9, au Bureau Politique National, trois Noirs sur 13 Membres, à l’Assemblée Nationale, 10 Députés Noirs sur 40. Ceci étant la vie politico – administrative ne pouvait être que le fidèle reflet de la situation au sommet.

Il est remarquable que les postes de Président de la République, Chef du Gouvernement, de Ministre de la Défense Nationale, des Affaires Etrangères, de Secrétariat Général aux Affaires Etrangères, de Ministre de la Justice, de l’Intérieur, de Directeur de la Radiodiffusion, et des Forces de Police, de Directeur de l’information, de Directeur de l’enseignement, de Directeur Général du Plan, de la Fonction Publique et de Président de la Cour Suprême, etc, sont concentrés selon une règle inavouée mais systématique entre les mains de l’ethnie Maure.

Il est à constater par ailleurs que sur 12 Cercles du pays, un seul est placé sous la responsabilité d’un Administrateur Noir et sur près de trente Subdivisons, 7 seulement sont sous la responsabilité de fonctionnaires Noirs

- que des cadres Noirs sous – employés végètent tandis que des traitres à la Nation, condamnés, se trouvent régulièrement engagés à des postes de choix dans la fonction Publique.

- Que dans la Mauritanie du Sud exclusivement Noire, tous les Commandants de Cercles, les Chefs de Subdivision, les Chefs de Postes Administratifs, les Commissaires de Police exception faite pour Rosso, les Juges, les Chefs de Brigade de Gendarmerie, et même les Maires – délégués sont tous maures.

- que la présence dans cette partie du pays de ces détenteurs de l’autorité se traduit par des actes infâmes d’’asservissement, d’humiliation, d’oppression commis à l’endroit des populations Noires honnêtes, loyales, courageuses et laborieuses.

- Que leurs agissements par leur manque de respect pour les traditions, mœurs, bien fonciers, valeurs spirituelles, sèment la panique, la désolation et l’amertume parmi les populations Noires exaspérées et au bord de la révolte. L’exemple de Sass Ould Guig à l’égard des Peulhs de Kaédi est assez édifiant : Ce responsable s’est permis de faire arrêter, battre, torturer lâchement, humilier, emprisonner de paisibles Peulhs dont le seul crime fut le désir de créer une coopérative conformément aux nécessités de développement.

- qu’à Rosso, un découpage administratif insidieux vient d’isoler et de rattacher tout le canton de Tekane exclusivement Noir à la nouvelle Subdivision de Rkiz exclusivement maure.

- que quinze gendarmes Noirs valides viennent d’être mis prématurément à la retraite sans pension

- que dans les rangs des goums de la garde nationale, de la gendarmerie, de l’armée, de la police où naguère les Noirs dominaient en nombre, la valeur et la vocation étant les seuls critères, la proportion des Noirs de 90% qu’elle était, est retombée à près de 25%

- que les Noirs arabisants ne se recrutent qu’à 10% parmi les enseignants mauritaniens arabisants, parce que le régime ferme aux plus doués d’entre eux les portes du succès ; aux examens, les commissions de correction recrutées dans l’ethnie maure, veillent à ce qu’il en soit ainsi

- que le recrutement à l’Institut des Etudes Islamiques de Boutilimit accorde aux élèves Noirs 5% des effectifs

- que les Noirs arabisants ne comptent aucun Inspecteur primaire arabisant alors qu’ils disposent de cadres au moins, aussi instruits, aussi cultivés et aussi capables que les cadres maures arabisants

- que les cinquante bourses mises à la disposition de la Mauritanie par le Koweït, reparties sans l’avis d’aucune commission, sept seulement furent attribuées aux candidats Noirs

- que le régime a toujours travaillé pour qu’à l’extérieur, la Mauritanie apparaisse comme un pays essentiellement maure

- dans cette optique, le Chef de l’Etat lui-même prend soin de toujours souligner à l’extérieur « que la Mauritanie en majorité arabe compte une minorité d’origine africaine (discours de Bizerte) » comme si cette prétendue minorité était là par accident de l’histoire, alors que l’accident de l’histoire ce sont bien les invasions berbères

- qu’à Nouakchott où les citoyens Noirs sont au moins aussi nombreux que les maures, le Conseil Municipal compte quatre Noirs sur vingt deux membres

Il est à souligner par ailleurs que simultanément au désir exprimé par les maures de voir officialiser la langue Arabe, la communauté Noire exige que lui soient consenties des garanties concrètes et absolues contre toute assimilation que les responsabilités nationales soient partagées et que la Constitution soit révisée dans un sens FEDERAL (Congrès 1961 et 1963).

Mais le régime politique en place, peu après avoir muselé certains porte – parole Noirs, s’est ménagé l’officialisation de la lange Arabe dont la première étape est cette mesure rendant l’Arabe obligatoire dans le Premier et le Second Degrés, cependant qu’il étouffe les revendications fondamentales de la Communauté Noire.

Les maures savent qu’avec l’arabisation à outrance, le pays va à l’échec, mais ils y tiennent tout de même, animés qu’ils sont par un complexe d’infériorité devant la supériorité qualitative et quantitative des cadres Noirs, et poussés par le désir ardent de couper la communauté noire de l’ensemble négro – africain et à réaliser ainsi l’assimilation des Noirs à leur mode de vie et de penser. Ainsi le bilinguisme n’est qu’une trahison à l’endroit des Noirs, car il tend à les écarter de l’ensemble des affaires de l’Etat.

Toute cette situation se traduit par un marasme général qui affecte tous les rapports entre citoyens Noirs et maures. En effet la jeunesse du pays future relève, se trouve profondément divisée : A Dakar, à Paris, au Caire et dans les autres centres universitaires, les groupes d’étudiants Noirs et groupes d’étudiants maures sont à couteaux – tirés ; dans tous les établissements du Second Degré, la scission est consommée entre élèves Noirs et élèves maures.

Considérant que les membres de la communauté noire sont irréversiblement engagés à recouvrer intégralement leur liberté et leur dignité, à choisir librement une culture et un mode de vie conformes à leur civilisation négro – africaine, à leurs aspirations au progrès, au développement harmonieux de l’homme, et convaincus que l’obstination du régime dans sa politique aboutira fatalement au chaos et à la guerre civile,

Nous, Soussignés,


- Déclarons être hostiles à la mesure rendant l’arabe obligatoire dans les enseignements primaires et secondaires

- Engageons le combat pour détruire toute tentative d’oppression culturelle et pour barrer la route à l’arabisation à outrance

- Exigeons l’abrogation pure et simple des dispositions des Lois 65.025 et 65.026 du 30 janvier 1965 rendant l’arabe obligatoire dans les 1er et 2nd degrés et qui ne tiennent aucunement compte des réalités Mauritaniennes

- Rejetons un bilinguisme qui n’est qu’une supercherie, une trahison permettant d’écarter les citoyens Noirs de toutes les affaires de l’Etat

- Dénonçons la discrimination raciale, l’illégalité, l’injustice et l’arbitraire que pratique le régime en place

- Dénonçons toute confusion visant à noyer un problème à tendance politique (Arabe) sous l’optique religieux (Islam)

- Nions l’existence d’une majorité maure car les proportions proclamées sont fabriquées pour soutenir le régime dans l’application intégrale de sa politique de médiocrité déjà entamée à l’endroit de la communauté noire

- Exigeons le remplacement immédiat de tous les Commandants de Cercles, et Adjoints, des Chefs de la Subdivision, des Chefs de postes administratifs, des Commissaires de Police, des Commandants de Gendarmerie, des Juges et Maires – délégués, tous maures, se trouvant dans la Mauritanie du Sud par des Administrateurs et fonctionnaires Noirs, seuls soucieux du développement de cette partie du pays et respectueux des populations et de toutes leurs valeurs

- Exigeons le placement immédiat de tous les cadres noirs sous employés dans les situations conformes à leurs diplômes et références Sommes prêts à rencontrer le Président de la République, le Président de l’Assemblée Nationale, le Président du Groupe Parlementaire Mettons en garde tout responsable Noir contre une éventuelle prise de position susceptible de léser les intérêts de la communauté noire

- Jurons sur notre honneur de ne jamais transiger ni avec le devoir, ni avec la conscience, de ne jamais nous départir de nos positions justes et honnêtes, de nous maintenir dans ces positions jusqu’à la disparition totale de toute tyrannie, domination et oppression exercées sur la Communauté noire et jusqu’à ce que tout citoyen noir vive libre, digne et heureux en Mauritanie.

Les 19 signataires :

Ba Abdoul Aziz, Magistrat
Ba Ibrahima, Ingénieur géomètre
Ba Mohamed Abdallahi, Instituteur
Bal Mohamed El Habib, Ingénieur des Eaux et Forêts
Daffa Bakary, Ingénieur des TP
Diop Abdoul Bocar, Commis comptable
Diop Mamadou Amadou, Professeur
Kane Abdoul, Instituteur

Koïta Fodié, ingénieur des TP et bâtiments
Seck Demba, Instituteur
Sow Abdoulaye, Inspecteur de Trésor
Sy Abdoul Idy, Statisticien
Sy Satigui Oumar Hamady, Instituteur
Traoré Souleymane dit Jiddou, Instituteur
Bal Mohamed El Bachir, Administrateur
Ba Aly Kalidou, Inspecteur de Trésor
Ba Mamadou Nalla, Instituteur
Traoré Djibril, Instituteur
Coulibaly Bakary, Instituteur

Quelles leçons pour nous ?

Quarante neuf ans plus tard, que sont devenus les visionnaires auteurs du Manifeste des 19? Qu’avons-nous fait de leur héritage ? Faut – il les oublier ? Evidement, non. Mohamed Ould Cheikh, qui a publié en 1974 un ouvrage sous le pseudonyme de Hamid El Mauritanyi, pointe la responsabilité du pouvoir et l’accuse d’avoir participé de façon active aux tragiques événements de 1966.

Pour lui, la répression et la suspension les 19 fonctionnaires noirs, ne participaient pas à l’apaisement « alors que la nature même du problème exigeait le dialogue » (cité par J-L Balans dans son livre intitulé Le développement du pouvoir en Mauritanie, page 568).

Il est vrai que le président Moctar Ould Daddah s’était appuyé sur des éléments d’une jeunesse nationaliste, pro – arabe de la mouvance de la Nahda et de l’Association de la Jeunesse Mauritanienne et plus largement, il s’agissait de rattraper l’avance prise par les noirs « sur scolarisés et surreprésentés » dans la fonction publique.

En 2016, cinquante ans après la diffusion du Manifeste des 19, les mauritaniens devraient faire une introspection, un état des lieux de la question nationale pour construire un destin commun. Faute d’avoir pu empêcher se produire le génocide (1989 – 1992) et les déportations, nous n’avons pas le droit de laisser le pouvoir nous conduire vers un chaos programmé. Si notre pays donne l’impression de ne pas savoir où il va depuis son accession à la souveraineté internationale, il y va en courant à grande vitesse.

Pour le sauver, nous avons besoin d’une radiothérapie politique, probablement à fortes doses de radiation, pour détruire les cellules mangeuses de la diversité. La Mauritanie doit se réconcilier avec sa géographie et son histoire faite de différences, de recompositions, de brassages, de mélanges de sociétés si différentes en apparence, mais qu’il faut administrer harmonieusement selon un principe d’égalité effective.

N’oublions pas les 19 et inscrivons leurs noms dans la mémoire collective de nos concitoyens. Célébrons ceux qui sont en vie. Prions pour les disparus. N’oublions pas ceux, dont les noms n’apparaissent pas ici mais, qui étaient dans le cercle élargi.

Ciré Ba et Boubacar Diagana Paris, février 2015.



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Commentaires (20)

  • a.bennan (H) 27/06/2016 19:41 X

    Mais pourquoi tout ce complexe et meprise envers vos dialectes respectifs?? A vs lire on croirait que vs possedez une langue pendant qu'il n'existe ici que l'Arabe d'ailleurs langue Nationale.Alors....

  • 100r1kune (H) 26/06/2016 04:03 X

    le probleme de langue ne doit pas se poser En tant que Mauritanien et musulman. Il faut être polyglotte c'est un atout car un vrais ignorant c'est quelqu'un qui ne parle qu'une seule langue.

  • overview (H) 26/06/2016 01:24 X

    Le manifeste des 19, n'est pas un acte raciste mais acte de survie pour les communautés peulh, soninké et wolof. Décryptage : la Mauritanie est un espace géographique ou abritait différentes communautés dans un système de voisinage auto-défensif et commercial. Le problème ne vient pas des communautés qui la constituent mais du système central mis en place. ces communautés ont été forcé de cohabiter ensemble par les colons, historiquement il n'avait pas de pouvoir central pour toute ces communautés. les mauritaniens ont été naïfs de penser qu'avec la différence de culture, de race, de la langue qu'il pouvait s'intégrer et s'identifier comme un peuple, sans qu'une communauté ne soit lésée. Naturellement le but de l’état mauritanien s’était de pouvoir s'identifier à l’intérieur comme à l’extérieur mais la différence est grande. Ne venait pas me parler de religion comme dénominateur commun car personne ne s'identifie ici comme étant musulman, la référence c'est la race, la tribu ou l'ethnie ou encore la langue. La Mauritanie plurielle n'existe pas, c'est une illusion mais pas une réalité, il suffit pour ça de voir la Mauritanie se réclamer de pays arabe pour s'en apercevoir. l’état mauritanien confond identité et nationalité: la première est un fait et la deuxième un acquis. la nationalité est une invention humaine tant dis que l'identité est biologique. 56 ans après l’indépendance, l’état mauritanien cherche encore à s’identifier, excusez moi si c'est pas un complexe d’infériorité, vous ne trouverez aucun pays au monde qui passe autant de temps à réclamer son identité. Les états et les nations ne s'identifient pas mais elles se construisent par des avancées scientifiques, industrielles, militaires et architecturales qui font connaitre leurs civilisations de part le monde, ce que la Mauritanie ne fait pas, on copie tout ailleurs. ce qui me plait chez les pays arabes, c'est cette ambition de construction grandiose et d'entrepreneuriat, si on se réclame de pays arabe copions au moins leurs qualités .

  • Moutalli (H) 26/06/2016 01:22 X

    Pourquoi beaucoup de Toucouleurs font suivre leurs noms de l’adjectif « dit » ? Bal Mohamed El Habib dit Doudou, Ba Abdoul Aziz dit Zeus, Sy Abdoul Idy dit Mamoye. Savez-vous que cet adjectif précède généralement en français – langue que certains Toucouleurs semblent privilégier paradoxalement à l’arabe – les surnoms des chefs des organisations mafieuses : Francis Vanverberghe dit Francis le Belge, le Tunisien Nordine dit «la Gelée», etc.

  • alaska (H) 26/06/2016 01:10 X

    On ne les oubliera jamais Inchalla! Ils avaient trés tôt compris que l'Arabe c'est la langue du terrorisme, de la barbarie et de l'esclavage!

  • kalidou gueye (H) 25/06/2016 23:52 X

    Overview Merci d avoir corriger ce (***) bertrand et des personnes qui pensent la meme chose que lui. Ces signataires de ce manifeste et toutes autres personnes qui ont luttes et qui lutterons contre l'injustice, la discrimination, l'esclavage et le racisme sont des martyrs et irons directement au paradis INCHAALLAH. Donc luttons dans ces combats.

  • Rimback (H) 25/06/2016 23:51 X

    Bonsoir. Sans polémiquer, je me demande sincérement en quoi apprendre une nouvelle langue pourrait m'être néfaste. Les candidats au trilinguisme sont légion. Et ne sont pas peu fiers ! Surtout si cette langue, présente sur le continent depuis des siècles, est le véhicule ma religion et d'une partie de ma culture. Inutile de rappeler les conditions du débarquement du français en Afrique. Beaucoup plus récent... Ne parlant pas de monolinguisme, pourquoi devrais-je être choqué d'apprendre une 2ème langue. Qu'importe laquelle, du moment qu'elle m'enrichit. Quant à reclamer une sécession dans un "état" âgé de 5 ans, peuplé d'1 million d'"âmes" à l'époque, réparties sur plus d'1 million de Km2. Sans compétences, ni infrastructures, ménacé sur ses frontières... Bétise ou inconscience de leur part ? Ou extrême naïveté de ma part ? Beaucoup plus avantagée, la sécession du Katanga a été un fiasco douloureusement ridicule. Historiquement, le legs de ce manifeste est maigre. Pour ne pas dire négatif. Mais beaucoup de courage ! Mais qui pouvait être plus intelligemment exploité ! Intellectuellement, je ne salue pas ces messieurs ! Paix à l'âme des morts.

  • overview (H) 25/06/2016 22:33 X

    @Bertrand, vous êtes un vrai ignorant, il n'existe pas de langue païenne, toutes les langues sont des signes d'allah. et si vous pensez que parler arabe vous rend meilleur que parler français ce que vous êtes téléguidé par le diable, choisissez au moins un pseudo autre que "Bertrand" si vous jugez que tout ce qui vient de l'occident est paien.

  • salloumar (H) 25/06/2016 21:10 X

    Qu'Allah ouvre grand les portes de son paradis à tous ceux d'entre eux qui nous ont quittés. Qu’Allah accorde la santé, la sérénité et une longue vie à tous ceux qui sont toujours parmi nous. La sagesse pulaar nous chuchote : " Si un âne te donne un coup de pied, ne le lui rend pas." à méditer... Laissons les danseurs anonymes sous le rythme des insultes entre eux. C'est vraiment indigeste et petit. Notre site mérite mieux que ça. salam. Oumar Débé.

  • ahmed12b (H) 25/06/2016 19:19 X

    le racisme noir anti-maures a debuté en 1958 puis en 1966 . il a pris une tournure cynique en 1986 avec le putsch ethnique de 1987 et les événements de 1989 dans lesquels certains mauritaniens de mes deux ont engagé le Sénégal dans les hostilités et quand on a réagit trés tardivement en 1990 on nous accusés de racisme et de génocide alors que les maures étaient stigmatisés et massacrés au Sénégal état raciste et génocidaire .Plus minables que moi et vous tu meurs!

  • Bertrand (H) 25/06/2016 19:06 X

    Pyrana est un poisson vorace. Ce que je dis fait mal a pur âne a. Demandez à être reconnu par les français, non pas comme français, mais comme être humain, ils vous le refuserons. Depuis ma naissance je parle une langue que mes plus vieux ancêtres ont parlé. Ma langue est à 90% de l'arabe pur. Je veux bien parler comme langue nationale le pulaar ou le Wolof ou le Soninké ou le berbère qui sont de belles langues, appartenant à des peuplefiert, mais c'est du NIFAQ (HYPOCRISIE MESQUINE) que de vouloir m'imposer une langue qui n'appartient ni à moi ni à pur ane a. ALOSS

  • patibulaire (H) 25/06/2016 18:30 X

    Ces prétendus héros de la contestation, ne sont en fait que le reflet d'un orgueil démésuré connu chez les négro-mauritaniens et à cause duquel ils ont consenti des plumes! La Mauritanie est certes plurielle à dominante arabe et de surcroît membre de la ligue arabe.ça c'est un fait.Et il est de son devoir de garantir à tous ses citoyens l'égalité devant la loi.Quant aux invariances liées à la souveraineté nationale et à l'intégrité territoriale,ce sont là des points indiscutables et qui ne doivent souffrir d'aucune contestation.La Mauritanie est un pays arabe et à ce titre la langue arabe reste la langue officielle de ce pays. Ne pas reconnaître cet état de fait,c'est faire preuve d'intentions secessionnistes qui s'évanouiront sur l'autel des illusions.

  • patibulaire (H) 25/06/2016 18:19 X

    Où donc est l'infamie pour une jeune république naissante de vouloir rendre obligatoire dans son système éducatif,une langue parlée et écrite par l'écrasante majorité de ses citoyens? En plus les négro-mauritaniens doivent se rendre à l'évidence et savoir qu'ils sont minoritaires dans ce pays et ne pas vouloir le reconnaître est une stupidité de plus! Quant à défendre le français ce n'est qu'une aberration!

  • mohamed w.l (H) 25/06/2016 17:44 X

    le manifeste des 19 complexes

  • pyranha (H) 25/06/2016 17:35 X

    Bertrand ou Bertrand ould..... qq chose, dégonfles toi si ces rédacteurs du manifeste de 1966 n'étaient pas Français, toi non plus t'es pas arabe. Et c'est à juste raison que l'impératrice Mariam mint Derviche nous rappelait un jour que la RIM a été victime de 2 colonisations : celle des Français par rapport peut être aux Francisant de Mauritanie et la colonisation des arabes par rapport à ceux de ton genre qui se cassent la poitrine en évoquant une arabité qui est loin d’être la leur. Mr Bertrand ould Mohamed cessez d’usurper l’appartenance à une race ou une ethnie ( ben !!! j’oubliai que la contrefaçon est ici une religion pour VOUS ) Vous êtes simplement des berbères ou beydanes même pas arabo-berbères un terme qu’utilise l’intraitable Samba THIAM des FPC ,terme qui vous vexe mais que je trouve trop élogieux…Et puis pourquoi détester le FRANÇAIS cette belle langue ? Surtout qu’avant les indépendances ces français furent trop accueillis ici et y ont laissé une ascendance qui jusqu’à ce jour occupe la plus haute hiérarchie. Je te rappelle que cette ascendance ne se trouve pas chez les noirs .Mon ami Bertrand ne connait peut être pas l’histoire colonial de son pays .Dommage pour toi.

  • alaldi (H) 25/06/2016 17:06 X

    à vrai dire, nos ainés ont tout fait pour que nous ayons la chance que nous minimisons maintenant. je suis certain que descendants n'auront pas cette chance parce que tout simplement le courage et la vision que nos ainés avaient n'existent pas en nous.on se dit plus intelligent,plus moderne alors qu'on ne même pas prévoir ce que les autres sont entrain d'exécuter. continuons à attendre,le pire est proche

  • a.bennan (H) 25/06/2016 15:25 X

    A l'epoque ils etaient surpris par l'Arabe pendant qu'ils etaient gonfles a bloc par la Senegalisation.Mais depuis ils ont compris ou ils ont mis les pieds...seuls leurs parents se rapellent d'eux.

  • pyranha (H) 25/06/2016 15:24 X

    Ehh alla!!!!! Les problèmes de ce pays datent de très longtemps. Ces 19 personnalités distinguées, dignes, honorables et glorieux hélas n'auront jamais d’héritiers. Si à l'heure actuelle on parle de dialogue alors que ce manifeste des 19 évoquant une situation déjà chaotique de cohabitation de 1966 s’avère être plus grave en 2016, où donc va la RIM mon Dieu ?

  • Bertrand (H) 25/06/2016 14:13 X

    S'ils sont morts nous prions pour qu'ALLAH leur pardonne. Les grévistes étaint contre le bilinguisme. Il veulent imposer au pays la langue des païens, qui n'est pas leur langue maternelle. Il étaient contre l'enseignement de la langue de la majorité de la population du pays, de leurs frères en religion, en histoire et en géographie. Ils étaient téléguidés, par leurs ennemis et ceux de l'islam. Pour cause ceux qui veulent parler français et l'écrire et forcer les autres à le faire, qu'ils partent, alors quémander un visa, ou n'importe quoi aupres de la France. la bas ils sont considérés comme des moins que riens. Seule la bêtise, l'ignorance et la haine sans raison peuvent avoir justifier leur mouvement. Resultat est que à force de pousser le serpent, il fini par mordre. Ceux qui veulent vivre en paix, se réaliser auprès de leurs frères en tout sont les bien venus. Ceux qui veulent la fitna, la violence et le mal récolteront se qu'ils aurons semés.

  • lass77 (H) 25/06/2016 13:19 X

    Cela fait froid au dos en lisant cet article. Il avait fallu qu'une guerre civile se soit déclenchée à l'époque où les bases de desseins étaient posées qui ont donné ce que la Mauritanie connait et vit actuellement. Oui je conclus que les auteurs du manifeste ont été visionnaires alors laisser leur vision dans la poubelle ce serait une immense trahison.